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Paper art - Interaction, musée Campredon, L'Isle sur la Sorgue, jusqu'au 9 juin 2012

Henri Laugier, Géraldine Gonzalez, Andreas Kocks, Maryline Pomian, exposent leurs œuvres en papier dans l'hôtel Campredon. Une exposition étonnante de légèreté et de poésie.


Henri Laugier

… Henri Laugier me paraît d’abord épris du plaisir de composer avec les matériaux les plus simples qui soient : le papier coloré ou imprimé, le carton, les textiles. À partir de là tout peut commencer.
Plaisir illimité. Trouvailles infinies. S’élabore à chaque fois une combinaison inédite entre graphisme et chromatisme, l’un relayant l’autre sur des surfaces où, de leur dépaysement, naissent de nouvelles relations, hors de l’usage fonctionnel : l’écriture ne servant plus à communiquer, la musique à être notée ou jouée, la couleur à exprimer ou à illustrer. Des liens nouveaux se tissent lors de ces rapprochements spontanés ou réfléchis, des liens d’une autre nature, des liens esthétiques, c’est-à-dire destinés à produire un objet plastique qui aura désormais son unité propre indépendamment de la particularité individuelle de ses constituants…
Jean-Pierre Geay, In « Henri Laugier et l’art subtil du collage », Ed. Comme si. Juin 1994
Henri Laugier, Mur Papier, carton collage, 2011
Henri Laugier, Mur Papier, carton collage, 2011

Andreas Kocks

De temps en temps, on voit une chose si radicalement nouvelle, si saisissante qu’il est impossible de détourner le regard. C’est précisément ce qui se produit dés que l’on pose les yeux sur In the Beginning ou sur Cannonball, deux oeuvres maîtresses de l’artiste allemand Andreas Kocks. [...]
Ces « oeuvres de papier » ne font pas que capter l’attention, elles vous sautent littéralement aux yeux et vous laissent
momentanément hypnotisé, incapable de regarder autre chose. [...]
Andreas Kocks, Paperwork #1151G Courtesy Andreas Kocks and Winston Wätchter Fine Art New York, 2011
Andreas Kocks, Paperwork #1151G Courtesy Andreas Kocks and Winston Wätchter Fine Art New York, 2011

Maryline Pomian

A partir d’un matériau à peine tangible, une sorte de degré zéro de la matière, à partir d’une très quelconque feuille de papier à cigarette à laquelle elle insuffle vie à force de froissages et défroissages, ronde d’inspirs et d’expirs, Maryline Pomian sculpte l’air. Elle crée des oeuvres graphiques empreintes de poésie où s’enchevêtrent jeux d’ombres et de lumière, où s’équilibrent les vides et les volumes, oeuvres de quasi-ascèse et d’architecte...[...]
Soucieuse de ne pas verser dans la préciosité, quand bien même la fragilité du papier dit l’émouvante vulnérabilité du vivant et combien celle-ci le rend précieux justement, elle ouvre une nouvelle phase dans son travail in situ en réalisant des oeuvres en extérieur, les exposant à une lente désintégration, aux ravages du vent et de l’eau,
manière une fois encore de détourner la destinée de ce papier initialement conçu pour ne devenir que cendres.
Mais quels que soient la forme, le format ou le mode de présentation des oeuvres, demeure la quête de l’artiste : une quête d’absolus qu’elle sait n’être qu’éphémères, une interrogation constante sur le Temps dans ce qu’il a de paradoxal, à la fois évanescence et durée sans bornes, ce paradoxe du Temps qui ne saurait être mieux capté que
par ce papier presque impalpable dont la plasticité est pareille à une peau - la peau qui est un texte, messagère de l’âme, selon Bachelard.
Bertrande Barousky. Décembre 2009
Maryline Pomian, D’outre-ciel © maryline pomian
Maryline Pomian, D’outre-ciel © maryline pomian

Geraldine Gonzalez

Mieux que le tissu, mieux que la peau elle-même, le papier cristal épouse les formes et les révèle en les sublimant.

Sculpteur, Géraldine Gonzalez trouve un jour le matériau adapté à ses rêves : léger comme une plume, délicat et poudré comme l’aile d’un papillon, mouvant comme un reflet dans l’eau et fin comme une seconde peau.

Le papier cristal.
La rencontre a eu lieu très tôt, dans l’atelier d’une mère pastelliste qui protège ses fragiles créations sous des feuilles crissantes et douces sous les doigts. La petite fille ne sait pas encore que le froissement du papier, la finesse de son toucher, sa transparence inspireront ses créations futures : parures de fête, envols d’oiseaux, arbres échappés d’une bande dessinée futuriste, souliers de fée ou encore, méduses lumineuses au corps translucide. Du blanc nacré, du mauve, du rose ou du gris perle ; les couleurs comme les formes, célèbrent la transparence, l’aérien, l’impalpable. Mieux que le tissu, mieux que la peau elle-même, le papier cristal épouse les formes et les révèle en les sublimant. Plissé ou ajusté sur une armature, il acquiert une texture soyeuse, lisse et sensuelle qui attire l’oeil et la main. Pièces uniques pour amoureux d’objets poétiques, accessoires pour défilés de mode ou vitrine de luxe : Géraldine Gonzalez recrée un monde en trompe-l’oeil où les objets paraissent encore plus beaux « qu’en vrai ». Comme au théâtre, ou comme en rêve.
Martine Paulais in « Papier créations et métamorphoses » 2006
© Géraldine Gonzalez
© Géraldine Gonzalez

Pratique

Ouverture au public du mardi au samedi
10h-12h30 / 14h-17h30
Fermeture des caisses à 17h

Général : 6 Euros
Réduit : 5 Euros (étudiants, groupes de 10 personnes minimum )
Gratuit : L’Isloises et L’Islois, chômeurs, Rmistes, les moins de 14 ans
(hors groupes scolaires) et personnes à mobilité réduite

CAMPREDON centre d’art
20, rue du Docteur Tallet
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
04 90 38 17 41
www.islesurlasorgue.fr


Pierre Aimar
Lundi 12 Mars 2012
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