Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Viva Verdi ! pour les 40 ans des Chorégies d'Orange 2011, par Jacqueline Aimar

Quarante ans pour les Chorégies fêtées par un grand programme consacré à Verdi avec deux œuvres essentielles du compositeur, sans doute les plus grandes et les plus connues, Aïda et Rigoletto.


Un parcours culturel euro-méditerranéen pour Aïda

Après Mireille, en 2010, place à la magnificence des opéras de Verdi © P. Aimar
Après Mireille, en 2010, place à la magnificence des opéras de Verdi © P. Aimar
Rappelons que les premières Chorégies ont eu lieu en 1869 et les nouvelles Chorégies, initiées en 1971 par Jacques Duhamel, alors Ministre de la Culture, et Jacques Bérard, Maire d’Orange, fêteront lors de leur édition 2011 leur quarantième anniversaire et le fêteront dignement avec un grand programme verdien d’opéra sous le forme des œuvres les plus symboliques du compositeur.

Tout d’abord, la reprise d’ « Aida », dont les représentations auront lieu les 9 et 12 juillet, dans le cadre d’une nouvelle et très symbolique production avec le Festival de Massada en Israël, coproduction qui fait suite aux collaborations qui avaient déjà eu lieu avec le Festival de Baalbeck au Liban et qui traduit de manière éloquente la volonté des Chorégies de s’inscrire dans un parcours culturel euro-méditerranéen.
Ces représentations d’ « Aida » seront dirigées par Tugan Sokhiev, patron de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, que nous retrouverons avec plaisir à Orange, ce jeune chef faisant partie de la brillante génération de ces nouvelles baguettes, comme celle de Mikko Franck ou Alain Altinoglu, qui ont marqué l’édition 2010 des Chorégies.
La mise en scène sera confiée à l’un des plus fidèles sociétaires des Chorégies en la personne de Charles Roubaud, qui signera cette réalisation avec ses complices habituelles, Emmanuelle Favre pour la scénographie et Katia Duflot pour les costumes, la chorégraphie étant confiée à Jean-Charles Gil, patron du Ballet d’Europe, et les éclairages au talentueux luminariste israélien Avi-Yona Bueno, et ce dans le cadre de la coproduction franco-israélienne.

La distribution retenue pour cette production est particulièrement brillante avec le retour à Orange d’Indra Thomas, qui a illuminé la représentation 2006 d’ « Aida » dans ce même lieu et la venue pour la première fois de l’un des grands ténors de ce répertoire, Carlo Ventre ; tous deux étant entourés par deux nouveaux venus à Orange : la grande mezzo russe Ekaterina Gubanova et un baryton qui nous vient de Pologne et dont on parle de plus en plus dans l’univers opératique, Andrezj Dobber.

Rigoletto (30 juillet et 2 août 2011) servi par de grandes voix pour le plaisir

En deuxième production des Chorégies, le retour de « Rigoletto » qui n’a plus été joué depuis l’année Verdi 2001 et dont les représentations auront lieu les 30 juillet et 2 août. C’est, là encore, un chef de la nouvelle génération particulièrement brillant qui sera au pupitre de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse en la personne de Roberto Rizzi-Brignoli, tandis que Paul-Emile Fourny signera la mise en scène dans une superbe production décors et costumes signée Louis Désiré.
La distribution de ce « Rigoletto » comprend dans les trois rôles principaux les meilleurs interprètes qui puissent être réunis, avec la venue, pour la première fois à Orange, du baryton italien Leo Nucci, incontournable interprète du rôle-titre, de Patrizia Ciofi qui ne manquera certainement pas de renouveler les triomphes qu’elle a connus sur « Traviata » et « Lucia » et enfin du ténor Vittorio Grigolo que les Chorégies avaient révélé au grand public en 2009 dans « La Traviata » et qui, aujourd’hui, compte parmi les grands ténors de sa génération, aux côtés d’Alagna, Villazon et autre Florez.


