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Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)


Journées du patrimoine 2018 : A Beaucaire sur les traces de Bonaparte alors simple lieutenant

Le hasard, ce jour-là, a très bien fait les choses. Au terme d’une errance en Camargue, à la recherche de quelque découverte, comme Saint-Michel de Frigolet, et Piémanson, les années précédentes, voilà que nous atterrissons à Beaucaire.


La place de la mairie en ... feu de joie © P.A.
La place de la mairie en ... feu de joie © P.A.

Et c’est la surprise ! La ville morne et à demi morte que nous avions connue il y a dix ans semble avoir changé de peau. Animation sur les quais - ça ce n’est pas nouveau -, port encombré de bateaux parfois somptueux, mais aussi ailleurs en ville : rues nettes, une place de la mairie « envahie » par le passage d’un mariage, chinois peut-être, fleuri de violet et blanc, et un important groupe de personnages costumés, fort joliment d’ailleurs, à la mode de l’Empire. Bonaparte compris.
Bonaparte ? © Pierre Aimar
Bonaparte ? © Pierre Aimar

Peut-être un tout petit peu pas assez petit ! Et un autre groupe en costume provençal orné d’enfants à petits nœuds et bouquets d’été.
Que la scène était jolie ! Finies les deux maisons en ruines qui encombraient la place. L’une au fond a été rasée, et l’autre les Halles, a été restaurée en conservatoire. Ou comment faire du neuf heureux avec du vieux branlant !
Tout d’abord, nous ne comprenons pas. Le mariage oui, il s’engouffre dans l’Hôtel de Ville, construit à la fin du XVIIe siècle dans un beau style Louis XIV dont il porte l’emblème en soleil.
Superbe et blanc il se dresse après une petite cour et présente au regard un immense escalier tout en pierre blanche. Car Beaucaire, cela signifie la belle pierre, celle de l’endroit justement.

Le Patrimoine en costume

Un bouquetde costumes très colorés © P.A.
Un bouquetde costumes très colorés © P.A.
Mariage disparu, il reste le groupe en costumes. Il est là devant Notre-Dame des Pommiers, vaste église jésuite du XVIIIe siècle, imposante et massive. Et là aussi nous remarquons une jeune femme guide qui armée d’un micro, raconte, explique, très bien et de façon vivante tout ce qui concerne l’église. Et nous voilà, suivant le groupe, une centaine de visiteurs et entourant les personnages historiques en costumes : ils sont nombreux, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes dans de superbes tenues d’époque, satin et taffetas, soies et dentelles, « qu’ils ont faites eux-mêmes nous disent-ils, d’après des modèles anciens. Il y a là Bonaparte et les notables de cette ville riche et célèbre par ses foires. « Parmi les grands centres de commerce qui ont animé l’ancienne France, la Foire de Beaucaire est éminemment remarquable par la pérennité de son rayonnement. Créée officiellement en 1217, elle prend la succession de la foire d’Arles, élargissant sa zone d’influence au XVIe et XVIIe ».
Ceci explique cela… Une petite ville, dotée d’un port important en plein milieu des terres, de grands et beaux monuments et de quantité de belles maisons et autres palais, enfouis dans des ruelles parfois étroites ou abrités dans de belles cours et cachant des jardins secrets.

En l'hôtel de Clausonnette © P.A.
En l'hôtel de Clausonnette © P.A.
Comme cet hôtel de Clausonnette, en cours de nettoyage et restauration, et qui présente une belle cour carrée empierrée, de superbes escaliers de pierre à rampe-dentelle de fer forgé et, caché en fond de cour, un jardin secret, que nous ne verrons pas, hélas ! Car il faut revenir le lendemain, pour avoir la vision complète dans ce tour du patrimoine beaucairois.
Excellente idée, que d’entretenir le mystère et de faire durer deux jours ces visites.

En regagnant les quais, centre actif et lumineux de cette ville qui, depuis dix ans, se restaure et s’embellit, nous parcourons des rues au nom charmant : rue Ratepenade ou rue du Puits de Sophie. Par là des portes immenses, de hautes fenêtres, des façades ornées ; partout de la hauteur, trois étages et des cours pavées à peine devinées.
Pas de doute, Beaucaire est bien encore une de ces villes dont le patrimoine, mal connu et riche mérite des journées de découvertes comme celle que nous y avons vécue.

Le Souper de Beaucaire

Souper de Beaucaire © BnF Gallica
Souper de Beaucaire © BnF Gallica
C’est dans la cour de l'hôtel des Clausonnettes, entre un marchand à grand chapeau et culotte de soie rayée et une marquise en robe blanche empire et bellement décolletée, que nous apprenons l’histoire de ce pamphlet politique que fut le texte écrit par Napoléon Bonaparte..
« Je me trouvais à Beaucaire le dernier jour de la foire : le hasard me fit avoir pour convives à souper, deux négociants marseillais, un Nîmois et un fabricant de Montpellier. Après plusieurs moments employés à nous reconnaître, on sut que je venais d’Avignon et que j’étais militaire… »
Au travers de cette discussion entre commerçants et soldat, se découvre un panorama de la situation de la France à cette époque, politique et économique, mais aussi humain.

Ce texte célèbre a pour titre : « le Souper de Beaucaire ».

Ecouter et réfléchir, observer, discuter, expliquer…
Pense-t-on déjà à l’Empire, dès ce souper de Beaucaire ?
Jacqueline Aimar



Pierre Aimar
Jeudi 20 Septembre 2018
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Photo P.A. : Bonaparte à Valence ne lisant pas Sortir ici et ailleurs