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Balade à Saint-Guilhem un jour d’été

D’abord, Saint-Guilhem, c’est loin.
Loin de tout. Loin de Montpellier, loin d’Alès et d’Uzès. Et loin de la mer.


L'abbaye de Sain-Guilhem le Désert © Pierre Aimar
L'abbaye de Sain-Guilhem le Désert © Pierre Aimar

La route, bien aménagée longe le cours de l’Hérault qui offre tout à coup une immense plage très fréquentée bien sûr, mais aussi le long de l’eau, de petites baignades plus intimes entre sable et rochers. Au bord de la route, partout, des voitures garées, d’abord pour les plages puis pour l’abbaye. Et enfin le village ; à gauche une petite route mène à un parking invisible (à 600 mètres) et l’autre n’est qu’un pavage piétonnier qui monte en serpentant et fait le charme de l’endroit. Au coin en bas, l’église perchée Saint-Laurent et toute proche la mairie qui ne manquent pas de cachet.
La montée en courbes va de boutique en échoppe, ouvre sur un escalier fleuri, offre cà et là des gourmandises et autres grignoteries, petits bars ou cavernes aux trésors ;

A un embranchement, une marchande d’éclairs ; vous connaissez ? mais pas ceux-là ; Ils sont selon les jours et les réserves, à la tapenade et au jambon, au foie gras et aux truffes, au poulet et champignons, aux crudités ; peut-être même au chocolat… je n’en ai jamais vu.

Deux escaliers descendent à gauche et donnent sur La Place ; celle de l’abbaye, sous la forme massive d’une abbatiale, des cafés et restaurants, des galeries découvertes et de l’Office du Tourisme. Là se concentre un moment la vie, autour de grands arbres et de la fontaine. On quitte la place par un petit pont qui rejoint le parking. Vaste parking qui s’est agrandi, sous les arbres, bien ordonné, équipé des commodités nécessaires Et où les résidants car il y en a, jouent aux boules dans l’ombre.
Sous le pont coule le Verdus, un charmant ruisseau bordé d’herbes bien vertes, de rosiers parfois et de fleurettes, et limitant des jardins ou prairies privés.

Et puis là-haut, mais alors très haut, perché sur la falaise sud qui domine le profond ravin où tout cela se niche, une tour, un château en ruines ; menace et protection tout à la fois.
Il s’agit du château des géants ou château de don Juan ou château du Verdus ou château de Verdun. Au choix selon les récits. On ne sait jamais avec les légendes…

C’est aussi localement le Castelas qui tient fermée la porte du Désert de Saint- Guilhem, ce cirque de l’Infernet. Et cela depuis les Romains sans doute…
Il y a comme ça des paysages, des sites, qui s’imposent aux hommes et leur font peur, inspirent des contes et autres histoires que le temps fait évoluer ; et le cirque de l’Infernet, autre histoire, en fait partie.

L’église, haute et longue, élégante dans son austérité, débouche sur un cloître à demi restauré, un musée, et permet un regard sur l’ensemble des bâtiments du couvent. Au fond, l’indispensable bassin aux poissons (ex vivier), avec l’indispensable coupelle où atterrissent les milliers de piécettes jetées chaque jour depuis les margelles et portant l’envie de prouver son adresse et peut-être… le poids des souhaits (qui sait ?) à réaliser, les rêves demeurent informulés ou ne sont jamais très loin à l’ombre des clochers. Ont-ils remplacé la foi ?

Alors n’hésitez pas à aller vous perdre dans le flot incessant des touristes qui montent puis redescendent le chemin grimpant, malaisé, qui conduit à l’Abbaye de Gellone, dans son val d’ombre et de lumière, et dont les massives absides à la courbe parfaite emplissent tout à coup le fond du vallon qui murmure tant d’histoires.
Jacqueline Aimar


Pierre Aimar
Lundi 31 Juillet 2017
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