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La Damnation de Faust, Hector Berlioz, à l'Opéra de Lyon du 7 au 22 octobre 2015


Le propos de Guy Cherqui

Un objet musical non identifié
Dans sa volonté de raconter un univers mêlant réel et irréel, opéra et oratorio, terrestre et divin, en bref la totalité, et de faire de cette histoire une sorte de parabole musicale, de retable sonore mêlant humain et divin, Berlioz a-t-il péché par hybris, cet orgueil qui punit Prométhée voulant égaler les Dieux ? Car l’échec premier de La Damnation de Faust semble bien né de ce désarroi du public devant un objet musical non identifié. Ce doute qui justifie le destin de La Damnation de Faust, tantôt oratorio, tantôt spectacle, avec sa dramaturgie éclatée, ses tableaux juxtaposés, c’est ce qui intéresse David Marton, qui termine la sa Trilogie initiée par Capriccio et continuée par Orphée la saison dernière. Il propose une vision guidée par la passion et la sensualité de la musique de Berlioz plus que par le Faust de Goethe ; c’est bien le rêve berliozien qu’il s’agit de mettre en scène. C’est bien la musique avant le texte originel de Goethe qu’il s’agit de penser.

Penser la musique
Penser la musique, pour David Marton, c’est essayer d’exprimer un univers scénique qui corresponde a ce « penser grand » si berliozien, et de faire se confronter réel et imaginaire dans une vision politique centrée sur le comportement des masses, pour illustrer le rôle des chœurs sans doute plus importants que les solistes dans l’économie de l’œuvre, mais aussi de travailler sur la question du double, abordée dans Orphée et reprise dans La Damnation de Faust en faisant de Méphisto et Faust les deux faces d’un même personnage. Ainsi, dans un décor unique de Christian Friedländer, de monde abandonné, un peu inquiétant, sont réunis des éléments hétéroclites qui répondent un peu a l’organisation de l’œuvre, faite d’ellipses et de surgissements, dans l’unité d’un lieu théâtralisé (que Marton avait si magistralement traité dans Capriccio), réel et rêvé, mais traversé par un univers délabré, sans doute touché par la guerre, ou passé et présent se rencontrent. Marton travaille sur l’univers musical de Berlioz, essayant par le regard de révéler la puissance ensorceleuse et évocatoire de la musique.

La distribution
Kazushi Ono dirigera avec son sens de la rigueur sonore une distribution très séduisante. Charles Workman qui chante aussi bien le répertoire baroque que les héros post-romantiques, après avoir été Alviano des Stigmatisés pendant la saison 14-15, sera un Faust à la poésie et à l’élégance innées. Après avoir été Fieramosca de Benvenuto Cellini à Amsterdam, Laurent Naouri rencontrera encore Berlioz dans Méphistophélès, tandis que Kate Aldrich, après Idamante et Carmen à Lyon récemment, incarnera Marguerite, l’héroïne malheureuse et éthérée destinée au paradis berliozien.

Distribution

La Damnation de Faust, Hector Berlioz
Légende dramatique en quatre parties, 1846
Livret d’Almire Gandonnière et du compositeur, d’après Faust de Goethe
En français
Durée : 2h30 environ

Direction musicale :
Kazushi Ono, Philippe Forget
Mise en scène :
David Marton
Dramaturgie :
Barbara Engelhardt
Décors :
Christian Friedländer
Costumes : Pola Kardum
Lumières : Henning Streck
Chef des Choeurs :
Philip White

Faust : Charles Workman
Marguerite : Kate Aldrich
Méphistophélès : Laurent Naouri
Brander : René Schirrer
Orchestre, Choeurs et Maîtrise de l’Opéra de Lyon

Les dates

Octobre 2015
mercredi 7 - 20h
vendredi 9 - 20h
dimanche 11 - 16h
mardi 13 - 20h
jeudi 15 - 20h
dimanche 18 - 16h
mardi 20 - 20h
jeudi 22 - 20h

Opéra de Lyon
Place de la Comédie
69203 Lyon cedex 01- France
+33 (0)4 72 00 45 00


Pierre Aimar
Lundi 24 Août 2015
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