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Disparition du danseur et chorégraphe Merce Cunningham


Hommage de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication à Merce Cunningham

Merce Cunningham nous a quittés. Quelques semaines à peine après la disparition de Pina Bausch, la mort de ce grand artiste plonge le monde de la danse dans une affliction profonde, à la mesure de l’empreinte que laissera ce chorégraphe hors du commun.
Formé chez Martha Graham, avec laquelle il entretint une relation aussi riche que tumultueuse, Merce Cunningham, géant de la Modern dance, résolument novateur, proposait une « danse de l'intelligence » dont le danseur était le centre et dont le hasard dessinait les circonférences aléatoires.
Merce Cunningham, dont je n’oublie pas que la France, en la personne de Michel Guy, sut être l’un des premiers pays à l’accueillir, dans le cadre du Festival d’automne, avait construit un dialogue non seulement avec John Cage, mais avec nombre de compositeurs et artistes plasticiens, comme lui profondément ancrés dans leur temps.
Il avait su se confronter aux innovations technologiques : la vidéo dès les années 1970, l’informatique dès 1994, avec la création du logiciel de composition chorégraphique Life forms. Cette révolution dans l'écriture chorégraphique lui a permis d'engager un nouveau dialogue entre le réel et le virtuel, qui a bouleversé à jamais notre manière de voir la danse.
Infatigable, il s'est produit sur scène jusqu'à plus de soixante-dix ans, dans toute la vérité d’un corps sculpté et meurtri par l’exigence du danseur, jusqu’à sa dernière traversée du plateau empreinte de pudeur et de simplicité.
Son oeuvre poursuivra son destin, avec son ballet comme dans les institutions dont il a enrichi le répertoire, tel l’Opéra National de Paris.
Déjà, en avril dernier, la Biennale nationale de danse du Val-de-Marne avait donné l’occasion exceptionnelle de revoir ses oeuvres récentes : la saison prochaine du Théâtre de la Ville permettra de découvrir sa dernière création, nearly ninety.
La force grandiose des oeuvres de Merce Cunningham est éternelle, ses « formes de vie » resteront toujours, pour nous tous des leçons de vie.

Et celui de Bertrand Delanoë, Maire de Paris

C’est avec une profonde émotion que j’ai appris la disparition de Merce Cunningham.
Cet esprit visionnaire a offert au monde une nouvelle conception de l’art de la danse, empreinte d’une quête absolue de liberté. Merce Cunningham n’a pas seulement inventé une nouvelle poésie du mouvement fondée sur des codes inédits, il a proclamé tout au long de sa brillante carrière l’affranchissement total du corps.
Notre Ville et notre pays ont souvent eu la fierté d’accueillir, à l’Opéra Garnier et au Théâtre de la Ville notamment, les créations de Merce Cunningham, Officier de la Légion d'Honneur depuis 2004.
Au nom de Paris, et en mon nom personnel, je salue la mémoire de cette figure artistique mondiale et j’adresse à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de sa troupe, mes très sincères condoléances.


pierre aimar
Mardi 28 Juillet 2009
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