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Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)


Le « Grand Voyage » a 500 ans, 500e anniversaire du chemin de croix de Romans sur Isère

La Ville de Romans célèbre, cette année, le 500e anniversaire de son chemin de croix, avec, au programme, de nombreux rendez-vous, et lance, en parallèle, la restauration du calvaire des Récollets qui en constitue l’aboutissement. D’importants travaux qui font l’objet d’un financement inédit et notamment d’une souscription. Et un événement qui marque le départ d’un important processus de valorisation du patrimoine Romanais.


Le calvaire © Ferrante Ferranti
Le calvaire © Ferrante Ferranti
Ville de 35 000 habitants, construite sur les bords de l’Isère, autour d’une magnifique collégiale aujourd’hui classée au titre des monuments historiques, Romans possède un patrimoine remarquable.
Elle dispose notamment, phénomène assez rare, d’un chemin de croix urbain, dit du « Grand Voyage » dont l’aboutissement, le calvaire des Récollets, est lui aussi classé depuis le 24 juillet 1986 au titre des monuments historiques. Un chemin de croix dont on célèbre cette année le 500e anniversaire.

Un ensemble unique en France, l’un des plus anciens d’Europe

Cet ensemble urbain, unique en France, est aussi l’un des plus anciens d’Europe. Aujourd’hui constitué de quarante stations -vingt-et-une disséminées dans le centre historique et dix-neuf au sein du calvaire - il fut conçu en 1516 par un riche et pieux marchand de Romans, Romanet Boffin. Il se voulait alors un chemin de substitution au voyage en Terre Sainte, devenu très périlleux depuis la prise de la ville par les Turcs.
À l’époque, la topographie de Romans présentait en effet de nombreuses similitudes avec celle de Jérusalem.

Très vite, Romans devient un but de pèleri-nage. Elle attire d’ailleurs encore aujourd’hui plusieurs centaines de personnes lors de la procession du Vendredi Saint. Néanmoins, calvaire et chemin de croix ont subi, au cours des siècles, de nombreuses vicissitudes (pillages, saccages, incendies), notamment lors des guerres de Religions, puis lors de la Révolution. À cela sont venues s’ajouter les affres du temps que la seule bonne volonté et les quelques restaurations entreprises, notamment ces dernières années, ne suffi-ront pas à effacer tant les travaux sont importants à réaliser. Pour des raisons de sécurité, le calvaire des Récollets n’est d’ail-leurs plus ouvert au public qu’en de très rares occasions et une intervention devenait plus qu’urgente.

Une vaste opération de restauration et un financement inédit

De fait, la municipalité romanaise, consciente du potentiel de cet ensemble pour l’attractivité de la ville et en vue de la célébration, cette année, de son 500e anniversaire, a demandé, dès 2014, à Manuelle Véran-Héry, architecte du patrimoine, de réaliser une étude de diagnostic, laquelle a permis d’établir une vaste opération de restauration. D’envergure, les travaux, divisés en deux phases,  débuteront ainsi au printemps 2016, par la restaura-tion du Golgotha et se poursuivront en 2017 par celle du mur d’en-ceinte et du portail monumental.

Pour  mener  à  bien cette restauration, la Ville de Romans a réussi un montage financier inédit, en s’assurant un partena-riat pluri-institutionnel (État, Région et Département) mais en lançant également, dans le cadre de sa stratégie de mécénat, une souscription populaire par le biais de la Fondation du patrimoine.

Un maillage associatif, universitaire et culturel

La Ville de Romans espère faire, en effet, de cette année 2016 le départ d’un important processus de valorisation de son patrimoine et notamment du calvaire. Durant toute l’organisation de ce 500e anniversaire, elle s’est ainsi attachée à entretenir et à développer le maillage associatif, universitaire et culturel de la ville et de la région. Son projet, de fait, est aux antipodes d’un projet imaginé, créé, organisé unilatéralement. Bien au contraire, durant ces derniers mois, l’accent a été mis sur la discussion, les échanges, les envies de chacun, afin de proposer aux Romanais et au-delà une programmation ambitieuse et festive autour du 500e anniver-saire qui se traduira par de nombreux rendez-vous, gratuits et ouverts à tous, simples curieux ou spécialistes: conférences, visites guidées, concerts, expositions…

