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Per Kirkeby et Cy Twombly au Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, en 2012

Deux expositions importantes au Palais des beaux-Arts de Bruxelles en février : Cy Trombly du 1er février au 29 avril 2012 et Per Kirkeby du 10 février au 20 mai 2012


Per Kirkeby. And the forbidden paintings of Kurt Schwitters 10.02 > 20.05.2012

Per Kirkeby, Cossus ligniperda, 1989 © Kunstmuseum, Aarhus
Per Kirkeby, Cossus ligniperda, 1989 © Kunstmuseum, Aarhus
Le Palais des Beaux-Arts présente une rétrospective de l’oeuvre de Per Kirkeby (°1938), peintre majeur de l’avant-garde danoise. Mais que faut-il entendre par avant-garde : rupture, minimalisme, abstraction, emprunts, détournements ? On retrouve tout cela dans une oeuvre prolifique qui démarre dans les années 60 dans le sillage du mouvement Fluxus. Mais il ne s’agit là que d’un versant d’une oeuvre très diverse qui puise tout autant dans la figuration des classiques danois que dans les expérimentations des maîtres français du XIXe siècle, comme Eugène Delacroix. Kirkeby ne peut ni ne veut être classé, préférant questionner sans relâche la position et les perceptions de l’observateur. Un processus artistique qui se déploie sur différents supports (toiles, tableaux noirs, papiers, bronze, etc.) ; une affirmation de la liberté qu’il retrouve, lui le géologue de formation, dans une nature omniprésente. L’enclave Kurt Schwitters prend alors tout son sens. Kirkeby n’y est pas confronté au dadaïste, mais à un Schwitters méconnu, figuratif, épris de paysages. « Peintures interdites »… au regard du mainstream moderniste. Et le Danois d’y reconnaître son propre credo : l’affirmation viscérale de sa liberté d’artiste.

Cy Twombly. Photographs 1951-2010. 01.02 > 29.04.2012

Cy Twombly, Interior, 1980, Rome, Courtesy Schirmer/Mosel
Cy Twombly, Interior, 1980, Rome, Courtesy Schirmer/Mosel
Fait plutôt rare sur la planète contemporaine, vous allez découvrir l’exceptionnel travail photographique de l’artiste américain, surtout célébré pour sa peinture à la graphie singulière, spontanée, colorée, presque primitive, scandant sur la toile les noms des héros mythologiques et ses poèmes fétiches. Mais il n’y a aucune rupture entre sa peinture et cette centaine de polaroïds, retravaillés à la photocopieuse à pigments. Plutôt un autre regard sur son oeuvre et sa démarche artistique. Cy Twombly avaient sélectionné ces derniers pour son dernier ouvrage, publié cet été à Munich, juste avant sa mort. Ils seront ici confrontés à un choix pertinent de peintures et de dessins, ainsi qu’à un film sur Twombly de la Britannique Tacita Dean. Dès les années ’50, l’artiste saisit ses propres oeuvres, tel Richter ou Brancusi. Armé de son polaroïd, autofocus débrayé, il poursuit ensuite sa réflexion permanente sur la lumière, les pleins et les vides, la rature, l’abstraction. Agrandis à la photocopieuse, ses flous s’accusent et renforcent cette dimension onirique du temps et de la durée. Et cet anti-Cartier-Bresson de retravailler inlassablement sa propre écriture du réel, et d’en décupler les significations.


Pierre Aimar
Jeudi 15 Décembre 2011
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