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du 9 octobre au 21 novembre, João Vilhena, Retards en boucle à la Galerie CompleX à Marseille

L’intervention de João Vilhena dans la boîte chez CompleX s’inscrit entre deux de ses pratiques : celle des Wall Drawing et celle des petites boîtes qu’il réalise comme un chimiste expérimenterait dans son laboratoire toutes les questions qui se posent autour de la peinture et que la peinture se pose sur elle même…


“Ce qui autorise à penser que le temps est, c’est qu’il tend à n’être plus.” Saint Augustin

Retards en boucle est une installation qui tendrait à nous faire perdre la notion du temps. S’il est vrai que João Vilhena ait vu dans la boîte une réminiscence de la chambre noire et qu’il y ait choisi d’y explorer certains procédés de la peinture. A l’instar du reste de sa production qui s’articule autour des questionnements que le médium perpétue encore aujourd’hui, notamment autour du regardeur et de sa préhension de l’oeuvre. Il est cependant autant question de temps que de regard dans cette pièce.
Si les deux idées se confondent, c’est qu’elles sont ici inexorablement liées. L’installation est régie par plusieurs regards qui norment la pièce, qui la construisent. Un regard qui se dédouble et qui par la même occasion génère un dédoublement du temps. Des regards qui induiraient l’analepse nécessaire à la compréhension de l’oeuvre… Dans Retards en boucle, les trois temps ne se succèdent pas mais se superposent. Le regardeur, évolue dans un présent du passé, un présent du présent et un présent du futur, qui se confondent intellectuellement. Les trois moments génèrent trois regards, qui au bout du compte réalisent une forme de synthèse mentale et abstraite de tous les regards possibles… /...
Mais le sujet s’il fallait en trouver un, serait davantage la peinture et les fantasmes inhérents à son
histoire. Que la boîte ait évoqué à João Vilhena, la Camera Obscura de Leonard de Vinci. Elle même
allégorie de ce qu’est la peinture c’est à dire un mensonge, une représentation faussée et arbitraire de ce que l’on veut bien admettre comme le réel… Une trahison disait l’autre… L’oeuvre servirait d’avantage pour João à travailler autour de la sémantique d’une discipline toujours autant prisonnière de l’image romantique dont elle ne s’extirpe jamais tout à fait…



Joao Vilhena, Retards en boucle
Exposition du 9 octobre au 21 novembre 2009
Finissage le vendredi 20 novembre 19h
Galerie CompleX
3, rue Pastoret
13 006 Marseille
09 54 92 23 21


pierre aimar
Jeudi 22 Octobre 2009
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