Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Salves, Cie Maguy Marin, scène national de Cavaillon, le 24 janvier à 20h30

Travailler notre pessimisme et nos peurs et ainsi échapper à celle, ambiante, qui nous écrase et nous rend impuissants, tristes et fourbus. Cela, avec l’accompagnement de 7 interprètes, complices des créations antérieures


Salves. Le propos de Maguy Marin

« Lorsque j’ai entamé cette nouvelle pièce, il m’est revenu à l’esprit ce qui pour Turba nous a enthousiasmé dans le De rerum natura1 de Lucrèce : les atomes déclinent perpétuellement, mais dans leur chute, ils font à un moment un écart dans leur course, le clinamen. Il suffit qu'un atome bifurque légèrement de sa trajectoire parallèle pour entrer ainsi en collision avec les autres d'où naîtra un monde, l'invention d'une forme nouvelle qui peut donner lieu à des conséquences inouïes. De même, au sujet de la parabole de Franz Kafka sur laquelle s’appuie notre dernière pièce Description d’un combat, Hannah Arendt écrit que l’homme ouvre par sa présence une brèche dans le continuum du temps entre passé et futur faisant ainsi dévier les forces antagonistes très légèrement de leur direction initiale en créant une force diagonale qui ressemble à ce que les physiciens appellent un parallélogramme de forces. Faisant allusion à la « perte de l’expérience » de Walter Benjamin provoquée par la répétition des catastrophes collectives du XXème siècle qui ont transformé le présent en un champ de ruines dépourvu d’inscription dans l’histoire, c’est-à-dire sans mémoire ni devenir, Georges Didi-Huberman nous propose dans son livre, Survivance des lucioles2 « d’élever, dans chaque situation particulière, cette chute à la dignité, à la beauté nouvelle, en faisant de cette pauvreté même une expérience selon la leçon de Walter Benjamin pour qui déclin n’est pas disparition. »
Il faut « organiser le pessimisme » disait Walter Benjamin. Travailler donc à faire surgir ces forces diagonales résistantes, sources de moments inestimables qui survivent à l’oubli, ces voix qui, du fond des temps, nous font signe. Travailler notre pessimisme et nos peurs et ainsi échapper à celle, ambiante, qui nous écrase et nous rend impuissants, tristes et fourbus. Cela, avec l’accompagnement de 7 interprètes, complices des créations antérieures. »

Distribution

Conception Maguy Marin . en collaboration avec Denis Mariotte .
Les interprètes
Ulises Alvarez, Romain Bertet, Kaïs Chouibi, Teresa Cunha, Mayalen Otondo, Jeanne Vallauri, Vania Vaneau .
assistant . Ennio Sammarco .
direction technique et lumières Alexandre Béneteaud .
conception et réalisation du dispositif scénique Michel Rousseau .
éléments d'accessoires Louise Gros avec Pierre Treille .
réalisation des costumes Nelly Geyres .
son Antoine Garry

Pratique

Mardi 24 janvier à 20h30
Théâtre de Cavaillon
durée : 1h 10
Tarifs : 26 € / 21 € / 18 € / 10 €
Billetterie en ligne sur theatredecavaillon.com
ou 04 90 78 64 64
du lundi au vendredi de 11h à 18h


Pierre Aimar
Mardi 17 Janvier 2012
Lu 638 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 24










Inscription à la newsletter