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Paris, Turenne : « Leonora Carrington - L'art des transmutations ». 8 septembre – 10 octobre, 2026

Leonora Carrington OBE (1917–2011), peintre, sculptrice et romancière surréaliste d'origine britannique, passa la majeure partie de sa vie au Mexique.


Leonora Carrington The Lovers, 1987 Oil on canvas. Loan from FAMM (Femmes Artistes du Musée de Mougins) / The Levett Collection © ADAGP, Paris
Leonora Carrington The Lovers, 1987 Oil on canvas. Loan from FAMM (Femmes Artistes du Musée de Mougins) / The Levett Collection © ADAGP, Paris
Almine Rech a le plaisir d'annoncer la première exposition personnelle de Leonora Carrington à la galerie, présentée dans l'espace Turenne, à Paris, du 8 septembre au 10 octobre 2026. Organisée en collaboration avec le Consejo Leonora Carrington et rossogranada, l'exposition réunira l'ensemble des médiums explorés par l'artiste tout au long de sa carrière, dessin, peinture, sculpture, tapisserie et écriture.

Réunissant peintures, sculptures, dessins, masques et œuvres sur papier, cette exposition propose de redécouvrir une œuvre dont la puissance visionnaire continue de fasciner par sa capacité à faire dialoguer mythe, magie et métamorphose.
Traversant le XXe siècle et ses bouleversements, de la montée des fascismes à l'exil mexicain, Carrington échappe pourtant à toute lecture strictement biographique. Ni muse, ni disciple, ni simple héritière du surréalisme, elle construit une œuvre profondément libre, affranchie des catégories esthétiques comme des identités assignées. Son univers ne cherche jamais à représenter le réel : il en transforme les lois mêmes, ouvrant des passages entre visible et invisible, humain et animal, nature et culture, rêve et matière.

Cette exposition met en lumière l'une des dimensions essentielles de son travail : l'art comme processus de transmutation. Chez Carrington, rien n'est figé. Les êtres changent d'état, les frontières deviennent poreuses, les règnes se mêlent. Dragons, chevaux, oiseaux, hyènes, créatures hybrides ou personnages androgynes composent une cosmologie où chaque forme semble engagée dans un devenir permanent. Les métamorphoses qui traversent son œuvre ne relèvent pas du fantastique au sens d'un imaginaire d'évasion ; elles constituent une autre manière de penser le vivant, fondée sur les continuités plutôt que sur les séparations.
Cette vision s'enracine dans une culture d'une rare ampleur. Passionnée d'alchimie, de mythologies, notamment celtiques, de traditions mésoaméricaines, de tarot ou encore de spiritualités orientales, Carrington construit une iconographie où se rencontrent savoirs anciens et intuitions modernes. Dans l’exposition, sont montrées, entre autres, les peintures The Lovers (1987)1, Laberinto (1991) et La Naguala (1975) qui renvoient à ces thématiques majeures. Ainsi, l’œuvre de Carrington invite moins à résoudre des énigmes qu'à accepter l'existence de réalités multiples, parfois contradictoires, toujours ouvertes. Le merveilleux n'y constitue pas une échappatoire, mais une manière d'habiter le monde autrement.
Installée au Mexique à partir de 1942, Carrington trouve dans ce territoire une terre d'élection. Les cosmologies autochtones, la richesse des traditions populaires et l'idée d'un monde animé par des forces invisibles et autres agentivités, nourrissent profondément son imaginaire. Sans jamais renoncer à ses origines britanniques, elle élabore une œuvre où dialoguent librement les cultures et les temporalités. Chez elle, le temps historique s'efface au profit du temps du mythe, où passé, présent et futur coexistent dans un même espace symbolique.

L'exposition révèle également toute l'étendue d'une pratique qui dépasse largement la peinture. Écrivaine autant que plasticienne, Carrington développe une œuvre véritablement polymorphe. Dessin, sculpture, tapisserie, masque, théâtre, costume, joaillerie ou littérature participent d'une même recherche. Les images prolongent les récits, les textes répondent aux sculptures, les matières dialoguent entre elles. Chaque médium devient l'une des expressions d'un imaginaire unique, refusant toute hiérarchie entre les formes artistiques.

1 Prêt de FAMM (Femmes Artistes du Musée de Mougins) / The Levett Collection

Info+

Almine Rech Paris
64 rue de Turenne
75003 Paris, France

T +33 1 45 83 71 90
alminerech.com

Pierre Aimar
Mis en ligne le Mercredi 2 Septembre 2026 à 15:26 | Lu 48 fois

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