La Ville s’est ainsi fortement appuyée sur les associations patrimoniales locales qui constituent un ancrage indispensable. Elle sait pouvoir également compter sur une équipe de chercheurs et d’universitaires, français et étrangers, qui s’est spécialement constituée en vue d’un colloque sur l’histoire du calvaire. Elle a même reçu le soutien du centre d’Histoire « Espaces et Cultures » de Cler-mont-Ferrand et de l’Université de Savoie-Mont-Blanc. Enfin, elle a porté une attention toute particulière au public scolaire, considéré comme un élément indispensable dans la transmission de la connaissance du patri-moine et auquel il sera proposé un cycle de visites et un jeu de piste.

Le cœur d’un projet de valorisation et de promotion touristique

Le 500e anniversaire du chemin de croix est par ailleurs au cœur d’un projet de valorisation et de promotion touristique de notre ville qui s’appuiera, d’une part, sur la dynamique suscitée par la création d’un nouvel office de tourisme à la l’échelle de l’Agglomération Valence Romans Sud Rhône-Alpes et d’autre part sur le label Villes et Pays d’art et d’histoire dont la ville de Valence et son agglomération sont détentrices et qui s’étendra bientôt à l’ensemble de VRSRA.

Romans/Jérusalem : une ressemblance frappante

Fidèle  réplique  des  quarante  stations  du chemin de croix suivi par le Christ à Jérusalem, le « Grand Voyage » de Romans fait partie d’un ensemble plus vaste désigné par les guides du pèlerin comme le « voyage de piété du Mont-Calvaire de la ville de Romans ». Il regroupe le chemin de croix proprement dit et le calvaire qui en constitue l’aboutissement. La fondation du chemin de croix dit du « Grand Voyage » de Romans est à rapprocher du processus d’enracinement de la piété dans l’espace urbain : la ville, cadre quotidien, devenait la cité sainte elle-même : Jérusalem. Le paysage et la topo-graphie de Romans ont été ainsi, au XVIe siècle, assimilés à ceux de Jérusalem et de la Passion de Jésus. Les stations sont alors disséminées dans la ville. Il se voulait un chemin de substitution au voyage en Terre sainte devenu alors très périlleux, depuis la prise de la ville par les Turcs. À l’époque, la ville de Romans offrait de grandes ressemblances avec la topographie de Jérusalem.

Description du chemin de croix

Le chemin de croix dit du « Grand Voyage » comporte quarante stations : dix-neuf d’entre elles se trouvent dans l’enceinte du cimetière qui entoure le calvaire des Récollets et les vingt-et-une premières sont disséminées dans la ville. Ces dernières se présentent sous des formes très diverses : de la simple scène en bas-relief adossé à un mur de soutènement à la chapelle néo-classique, en passant par toute une série de petits oratoires de dimensions et d’époques variables, isolés ou adossés à une construction.
Station XV du Chemin de croix - Bas-relief de Donzelli © Ferrante Ferranti
Station XV du Chemin de croix - Bas-relief de Donzelli © Ferrante Ferranti

Une originalité supplémentaire : un chemin de croix urbain

En sus d’être un « chemin de croix » sorti d’une église, le « Grand Voyage » est un chemin de croix urbain, phénomène assez rare, que l’on retrouve parfois dans l’espace germanique – Berlin, Lübeck. Le plus souvent, ils sont installés sur des collines en milieu rural. Les plus connus sont les Sacri Monti en Italie du Nord, inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Cet ensemble urbain, unique en France et l’un des plus anciens d’Europe, continue, chaque année, lors de la procession du Vendredi Saint, d’attirer plusieurs centaines de personnes. Il part actuellement de la côte des poids et farines, s’arrête à la collé-giale Saint-Barnard (classée au titre des monuments historiques) et s’achève au calvaire des Récollets dont l’implantation, sur une colline dominant la ville, évoquait alors le Golgotha de Jérusalem.

Plus d'infos

Office de tourisme de Romans/Bourg-de-Péage
62, avenue Gambetta
26100 Romans-sur-Isère
04 75 02 28 72
www.romans-tourisme.com


Pierre Aimar
Mardi 26 Janvier 2016
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