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Sabrina Biancuzzi, Limbes, Galerie La Ralentie, Paris, du 30 mai au 20 juillet 2012

L’exposition « Limbes » réunit trois séries de Sabrina Biancuzzi. La Galerie La Ralentie propose un dialogue entre gravure et photographie, une plongée dans une matière onirique, rendue tangible et tactile par le geste de l’artiste.


Sabrina Biancuzzi, Limbes, Galerie La Ralentie, Paris, du 30 mai au 20 juillet 2012
Cette incursion dans des mondes imaginaires ou métaphysiques est au centre de l’oeuvre de Sabrina Biancuzzi. La notion de « limbes » lui convient particulièrement. Elle convoque, dans son acception sacrée, l’attente de rédemption des âmes perdues, et notamment celles des enfants. De manière plus contemporaine les limbes nous renvoient à un état vague, indéterminé, indécis, tout aussi bien enclin à glisser vers le néant que vers la lumière.

Federico Fellini évoque les limbes comme élément central de la création artistique : « Ce sont ces limbes, cette frontière entre le monde du tangible et de l’intangible, qui sont vraiment le royaume de l’artiste. » C’est ce territoire qu’explore depuis plusieurs années Sabrina Biancuzzi. Une quête artistique et intime.

Exposée pour la première fois dans une large proposition, la série « Impression onirique » matérialise la nature même du rêve. Composée de pièces de différentes techniques (vernis mou, aquatinte, eau-forte, pointe sèche, collagraphie, carborundum, monotype…), elle mélange les techniques sur une ou plusieurs plaques. La finalité étant souvent le résultat de plusieurs passages sous presse.

Le relief, la matière, la tonalité interrogent l’essence du rêve, son expression physique. Sabrina Biancuzzi restitue dans ses gravures une texture onirique que nous éprouvons avec elle. Sensiblement. Mentalement.

On y décèle ou perçoit parfois des formes humaines, animales ou hybrides. Elles semblent flotter dans un monde aquatique aussi bien qu’aérien, mais aux confins d’un univers lointain. Ses réminiscences nous indiquent une présence constamment latente, étrangement familière et pourtant insaisissable. Sabrina Biancuzzi donne formes et corps à ces mouvements, ces émotions – angoisses, peurs, joies – qui traversent l’inconscient. Elle les invite dans une incarnation libre, non contrainte, et respecte leur profondeur, leur fluidité, leur fragilité.

Dans sa recherche de matière et de tonalité, Sabrina Biancuzzi répond à la question de la couleur et de la mémoire des nuits. Ses estampes sont les reliques d’une contrée éloignée, elles restent hors du temps, dessinent le souvenir de parcelles inexplorées, souvent enfouies. Elles sont un lien, un pont entre nos deux mondes. Entre psyché et réalité.

Galerie La Ralentie
22-24 rue de la Fontaine au Roi
75011 Paris
+33 (0)1 58 30 68 71
galerielaralentie@yahoo.fr
du mardi au samedi, 14h-19h
www.galerielaralentie.fr


Pierre Aimar
Mardi 15 Mai 2012
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