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Le théâtre de Shakespeare enfin disponible en V.O., aux Editions Montparnasse

Six pièces filmées au temps de l'âge d'or de la BBC


Eternelle modernité du théâtre shakespearien

Le théâtre de Shakespeare enfin disponible en V.O., aux Editions Montparnasse
Sur leur lancée, celle d’une audace éclectique qui leur fait grand honneur, les Editions Montparnasse, s’attaquent aux pièces de Shakespeare enregistrées en studio par la BBC entre 1978 et 1985.
Voici, dans un coffret imposant – où manque juste un vrai livret de présentation regroupant distributions et plages des scènes - une première livraison de six DVD, premier opus d’une imposante collection à venir et qui regroupe ici rien moins que six chef-d’œuvre du grand Will : Titus Andronicus, Roméo et Juliette, Jules César, Hamlet, Troïlus et Cressida et enfin Othello.
Du théâtre filmé de manière académique ? Que nenni ! Plutôt six films aux mises en scène aérées, aux effets spéciaux soigneusement étudiés, aux décors évocateurs et costumes chatoyants, aux distributions irréprochables.
On s’habille chic en ces temps bénis à la BBC ! D’autant que dans les premiers rôles, le gratin des comédiens anglais a été retenu ! Pour les seconds rôles : Alan Rickman en Tybalt ou John Gielgud en chœur narratif dans Romeo, qui dit mieux ? Avec le recul, jolie découverte que les tourtereaux de Vérone (diaphane et hyperlyrique Rebecca Saire… mais, par contre, un tantinet chochotte le Roméo de Patrick Ryecart).
Charles Gray (Jules César) et Keith Mitchell (Marcus) semblent eux sortis tout droit du Colisée. Herbert Wise, excusez du peu, est aux commandes du péplum. La grandeur antique et tragique, pas l’emphase. Le moins connu Titus Andronicus avec Trevor Peacock et Sir Edward Hardwicke est d’une égale hauteur de ton et de tenue. La vengeance sous l’Antiquité, vue par le bon bout de la lorgnette, se vit ici avec délectation.
Pour le Hamlet (1980) dirigé par Rodney Bennett, trois heures quarante de bruits et de fureur. Derek Jacobi est l’antithèse de Laurence Olivier… Un rien trop académique. Claire Bloom en Gertrude lui ravirait presque la vedette. Un peu comme Glenn Close avec Mel Gibson…
De superbes travellings d’ouverture nous plongent au cœur de la tragicomédie Troïlus et Cressida, jouée en costume du XVIe siècle. Luxe du détail, ingéniosité des décors truffés d’escaliers, couloirs ou patios plus troyens que nature, précision de la direction de Jonathan Miller. Le cast masculin (à commencer par le rôle-titre) semble sortir d’un magazine de gay nounours. Spirituel, piquant et très drôle Charles Gray (Pandarus), équivoque en diable, que l’on croirait en chasse dans le Marais… Pour qui connaît sa Guerre de Troie, la vérité n’est pas loin…
L’Othello signé par Colin Lowrey permet à Anthony Hopkins et Bob Hoskins (Iago au poitrail velu qui va en faire frémir plus d’un et une) de jouer franc jeu la carte du mélodrame, et de nous faire un extraordinaire duo d’acteurs dans le genre faux cocu névrosé et traitre de mélodrame qui a pris ses leçons du côté du Boulevard du Crime.
Mais que l’ensemble se tient ! Débauche de costumes, de soies, de brocards, intelligente intériorisation des conflits, vus comme par indiscrétion, la lente jalousie s’emparant du Maure coule, cran par cran, nous faisant les voyeurs malsains d’une course à l’abîme meurtrière, aux évidents relents d’amitiés torturées pour les deux protagonistes.
Un rien en retrait dès lors la Desdemone de Penelope Wilton. Qui sort toutefois de belle manière son rôle des traditionnelles oies blanches cul-cul la praline.
Christian Colombeau


Christian Colombeau
Lundi 9 Janvier 2012
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Commentaires articles

1.Posté par LARDET Jacques le 30/01/2012 19:17
Merci aux éditions Montparnasse pour cette intiative attendue depuis presque 30 ans.

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