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GYGI GRAVE de Fabrice Gygi, linogravures, lithographies, gravures multiples, objets, du 10 septembre au 10 novembre 2011 à l’URDLA (Villeurbanne)

L’histoire a été maintes fois racontée : c’est lors de l’impression pour la Schweizerische Graphische Gesellschaft (SGG) d’une linogravure – dont le format exceptionnel posait d’importants problèmes techniques qu’à l’automne 2002 Fabrice Gygi, accompagné de Christophe Cherix, fit ses premiers pas dans les ateliers de l’URDLA.


GYGI GRAVE de Fabrice Gygi, linogravures, lithographies, gravures multiples, objets, du 10 septembre au 10 novembre 2011 à l’URDLA (Villeurbanne)
Fabrice Gygi a représenté la Suisse aux Biennales de São Paulo (2000) et de Venise (2009), pourtant les expositions monographiques en France, hormis à la Galerie Chantal Crousel et lors de la rétrospective du Magasin (Grenoble, 2000), sont restées peu nombreuses.

L’accrochage à l’URDLA qui mêle estampes et pièces uniques permet d’appréhender les différentes voies que prend un artiste confronté aux techniques traditionnelles de l’estampe : pour mémoire, les expositions d’Assan Smati et de Jean-Claude Silbermann (2010).

Gygi grave ? Gygi grave depuis toujours… Le propos ne sera donc pas rétrospectif : nous avons écarté la mythologie personnelle : ceux qui s’intéressent aux liens entre la vie et les œuvres se reporteront au portrait sous forme d’entretien de Lise Fauchereau et aux conversations avec Christophe Cherix. La cohérence n’émane ni de la chronologie ni de l’anecdote biographique mais de la tresse des disciplines : que le visiteur s’arme de la réponse que Gygi fit à Christophe Cherix : « J’ai l’impression de retranscrire des choses que j’ai observées dans le monde. Je travaille un peu à la manière d’un peintre figuratif animé d’un vrai souci de réalisme. »

Certains motifs des estampes occuperont aussi le volume de la salle d’exposition : conversation à trois entre un objet de la réalité (absent), une transcription graphique et la sculpture. L’effacement des traces qui permettraient d’établir un ordre reste fidèle au désir de l’artiste : « Pour moi, un dessin était tout au plus une ébauche de gravure. J’ai d’ailleurs rapidement utilisé la lino comme une manière de gommer le dessin. Tu fais ton croquis au crayon sur la planche, tu l’affines avec un feutre, puis tu le finalises en le gravant. Une fois imprimé, toute trace manuelle a disparu. »
Le visiteur inventera sa lecture soit qu’il décide de s’attacher à la virtuosité de la main maniant la gouge, de repérer dans l’habileté qui confine parfois à la répétition mécanique l’erreur humaine, soit qu’il piste l’index pointé des figures du maître social ou sexuel. Chacun choisira son interprétation. Si l’exposition se limite à l’imprimé et au métallique, c’est que nous visions le frisson de la caresse froide du métal.
Cyrille Noirjean


urdla
Vendredi 23 Septembre 2011
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