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Fin de Fiesta à Séville du 11 avril au 21 septembre 2014 au MIAM, Sète

Si un catalogue imaginaire de l’art modeste pouvait inclure les souvenirs que les intellectuels européens ont collectés pendant leur Grand Tour, il faudrait réserver un chapître pour les collections de ceux qui passèrent par l’Espagne.


Fin de Fiesta à Séville du 11 avril au 21 septembre 2014 au MIAM, Sète
Avec l’arrivée du romantisme, ces voyageurs, principalement français et anglais, qui se rendaient en Afrique du Nord à la recherche des valeurs primitives, authentiques et disparues dans la civilisation européenne, finirent par découvrir en Espagne un orient proche. De leur récit, il nous reste un territoire idéal, peuplé de personnages et coutumes qui, avec le temps, se sont popularisés jusqu’à devenir des clichés persistants. Dans le jeu rhétorique de leur représentation, l’Andalousie assumera l’image de l’Espagne toute entière, de la même manière que Séville o°rira le scénario capital de ce monde du Sud alors « découvert ».

On a déjà beaucoup écrit sur l’image de Séville, la ville dans laquelle le mudéjar se travestit de baroque, et vice-versa. Une ville, capitale mondiale après la découverte de l’Amérique, vivant, depuis, la décadence de ces lieux qui se retrouvent attrapés dans leur passé à force de l’ignorer. Malgré cela, depuis 500 ans, Séville n’a pas cessé d’être le principal foyer d’activité artistique du sud de l’Espagne. Or, il est probable qu’aucune production artistique n’a jamais eu autant de projection internationale que celle qui s’est déroulée durant le XIXe siècle, l’école « costumbrista » sévillane, qui, au bout du compte, dressait le portrait et inventait ce qu’on attendait d’elle. Au XXe siècle, les timides essais de rénovation ont à peine pu dépasser les stéréo-types hérités de l’école costumbriste du XIXe. C’est plutôt le contraire qui arriva, avec la résurgence dans les années 30 et leur persistance plus tard durant l’isolement imposé par la dictature franquiste. Ce ne fut pas avant la fin des années 70 et les années 80, coïncidant avec la fin de la dictature et les débuts de la démocratie, que la scène artistique de la ville commença à secouer plus vivement ces clichés. C’est justement à ce moment du débat que se situe le regard proposé par cette exposition.

L’exposition du MIAM montrera les travaux de plus d’une trentaine d’artistes liés à la ville de Séville. De Martinez de León, artiste singulier qui condensa dans les lignes agiles de son personnage Oselito l’essence du « Populaire », aux a˛ches que Daniel Alonso réalisera pour son groupe de musique, cette exposition voudrait montrer la scène créative récente de Séville. Centrée sur la génération d’artistes qui apparaissent dans la ville dans les années 80 – durant ces années est abordée ouvertement la problématique du genius loci dans le contexte international –, l’exposition présente les œuvres et les auteurs qui incarnent le mieux un regard ironique et sans complexe sur les stéréotypes culturels. Un regard qui aidera peut-être à repenser, dans un monde culturel de profils dilués, la réalité et la fiction de toute identité établie. Curro González.

Artistes invités:

Rafael Agredano, Pilar Albarracín, Daniel Alonso, Atín Aya, Juan Sebastian Bollaín, Javier Buzón, Patricio Cabrera, Ricardo Cadenas, María Cañas, Manolo Cuervo, Salomé del Campo, Hervé Di Rosa, Pedro G. Romero, Israel Galván, Antonio Garrido, Alonso Gil, Victoria Gil, Curro González, Federico Guzmán, Anna Jonsson, Abraham Lacalle, Cristina Lama, Celia Macías, Jabi Machado, Gloria Martín, Andrés Martínez de León, Nazario, Guillermo Paneque, José Miguel Pereñiguez, Juan Carlos Robles, Juan A. Rodríguez Tous, Inmaculada Salinas, Alejandro Sosa, Antonio Sosa, 4Taxis, Ignacio Tovar
Fin de Fiesta à Séville du 11 avril au 21 septembre 2014 au MIAM, Sète

Pratique

MIAM
Musée International des Arts Modestes
23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny
34200 Sète France
+ 33 (0)4 99 04 76 44
miam@miam.org
www.miam.org


Pierre Aimar
Mercredi 19 Mars 2014
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