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Nouveauté Discographique - Dessi et Armiliato au festival Puccini, par Christian Colombeau

La Fille du Far-West relève, pour la plupart des mélomanes français, du domaine de l’inconnu. Ecrasée par l’immense popularité de Tosca ou Butterfly, accusée tour à tour de « debussysme « invraisemblance et même absence d’airs de bravoure, on relèvera quand même que Puccini s’achemine lentement mais sûrement vers les complexités orchestrales de Turandot.


Pour les chanteurs, seulement...

Nouveauté Discographique - Dessi et Armiliato au festival Puccini, par Christian Colombeau
Sa tenancière de bistrot et son Far-West de cinéma ont leur part de fantaisie : on lit la bible, on joue aux cartes, on se bat, tire au revolver… De quoi amuser un public festivalier friand de grandes fresques visuelles et de horse opera…
Seulement voilà. Ne peut chanter Minnie qui veut. Il faut une puccinienne chevronnée qui ne bronche pas devant un rôle écrasant qu’il faut rendre vraisemblable, une vraie artiste qui sait produire sans faille plusieurs contre-uts insolites et fort exposés. Alors disons d’emblée que Daniela Dessi se sort avec honneur de ce personnage terrifiant. La voix est puissante, expressive, très individualisée. Une grande leçon de chant.
En excellente forme vocale, son époux, Fabio Armiliato, chante avec intelligence et musicalité, sous des allures de bandit sorti d’un western-spaghetti, un Ramerrez plus vrai que nature. Et quelle sensibilité dans le grand air du III. Tout y est : héroïsme, passion, sensualité…
Lucio Gallo, qui s’est fait une tête de sherrif très troisième couteau et semble avoir appris le personnage chez Sergio Leone, fait valoir lui aussi de fort beaux aigus de baryton. Il donne en plus une dimension épique au grand duo du II avec l’héroïne.
Autour de ce trio majeur, une troupe nombreuse aussi bien chantante que disciplinée. Une mention pour le Nick de Massimo La Guardia bien en place et fort bon comédien.
La Fanciulla est aussi opéra de chef. Alberto Veronesi, ne couvrant jamais les voix, dirige, d’une baguette énergique, en amoureux évident, cette partition brillante et complexe proche parente de Strauss et Wagner.
Et le spectacle alors ? La mise en scène d’Ivan Stefanutti avec ces mises en place et ces mouvements classiques reste hyper traditionnelle. Torre del Lago nous a également habitué à mieux au niveau costumes. La belle Daniela aurait dû refuser d’en porter certains. Captation honnête, mais les affreuses pustules frontales (micros) dont sont affublés tous les chanteurs gâchent aussi un peu le plaisir. Minimes réserves.
Livret de 32 pages bien illustré. Textes (en trois langues, anglais, français et allemand) intéressants. Sous-titrage en quatre langues (français, anglais, allemand et espagnol). Que demander de mieux ?
Christian Colombeau

LA FANCIULLA DEL WEST (Puccini)
Captation vidéo au Puccini Festival, Torre del Lago,
17-30 juillet 2005, par Michelangelo Rossi
1 DVD Arthaus Musik (production Rai Trade)



Christian Colombeau
Vendredi 7 Mai 2010
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