commander_100x30_01.gif

Aïda (9 et 12 juillet 2011) des œuvres écrites pour l'opéra du Caire

Autour d'Aïda, des flammes et d'inoubliables trompettes
En 1870, Verdi reçoit du Khédive d'Egypte, Ismaïl Pacha, la commande d'une nouvelle œuvre pour l'opéra du Caire où Rigoletto avait été représenté l'année précédente. Contrats fort avantageux, "avec une garantie de 150000 francs pour les seuls droits égyptiens." (2 millions 800 000 €).
Le sujet de cet opéra, Aïda se situe dans l'Egypte ancienne et le livret original est en français pour cette œuvre construite sur le texte du grand égyptologue Mariette. L'œuvre est donnée en grand triomphe au Caire en décembre 1871 ; elle comporte tous les grands thèmes verdiens, le chœur d'appel à la guerre sacrée, un grand air d'exaltation de la patrie, O Patria mia, et révèle l'hostilité du compositeur à l'égard des princes et du clergé. Tout cela donne à Aïda une résonance particulière et fort intéressante.
Cependant Verdi n'est pas présent lors de la représentation de cet opéra car il vient d'annoncer son intention de prendre sa retraite. Il estime avoir dit et fait dire tout ce qu'il était utile qu'il dise.
Lire l'interview de Charles Roubaud, metteur en scène

Rigoletto composé à partir du Roi s'amuse de Victor Hugo provoque bien des amertumes car le travail du compositeur qui se double de celui d'un homme pratique, ne laisse rien au hasard. Jamais homme ne fut aussi peu bohême que Verdi. Son travail de compositeur se double de celui d'homme pratique ; mais il est surtout animal de théâtre. Et Rigoletto composé pendant les années de galère, s'!l appartient à la trilogie des grandes œuvres populaires avec la Traviata et le Trouvère n'en demeure pas moins un chef d'œuvre qui n'a aucunement souffert de la hâte dont a fait preuve Verdi lors de sa composition en 1851.
C'est en effet l'œuvre qui va lui apporter une renommée durable à partager peut-être un peu avec Victor Hugo dont la pièce Le roi s'amuse avec sa sombre atmosphère et ses personnages libidineux et parfois répugnants, lui a offert des éléments forts. Et de superbes airs qui prennent dans le vaste théâtre d'Orange toute leur ampleur.


commander_100x30_01.gif

Deux grandes soirées de concerts : 11 juillet, 16 juillet

Les Chorégies sont traditionnellement complétées par deux grandes soirées concertantes. La première aura lieu le 11 juillet, toujours avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, sous la direction de Tugan Sokhiev, avec l’un des pianistes les plus brillants de la nouvelle génération, Denis Matsuev, qui interprètera le concerto n° 3 de Rachmaninov, tandis que Sokhiev nous proposera la 5ème de Tchaïkovski en deuxième partie de ce concert ainsi consacré à la musique russe.
Et enfin, le 16 juillet, nous célèbrerons Beethoven et sa 9ème, toujours avec Tugan Sokhiev et l’Orchestre de Toulouse, accompagné par la magnifique chorale de San Sebastian, le Choeur de l’Orfeon Donostiarra, l’un des plus beaux choeurs d’oratorio, et, pour assurer la partie vocale solistes de cette oeuvre, quatre interprètes de renommée internationale, aguerris à ce répertoire particulièrement exigeant. Nous pourrons ainsi entendre une soprano dont on parle de plus en plus, Riccarda Merbeth, la magnifique et rare alto française Nathalie Stutzmann, le ténor wagnérien Endrick Wottrich et l’une des plus grandes basses actuelles, Albert Dohmen, que nous avons déjà eu le plaisir d’écouter à Orange.
Jacqueline Aimar

Pratique

Location et réservations des places : Réservations en ligne
Ou :
- Au Bureau des Chorégies - Place Silvain : du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 et de 14h à 17h.
- Par télécopie : 04 90 11 04 04
- Par correspondance : Chorégies d’Orange -BP 205 - 84107 Orange cedex.
Renseignements par téléphone : 04 90 34 24 24


pierre aimar
Vendredi 22 Octobre 2010
Lu 2870 fois


Commentaires articles

1.Posté par gerbeaud le 08/01/2011 20:41
Quelle magnifique idée que ces retransmissions sur grand écran.

Merci!

Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 22





Inscription à la newsletter