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Labeaume en musique, Franck-Emmanuel Comte mène la danse en la Caverne de Pont d'Arc

Pré-concert d’ouverture avant que ne commence la saison d’été qui verra le village de Labeaume et ses environs dédiés pour tout un temps aux soirées musicales.


Concert de l'Hostel-Dieu © P. Aimar
Concert de l'Hostel-Dieu © P. Aimar
Mais ce soir-là, on est à La Caverne du Pont d’Arc et l’Ensemble accueilli est celui de Franck-Emmanuel Comte sous forme de Métissage et métamorphoses : la Ciaccona.
Nous sommes - miracle de la musique - en Italie et un peu en Espagne aux XVIIe et XVIIIe siècles ; la Ciaccona est une « danse populaire ouvertement sensuelle », qui peut évoluer en tarentelle ou passacaille associant musique populaire et musique savante. Ces danses, des musiques en miniature, sont en permanente métamorphose et constituent des expressions séduisantes, troublantes même de la chanson baroque. Cinq musiciens regroupés autour de Franck-Emmanuel Comte au clavecin, un joli clavecin jaune et rouge, ont enchanté avec entrain et un vrai plaisir à jouer, la salle de spectacle de la Caverne, emmenés par la vivacité d’Heather Newhouse, une délicieuse soprano à la voix très pure, en compagnie de Hugo Peraldo, ténor.
La première œuvre, musique rythmée et tendre, est joliment modulée de voix à instruments. La seconde plus mélancolique joue sur des thèmes simples et très musicaux.
Avec les airs suivants, Dona Isabella, histoire d’une reine qui a régné avant la présence espagnole à Naples, les interprètes misent sur une rencontre entre une belle chanson triste et un Miserere appartenant donc à la musique religieuse, étrangement venu d’ailleurs dans la salle, grâce à des voix d’homme pour un effet spectaculaire. Par la suite, encore une métamorphose, quand la Tarentelle se mêle à un Stabat mater lent et grave, très oriental. Une Passacaille avec sa basse obstinée fait un parallèle avec la vie qui ne s’arrête pas, Bisogna morire mélodie rythmée et chantante qui s’achève avec La morte è crudele. Et puis encore des chaconnes, la basse obstinée et le testament d’Amélie venu de Catalogne.
On envisage rarement pendant ce concert, qu’ils ne sont que cinq sur scène tant ils forment, par la cohésion et l’équilibre entre eux un véritable orchestre, modulant et chantant autour de la voix délicate de la soprano. Et tout s’achève avec Cicerenella, quand une jeune paysanne napolitaine joue à séduire les messieurs par un air très vif; et trois chanteurs cette fois-ci.
La gaîté des musiques comme celle des interprètes ont illuminé ce lieu un peu austère où pèsent le poids du passé de l’humanité, pour le plus grand plaisir des amateurs de cette musique baroque, dansante et heureuse.
Jacqueline Aimar

Les mystérieux cheminements qui mènent la nuit à la Caverne du Pont d'Arc © P. Aimar
Les mystérieux cheminements qui mènent la nuit à la Caverne du Pont d'Arc © P. Aimar

Quelques notes ....



Pierre Aimar
Lundi 29 Juin 2015
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