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Vies Silencieuses, exposition au Musée Regards de Provence, à Marseille du 17 septembre 2015 au 13 mars 2016

Le Musée Regards de Provence illustre la thématique des Vies Silencieuses à travers le prisme d’artistes de différentes époques, du XVIIIe siècle à nos jours, révélant plus d’une centaine de compositions classiques, romantiques, modernes et contemporaines, de natures mortes, d’objets du quotidien ou rares, de bouquets de fleurs, de fruits, de compositions animalières…


Vies Silencieuses, exposition au Musée Regards de Provence, à Marseille du 17 septembre 2015 au 13 mars 2016
Cette exposition rassemble des dessins, tableaux, photographies et sculptures issus de la collection de la Fondation Regards de Provence, de collections muséales, privées et de galeries, d’artistes comme Meiffrein Comte, Pierre Nicolas Huilliot, Jean-Baptiste Olive, Antoine Volon, Etienne-Louis Advinent, Alfred Monticelli, Bernard Buffet, Jean Helion, Henri Manguin, Maurice Vlaminck, René Seyssaud, Louis Valtat, Raoul Dufy, Joseph Inguimberty, Emile-Othon Friesz, Xavier Valls, Emmanuelle Bentz, Robert Combas, Jean Le Gac, Arman, Jean-Pierre Sudre, Aurore Valade, Pascal Verbena, Dominique Angel, Nicolas Rubinstein, Marie Ducaté…

La pratique des natures mortes en occident remonte à l’antiquité.

La dénomination de ce type de tableaux tourne autour du sens de nature en suspension, nature immobile, un arrêt sur image. Le terme plus poétique de « Vies silencieuses » souligne la présence du vivant dans les choses représentées dans leur immobilité de nature reposée. Dans le silence, les objets se confient et sont toujours animés non seulement par la charge des signifiés que nous leur confions, mais par la traduction picturale réaliste, souvent illusionniste qui les rendent plus vrais que vrais, plus réels que leur réalité propre.

L’individu entretient une relation profonde, symbolique, quasi charnelle avec les objets. Représenter un objet inanimé, le transposer en termes plastiques, c’est lui restituer une âme, lui donner une nouvelle vie en lui conférant un nouveau sens. La magie d’une vie silencieuse repose sur la sensibilité de l’artiste, sur sa capacité à manier les couleurs et la lumière qui entourent et éclairent les objets, à faire circuler l’air entre eux pour que le spectateur puisse éprouver des sensations.

Contenu allégorique et virtuosité technique constituent l'art de la nature morte. Tour à tour vive, terne, douce, sombre, chaude, froide, elle évoque les sujets de nature, terre, bois, pierre ou des concepts de bien-être, pauvreté, frugalité, richesse, élégance… Le pouvoir de sa mise en scène éveille des souvenirs sensoriels et des sensations autres que visuelles, auditives, olfactives, tactiles, gustatives.

Ce genre en peinture a été présenté comme mineur comparé aux paysages, portraits, peinture d’histoire, mais ce sujet devient un questionnement de la peinture sur la peinture avec l’impressionnisme et le cubisme et il marque profondément l’histoire de l’Art du XIXème et XXème siècle. La Nature Morte traverse le XXème siècle sous des formes diverses que font découvrir, sous de nouveaux aspects, la photographie, la vidéo, les installations ou les performances. Elle est un « autoportrait » de l’artiste, de ses choix, de ses recherches. A travers elle, l’artiste projette sa vision de l’univers. Elle est par le fait narrative, elle raconte la société, les comportements humains, les inventions, les pratiques diverses, les intérieurs, l’histoire religieuse, celle des grands de ce monde et de leur prétention à être immortels.

Le genre de la Nature morte en peinture a pour objet de mettre en présence,

et toujours dans une composition savamment orchestrée, des éléments de la vie courante, familière, qui vont de la représentation de fruits, de légumes et autres victuailles, gibiers, poissons, entourés de vaisselles finement ciselées, accompagnés de vases de fleurs, de bouquets, jusqu’aux objets plus intellectuels qui rappellent la connaissance et le savoir : livres, instruments de musique et scientifiques, partitions, etc. Il y a donc des thèmes particuliers qui fédèrent les objets pour en énoncer un propos précis.

La vanité est une nature morte qui a une fonction morale. C’est une allégorie qui, par la mise en contraste d’éléments symbolisant d’un côté la vie et de l’autre la mort, invite à la réflexion sur la futilité des plaisirs terrestres face au caractère inéluctable de la mort. Certaines évoquent les plaisirs des sens, la fragilité de l’existence humaine, d’autres montrent que la vie de l’esprit est supérieure aux plaisirs terrestres.

Des objets comme le crâne, la fleur flétrie, le verre renversé, la bougie fumante, le sablier, tous des symboles associés à la notion de disparition, celle de l’homme en particulier, aborde la question de sa finitude. À travers les objets voués à disparaître de façon naturelle, les Vanités en peinture pointent aussi les façons de vivre ostentatoires, l’arrogance, la fatuité, que dénonce la représentation des biens de ce monde : les étoffes précieuses, les coquillages exotiques, pièces d’orfèvrerie, qui symbolisent la richesse, ou les sculptures, les tableaux, ou les instruments de musique qui se révèlent être des arts vains, les livres et les instruments scientifiques qui renvoient à la vanité de la connaissance et du pouvoir. Le vin, la pipe, les cartes à jouer et les dés figurent les plaisirs futiles et répréhensibles.

L’œuvre d’art est à la fois présentation et représentation, réalité et simulacre, vérité et illusion, existence et essence… La peinture joue de ce paradoxe que tout ce qui est représenté « est ici » et « a été » – tel paysage, tel personnage, tels fruits, tels instruments, tels livres –, mais qu’elle maintient aussi au présent la vue de ces choses disparues pour enrichir notre imaginaire, notre réflexion, notre culture.

L’ouvrage, Vies Silencieuses, permet de retrouver les pièces exposées accompagnées de textes et de commentaires de certaines œuvres des critiques d’art, Bernard Muntaner et Yves Gerbal (prix public 35 €).

Informations pratiques

Le Musée Regards de Provence est ouvert tous les jours, 10h -à 18h. Fermeture : 25 décembre, 1er janvier.
Billet expositions temporaires : Plein Tarif : 6,50 €. Tarifs réduits: 5,50 € - 4,70 € - 2,00 €.
Billet couplé expositions temporaires & scénographie permanente : Plein Tarif : 8,00 €. Tarifs réduits : 7,00 € - 6,00 €
Visites commentées : tarif d’entrée + 6 € par personne, le mardi et samedi à 15h et tous les jours sur réservation (6 à 30 personnes).
Visite commentée gratuite le samedi à 10h30, hors droit d’entrée sur réservation (6 à 25 personnes).

Musée Regards de Provence
Allée Regards de Provence
Avenue Vaudoyer
13002 Marseille, France
museeregardsdeprovence.com
+33 4 96 17 40 40



Pierre Aimar
Jeudi 19 Novembre 2015
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