Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




zajqifudslkhtidsg de Nicolas Guiet, exposition du 6 avril au 4 mai 2012 à l’ÉSAD Valence

Une frise vient occuper la cimaise centrale du hall d’exposition de l’ÉSAD Valence.
Elle s’est nourrie de détails glanés dans son environnement proche puis les a agglomérés, ne conservant aucun rapport de proportion, ni d’agencement entre eux. Perte de contact avec la source. Elle emploie ces formes plutôt que de les représenter. Devient une proposition autonome, une abstraction.
Elle nous propose un chemin, une lecture de la pièce qui engagera le spectateur dans un emploi général de l’espace. Donneur de points de vue. Une position est à trouver, puis à renouveler, et encore.


qergreg, 2010, Acrylique sur toile, bois. Dimensions variables. CRAC le 10neuf, Montbéliard. Photo : N. Guiet. Courtesy galerie Jean Fournier.
qergreg, 2010, Acrylique sur toile, bois. Dimensions variables. CRAC le 10neuf, Montbéliard. Photo : N. Guiet. Courtesy galerie Jean Fournier.
Un tableau étiré, allongé par la répétition de son motif, qui vient suivre son support en boucle. Quoique d’une facture assez refroidie et méthodique, il comporte à différentes échelles des irrégularités plus ou moins perceptibles ou flagrantes. Ruptures, arythmies, et glissement de terrain.
Plus tout à fait un simple tableau, pas vraiment non plus une sculpture. Une installation ? Sur quelles bases?

La technique, par l’énumération de ses principes, se repose sur des gestes attribués traditionnellement au tableau. Souvent une toile tendue sur un châssis en bois, puis peinte. Parfois des panneaux de bois assemblés et peints. Une ‘pratique légère’, de surface et de couleur.
Toutefois après réalisation son encombrement, sa présence et notre relation physique à son volume nous orienterait à la percevoir comme une sculpture. Son aspect nous incite à la recevoir comme telle. Alors une sculpture au pied du mur. Mais pas tout à fait. L’ambiguïté tient aussi à la place du dessin dans le travail : il n’est pas contenu dans le support mais le formate en lui donnant ses limites. Le dessin arrive en découpe, n’est en aucun cas dissociable de ce qui le véhicule. Entièrement fusionnés, chacun se repose sur les qualités et propriétés de l’autre, ce qu’il peut lui donner comme ampleur et nouvelle dimension. Un dessin au départ ; et finalement le comportement d’un objet dans l’espace qui prend sa place et trouve sa posture.

Puis vient la surface. Elle dépend de ses contours et du matériau qui la façonne : une toile très élastique qui propose une trame pouvant produire des courbes plutôt que des plis quand il y a une différence entre le dessin de départ et celui d’arrivée du textile.
Ce paramètre, habituellement assez neutre en peinture vient ici en prolongement du dessin et prend à sa charge la modulation de la couleur.
Les formes, quant à elles, présentent également une part d’énigme et ne se donnent pas très clairement à être interprétées. On y voit souvent quelque chose sans ne jamais le reconnaître. Là aussi, on reste dans l’évocation.

Les titres eux-mêmes, fruit du hasard, se refusent à qualifier et se contentent d’enregistrer et de nommer une présence sans chercher à nous renseigner au-delà de celle-ci. La couleur se pose en réelle question picturale d’espace physique et sensible, mais fait elle-même objet. Elle en provient d’ailleurs la plupart du temps, empruntée ici et là dans notre environnement chromatique le plus commun et courant. Extraite puis réinjectée, donc transformée par d’autres rapprochements et situations, son origine est alors assez difficile à identifier et là encore l’interprétation poursuit la présentation.
Des lectures qui sont donc sur plusieurs plans biaisées. De la nature de l’objet qui se présente à nous jusqu’au sens véhiculé. Une interprétation ne sera toujours qu’une limite donnée. Les repères et référents sont tronqués, ont muté et se situent désormais dans un espace d’entre deux.
Nicolas Guiet est représenté par la galerie Jean Fournier, Paris.

Pratique

Exposition ouverte au public du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h
Entrée libre
ÉSAD Valence
Place des beaux-arts
26000 Valence
04 75 79 24 00
valence@esad-gv.fr
www.esad-gv.fr


Pierre Aimar
Lundi 2 Avril 2012
Lu 565 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 198










Inscription à la newsletter