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Chorégies d’Orange 2011 : Interview de Tugan Sokhiev qui dirigera Aïda de Verdi les 9 et 12 juillet

"Je pense qu’Aida est l’ouvrage le plus représentatif du style verdien. Je l’ai souvent dirigé au théâtre Mariinski, à Saint-Pétersbourg. C’est vocalement très difficile pour les chanteurs, mais en même temps très lyrique. Il y a beaucoup de belles mélodies et une intensité dramatique très forte parce que les trois principaux protagonistes ont des caractères bien marqués. Les rapports entre Aida, Amnéris et Radamès sont extrêmement dramatiques."


Vous avez dirigé le Requiem de Verdi à Orange en 2008. Quel souvenir gardez-vous du lieu et du public ?
C’est une expérience incroyable. Le théâtre est vraiment magnifique, avec une atmosphère très spéciale. C’est un lieu historique et l’on ressent l’esprit qui s’en dégage. Jouer dans ce lieu requiert une grande exigence artistique.

Verdi tient une grande place dans votre répertoire ? Comment situez-vous Aida ?
J’adore Verdi. Non seulement tous ses opéras, mais aussi la musique qu’il a écrite pour les chœurs.
Je pense qu’Aida est l’ouvrage le plus représentatif du style verdien. Je l’ai souvent dirigé au théâtre Mariinski, à Saint-Pétersbourg. C’est vocalement très difficile pour les chanteurs, mais en même temps très lyrique. Il y a beaucoup de belles mélodies et une intensité dramatique très forte parce que les trois principaux protagonistes ont des caractères bien marqués. Les rapports entre Aida, Amnéris et Radamès sont extrêmement dramatiques.

Quel est votre répertoire de prédilection ?
J’ai un répertoire très large. Je ne veux pas me fixer sur le répertoire russe ou la musique française. Pour l’instant je prépare Aida, après je travaillerai sur un opéra de Tchaïkovski puis, avec l’Orchestre du Capitole, nous aborderons des symphonies de Haydn, de Mozart, de Beethoven et de Brahms qui seront jouées à Toulouse. C’est cette diversité qui m’intéresse.

Vous n’avez que trente-trois ans et vous dirigez les plus grands orchestres du monde. Quel est celui qui vous a laissé le souvenir le plus marquant ?
La Philharmonie de Vienne, parce que c’est un orchestre absolument exceptionnel, c’est la crème de tous les orchestres du monde ! J’ai un bon souvenir de travail avec la Philharmonie de Berlin, l’Orchestre Philharmonia de Londres avec lequel je collabore depuis 2000, le Concertgebouw, l’Orchestre de la Scala… Ma relation avec toutes ces formations prestigieuses est excellente et je les retrouve toujours avec un grand plaisir. Et à partir de 2013, je serai aussi directeur musical du Deutsche Symphony Orchestra.

Comment se sont nouées vos relations avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse ?
Mon premier contact remonte à octobre 2003 : j’étais alors chef invité. Dès que l’on a commencé à travailler, une bonne entente s’est tout de suite établie avec l’orchestre. J’y suis retourné en 2004 et ma bonne impression s’est confirmée. La Ville de Toulouse m’a alors proposé de prendre le poste de directeur musical à partir de 2008, après avoir été principal chef invité. Aujourd’hui, ma relation avec les musiciens est de plus en plus étroite. Je suis très satisfait de mon travail avec cette phalange qui est pour moi l’une des meilleures de France.

A Toulouse et dans sa région, nous avons une activité très importante, tant dans le domaine symphonique que lyrique, tournée vers les jeunes générations. Je pense que nos activités donnent une bonne image de ce que devrait être la culture musicale dans ce pays.

Dans le cadre de l’année franco-russe, nous avons donné des concerts à Saint-Pétersbourg. Ce fut l’occasion pour le public russe de découvrir cet orchestre français auquel il a réservé un accueil chaleureux. Nous en avons été d’autant plus heureux que c’est un public habitué à entendre de très beaux orchestres.

Quels sont vos projets immédiats ?
Fin janvier nous donnerons Les Fiançailles au Couvent de Prokofiev, au Capitole, puis nous nous installerons à l'Opéra-Comique avec ce même programme. Au printemps, nous avons une série de concerts symphoniques à Toulouse et un projet auquel je tiens beaucoup : Samson et Dalila, en version concertante. J’ai la chance d’avoir dans les rôles-titres Ben Heppner et Olga Borodina, certainement la meilleure Dalila aujourd’hui et il me paraît essentiel de présenter en France un opéra français. Dans la foulée, cet opéra sera repris Salle Pleyel.

Y a –t-il des ouvrages qui ne figurent pas encore à votre répertoire et que vous aimeriez diriger ?
Il y en a beaucoup ! Plusieurs sont en discussion, mais il est très difficile aujourd’hui de porter un projet lyrique, pour des questions financières principalement.

Vous retournez souvent diriger à Saint-Pétersbourg ? Oui, presque chaque mois, je dirige l’Orchestre du Mariinski. Depuis 1996, j’habite Saint-Pétersbourg où j’ai fait mes études de piano, puis de direction d’orchestre.
© Chorégies d'Orange 2011

Verdi, Aida (Réserver)
Théâtre Antique
9 juillet à 21h45
Report, en cas de mauvais temps, au 10 juillet
à 21h45

12 juillet à 21h45
Report, en cas de mauvais temps, au 13 juillet
à 21h45


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Pierre Aimar
Vendredi 4 Février 2011
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Commentaires articles

1.Posté par Heurteaux Claude le 16/07/2011 16:52
A l'interprétation d'Aîda à Orange ,j'ai remarqué une mauvaise synchronisation entre les trompettes et l'ensemble de l'orchestre lors du passage de la Marche triomphale . Cela est vraiment sensible au casque . Je n'ai jamais remarqué cette anomalie avec d'autres réalisations. J'ai 82 ans. C'est regrettable alors que l'ensemble de cette oeuvre était d'une qualité exceptionnelle.
Monsieur Heurteaux Claude

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