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Le Bonheur avec Marie-Anne Chazel, Sam Karmann au Théâtre du Gymnase - Marseille, du 14 au 18 janvier 2014

Qu’est-ce que le bonheur ? De quoi est-il fait et comment y parvenir ? Né des émotions qui nous assaillent et souvent nous perturbent… n’est-il pas à inventer chaque jour ?


Louise a cinquante ans, divorcée, sans enfant, plutôt de gauche. Alexandre a le même âge, des enfants, est presque divorcé et plutôt de droite. Ils se rencontrent un soir, se retrouvent le matin dans les draps froissés, perplexes, dubitatifs, trop vieux pour croire à l’amour fou, mais pas assez pour se dire plus jamais. Une histoire vieille comme Adam et Ève. Mais inépuisable et jamais éculée lorsqu’un auteur trouve le ton juste et revivifie les situations mille fois répétées. Et c’est bien comme cela, l’amour, la vie, la mort restant des mots qui plus ils roulent plus ils amassent mousse. Certes, plus le temps a passé, plus on a multiplié les expériences, plus il convient pour chacun des partenaires d’y mettre un peu du sien que l’on n’a pas franchement envie de mettre non plus.

Louise fonce, Alexandre reste défiant, telle Circée retenant Ulysse, elle l’agresse : « Je ne supporte pas les types qui débarquent, consomment et repartent ». Il restera, elle et lui rejouent un condensé des pièces de Marivaux où dire je t’aime quand on aime est un exploit digne de la montée de l’Everest. On en dit pourtant des paroles, des vachardes, des tendres, des lâches, des mensongères, des drôles, des graves. Le temps passe et dans ce couple et ce moment on retrouve avec humour et agacement, avec sympathie et détes- tation un petit quelque chose que l’on a vaguement connu, éprouvé, rencon- tré, recherché, repoussé, un petit refrain chabada bada… Bonheurs et souffrances, blessures et réjouissances, exaltations et résignations. S’il faut un auteur pour trouver de l’intérêt à ces escarmouches mille fois pratiquées, il faut aussi de sacrés comédiens pour exécuter les pirouettes verbales et les acrobaties sentimentales.

Note d’intention
De son théâtre Marivaux disait : « j’ai cherché toutes les niches où pouvait se cacher l’amour et mes pièces ont pour but de le faire sortir de chacune d’elles ». J’ai parfois le sentiment qu’Eric Assous est dans cette préoccupation !
C’est la dixième pièce de lui que je mets en scène et c’est toujours une découverte…Il semble inépuisable sur le thème de l’enjeu du couple et ses conséquences. Dans Le Bonheur, il parle de ce moment si douloureux du dernier amour possible…
Peut-il y avoir un émoi à plus de cinquante ans ? Peut-on encore rêver ? Des questions angoissantes…Assous les rend drôles, réjouissantes, réconfortantes…C’est la magie du verbe… !
Puis les comédiens, Marie-Anne et Sam prennent le relai de l’auteur, en nous offrant avec raffinement toute la palette de leur talent…
Jean-Luc Moreau

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Pierre Aimar
Lundi 6 Janvier 2014
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