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Les Nègres, de Jean Genet, Espace Jean Poperen, Meyzieu, le 7 avril 2012

La Petite compagnie des feuillants présente Les Nègres, de Jean Genet, dans une mise en scène d’Emmanuel Dauma


Les Nègres est un poème sur la peau noire, sur l’identité, sur la Nature et la Nuit, un poème donné comme un cadeau d’excuse à la barbarie colonialiste. C’est aussi une fête joyeuse, du théâtre dans le théâtre, un hymne à la liberté. L'idée de génie de Genet, le théâtre absolu, la clownerie magistrale, c'est, face à cette cour grotesque de blancs singés par des noirs, des noirs qui jouent les noirs. Plus noirs que noirs, noircis au cirage noir.

« En 2006, je me penche sur Les Nègres de Genet. Je suis fasciné par les phrases, la structure de la pièce : une mise en abîme à l’infini, un hymne au Théâtre qui se déconstruit sans cesse, des adresses au public qui côtoient des moments où celui-ci est complètement oublié, des accidents, des surprises, de la trivialité et du sublime. Le tour de force d’arriver à écrire une clownerie sur une des plus grande barbarie de l’histoire du monde : le rapport entre les Noirs et les Blancs.

Je suis également fasciné par les images que Jean Genet propose, suggère : une lumière très vive de néons, des Noirs en fracs et robes de soirée très pailletées et du plus grand mauvais goût, qui alternent danse africaine et menuet de Mozart, et des Noirs maquillés en Blancs avec nos costumes traditionnels français : la robe d’église, la robe de juge, la robe de reine...

Ça me donne envie d’aller en Afrique, voir, si je peux travailler là-bas, avec des acteurs de là-bas. Par un concours de circonstances, je me retrouve au Bénin, à Cotonou. Par hasard au Dahomey, la porte de l’esclavage, l’endroit quasi mythique où Genet situe sa pièce.

Je réunis un petit groupe, on commence à travailler.

Il faut que j’arrive à répondre aux questions qui se posent 50 ans après l’écriture de la pièce, 50 ans après la décolonisation. Ne travailler qu’avec des Africains ? Mélanger des Noirs d’Afrique et des Noirs de France ? Tous, se mélanger…. Se mettre au même endroit, avec juste le poème entre nous, et se foutre des couleurs ! »

Emmanuel Daumas, metteur en scène

Durée : 2h15. A partir de 14 ans
Tarif plein : 12 euros / Tarif réduit : 10 euros, sur justificatif pour les étudiants de moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi, les titulaires de la carte Vermeil (plus de 60 ans), les collectivités et les groupes de plus de 10 personnes.

Samedi 7 avril 2012 à 20h
Espace Jean Poperen
135, rue de la République • Meyzieu


Pierre Aimar
Mardi 6 Mars 2012
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