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Paris, théâtre : GUANTANAMOUR, de Gérard Gelas. Vingtième Théâtre. 7-27 avril

GUANTANAMOUR : présenté pour la 1ère fois à Paris.
Après six ans de tournée et plus de 200 représentations en France et à l’étranger, ce spectacle se situe toujours, hélas, dans un brûlant présent. Ce texte de Gérard Gelas a été sélectionné pour le « Festival du Théâtre Français » à Rome, à l’occasion duquel il a été traduit et monté en juin 2006 au Teatro Belli, dans une mise en scène de Sebastiano Bianco.


GUANTANAMOUR - Une pièce bouleversante d’humanité

Texte publié aux Éditions Autres Temps - Préface de Ricardo Montserrat - Agence littéraire Drama, Suzanne Sarquier.
Guantánamo, sur l’île de Cuba. Un lieu secret, sans droit ni loi, une zone interdite.
Deux hommes dans une cage grillagée. Le face à face en huis clos entre un G.I. et un prisonnier, membre présumé d’Al Qaïda. Rassoul et Billy Harst : deux êtres que tout sépare et que tout oppose.
« Vainqueur et vaincu, frères en frères disparus... ».
Deux victimes ? Deux coupables ? Non, deux humains instrumentalisés. Intégristes, chacun à leur manière, et pourtant désintégrés par leur propre passé, un passé qu’ils portent en eux comme une guerre civile.
Une semblable désespérance, une commune révolte contre leur destin vont rapprocher ces deux hommes.
Petit à petit, couche par couche, l’auteur - metteur en scène leur fait quitter les oripeaux de la guerre, les idées reçues, les haines installées. Par le miracle des mots, des gestes et de la proximité forcée, il leur fait découvrir leur commune humanité. Ce qui arrive à l’un concerne alors l’autre.
Théâtre politique ? Pas seulement, car ici, la poésie transcende la réalité.

du 7 mars au 27 avril 2008
du mercredi au samedi à 21h30
dimanches à 17h30 - jeudis à 14h30
relâches lundis et mardis
au VINGTIÈME THÉÂTRE
7, rue des Plâtrières - Métro Ménilmontant
Réservations du mardi au samedi de 14h à 18h
01.43.66.01.13 - www.vingtiemetheatre.com

Pourquoi GUANTANAMOUR ? - Note de l’auteur

« Dans l’après 11 septembre 2001 et encore sous le coup de cet inouï acte de barbarie, j’ai écrit cette pièce trois mois seulement après l’ouverture par les américains du bagne de Guantánamo. Ce texte est en quelque sorte l’une des conséquences de ces fameux dégâts collatéraux que l’on nomme ainsi pour habiller d’une respectabilité « soft » les tragédies humaines engendrées par les guerres.
A cette époque, en février 2002, je ne dispose d’aucune information sur cette zone de non-droit qu’est la base « X-Ray », à Guantánamo, sur l’île de Cuba. Je ne possède alors qu’une photo, trouvée sur le site internet du journal Le Monde, sur laquelle figurent des hommes en tenue orange du couloir de la mort, détenus dans des cages grillagées.
Ce sont les voix étranges de la création théâtrale qui m’ont amené à faire du prisonnier présumé d’Al Qaïda un jeune garçon de la banlieue lyonnaise, à décrire certains sévices, à imaginer une fraternisation entre deux hommes qu’apparemment tout oppose.
Aujourd’hui, en 2008, six ans après, tout cela s’est vérifié… Mais là n’est pas le plus important pour moi.
Ce qui m’importe, c’est d’avoir pu donner vie, sur une scène de théâtre, à une rencontre entre deux êtres humains qui nous disent, du fond de leur prison, qu’il y a peut-être autre chose à faire sur cette terre que de se détruire mutuellement ; qu’il y a urgence à se parler malgré tous les interdits, toutes les idéologies qui, aux quatre coins de la planète, dressent les hommes les uns contre les autres. »
Gérard GELAS.

Gérard GELAS en bref

Gérard Gelas
Gérard Gelas
Gérard GELAS
Auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre du Chêne Noir depuis 40 ans, Gérard Gelas a fondé ce lieu emblématique d’Avignon en 1967.
C’est en effet en 1967, en marge du Festival, alors que le « off » n’existe pas encore, que Gérard Gelas et sa compagnie du Chêne Noir présentent leur premier spectacle : L’Homme qui chavire. Quelques mois plus tard, il s’apprête à créer La Paillasse aux seins nus avec Daniel Auteuil, mais sa pièce est immédiatement censurée et interdite par le préfet du Gard.
En 1971, il investit une chapelle désaffectée du XIIème siècle : la chapelle Sainte-Catherine, tout près du Palais des Papes. Depuis lors, les salles Léo Ferré et John Coltrane, ainsi que la cour Antonin Artaud de cette chapelle devenue « Théâtre du Chêne Noir », ont permis au public avignonnais de découvrir les plus grands noms de la scène française et étrangère.
En tant qu’auteur, ses textes naissent dans l’urgence et la nécessité, en fonction des évènements sociaux, des scènes de la rue, des conversations, des chemins secrets qui unissent ou séparent les êtres.
Sociétaire de la Société des Auteurs, son parcours, jusqu’à ce jour, compte une soixantaine de créations dont grand nombre de ses propres textes : Vivre Debout, Marylin, Miss Madona, La Befana, Chant pour le Delta, la lune et le soleil, Lili Calamboula, Orphée 2000, Virgilio, l’exil et la nuit sont bleus, La Légende des Mille
Taureaux, La barque, Noces de sable, Ode à Canto, Guantanamour, Radio mon amour…
Il adapte pour le théâtre Fernando Arrabal, Yashar Kemal, René Depestre, Charles Perrault, Antonin Artaud, Frédéric Mistral, certains contes du Jataka… et met en scène des auteurs aussi divers que :
Mishima, Fassbinder, Brecht, Tchekhov, Camus, Weiss, Musset, Haïm, Molière, Varoujean, Mirbeau, Quint,
Beaumarchais, Feydeau,…
Les créations du Chêne Noir sont jouées dans toute la France et à l’étranger, des plus grands festivals
nternationaux aux plus petites scènes de villages ou de quartiers.

Actualité 2008
- Parution : Je broie du bleu, roman, 1er volet de la trilogie L’ombre des anges Éditions Transbordeurs, diffusion Le Seuil.
- à l’invitation de Mohammed Driss, directeur du Théâtre National de Tunis et du Festival de Carthage : création de L’Orestie, réécrite par Gérard Gelas, présentée au T.N.T. (en langue arabe et française).


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pierre aimar
Mardi 19 Février 2008
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