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Expositions Terre-Neuve – Terre-neuvas, du 19 Octobre 2013 au 19 avril 2014 à Rennes : L’aventure de la pêche morutière et à Saint-Brieuc : Le temps de l’absence Itinérance à Saint-Malo et Granville à partir de juin 2014

À la conquête du Nouveau Monde, les explorateurs du 15e siècle découvrirent d’incroyables trésors qui firent la fortune du Vieux Continent. Le cacao, le caoutchouc et la pomme de terre sont de ceux-là.


Photographie Lucien Beaugé, collection particulière
Photographie Lucien Beaugé, collection particulière
Mais il est une autre richesse que personne ne cite plus aujourd’hui : la morue. Et pourtant…
Cinq siècles durant, ce poisson des eaux froides de l’Atlantique Nord fut l’objet d’une formidable entreprise humaine, sociale et économique. épopée périlleuse au long cours, loin des rivages familiers de la Manche, la grande aventure de la pêche à la morue marqua en profondeur l’histoire et la mémoire des populations de Bretagne et de Normandie.
Au Canada, les bancs de l’île de Terre-Neuve et le golfe du Saint-Laurent furent un vivier foisonnant de poissons pour les pêcheurs européens. L’un des tous premiers navires en partance pour Terre-Neuve quitta Bréhat en 1508. Des milliers d’autres suivirent. Au point que l’île d’abondance finira par donner son nom aux marins venus sillonner ses hauts-fonds. On les appellera les Terre-neuvas jusqu’au dernier départ d’un chalutier malouin en 1992.

Des hommes
L’aventure humaine de la grande pêche à la morue fut aussi une formidable entreprise commerciale, menée à bien grâce aux capitaux de la bourgeoisie portuaire. Armements, négoces, sécheries… Passée de l’artisanat à la quasi-industrie, la pêche à la morue fut génératrice d’une économie et d’échanges de grande ampleur dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la construction navale.

Du 16e siècle à la fin du 20e siècle, l’exposition « Terre-Neuve – Terre-neuvas » retrace ce chassé-croisé de destins individuels qui naviguèrent au péril de leur vie pour la fortune d’un poisson.
Du golfe normand-breton aux eaux de Terre-Neuve, elle suit les bateaux sur le pont desquels se sont mêlés l’ histoire familiale et l’épopée mythique, le vécu intime et la mémoire collective.

Une vie
L’activité de la grande pêche morutière française à Terre-Neuve a duré près de 500 ans. De nombreux ports y participèrent. Ceux du golfe normand-breton – Saint-Brieuc, Granville et Saint-Malo en tête – furent les plus actifs. Des dizaines de milliers d’hommes des pays alentours s’engagèrent sur les bateaux. Certains équipages ne revinrent jamais.
En suivant la morue, les Terre-neuvas se sont inventés une nouvelle condition, scellée par l’éloignement, la fraternité ouvrière et les fortunes de mer. Ils ont exploré une terra incognita peuplée de populations autochtones. Ils ont développé un savoir-faire unique, adaptant les techniques de pêche à la demande croissante des armateurs.
Dans leur port d’attache, le départ des Terre-neuvas était vécu comme l’aube d’une absence, forcément trop longue et cause d’inquiétude pour les familles, restées à quai. Leur migration saisonnière a modifié la place des femmes dans la vie locale. Elle a créé de nouveaux rituels sociaux (pardons, fêtes, carnavals…) et stimulé la dévotion religieuse.

Entre terre et mer, l’exposition « Terre-Neuve – Terre-neuvas » met en relief l’importance de la grande pêche à la morue dans l’évolution des modes de vie, des traditions et des mentalités des sociétés de Bretagne et de Normandie.

Des souvenirs
Activité unique en son genre, la pêche à la morue s’est développée avec ses codes, ses outils, ses vêtements de travail, ses cartes de navigation… Conservées dans les musées, ces collections d’objets et d’écrits diversifiés, souvent inédits, incarnent une mémoire sensible encore bien vivante. Compas, coffres, maquettes de bateaux, photographies, huiles sur toile, archives filmées… Plus de 600 items témoignent de ce que fut l’aventure de la pêche morutière et comment fut vécu le temps de l’absence.

De l’hameçon au trois-mâts, l’exposition « Terre-Neuve – Terre-neuvas » donne à voir la vie des pêcheurs et de leur famille par le témoignage et les objets du quotidien, tirés des fonds de musées publics et de collections privées.

Un regard
Immortalisée par le héros du roman de Pierre Loti, Pêcheur d’Islande, la figure du Terre-neuva a nourri abondamment l’imagerie populaire et les représentations artistiques. La grande pêche, ses spécificités et ses périls ont fourni un sujet de choix aux peintres, aux écrivains et aux cinéastes. La veuve éplorée, le bagnard des mers, la frêle embarcation dans la brume glaciale… Autant d’images fortes qui ont forgé un souvenir et orienté un regard.

Entre mythe et actualité, l’exposition « Terre-Neuve – Terre-neuvas » met en scène la profusion d’images et de récits qui ont donné à voir la réalité, souvent fantasmée, d’un métier hors du commun.

Pratique

Musée de Bretagne
Les Champs Libres
10, cours des Alliés
35 000 Rennes
Horaires d’ouverture
Du mardi au vendredi de 12h à 19h et nocturne le mardi jusqu’à 21h
Samedi et dimanche de 14h à 19h
Fermeture les lundis et jours fériés

02 23 40 66 00
contact@leschampslibres.fr
www.leschampslibres.fr

Musée d'art et d'histoire
Cour Francis Renaud
Rue des Lycéens-Martyrs
22 000 Saint-Brieuc
Horaires d’ouverture
du mardi au samedi, de 10h à 18h (fermeture des galeries permanentes de 12h à 13h30)
dimanches et jours fériés, de 14h à 18h
Réservations obligatoires pour les groupes

02 96 62 55 20
musee@mairie-saint-brieuc.fr
www.mairie-saint-brieuc.fr


Pierre Aimar
Mardi 10 Septembre 2013
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