Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




C’est quoi, exactement, un musée d’ethnologie ? Exposition temporaire du 24 avril au 30 septembre 2015 à Salagon, musée et jardins, Mane (04)

Les musées dédiés à l’ethnologie comme Salagon ne conservent pas d’œuvre d’art mais des objets du quotidien. Collectés par les scientifiques au cours de leurs enquêtes de terrain, ces derniers nous racontent la vie d’une société ou d’un territoire à travers ses pratiques sociales et culturelles.


C’est quoi, exactement, un musée d’ethnologie ? Exposition temporaire du 24 avril au 30 septembre 2015 à Salagon, musée et jardins, Mane (04)
Au fil des siècles, une multitude de musées ont vu le jour tour à tour appelés « conservatoire », « musée d’arts et traditions populaires », « écomusée », « musée de société ». La diversité de ces termes pointe à la fois la richesse des pratiques et la difficulté de trouver une identité.

L’exposition temporaire C’est quoi, exactement, un musée d’ethnologie ? propose au public de mieux comprendre ce qu’est un musée d’ethnologie. Pour cela, les visiteurs sont invités à un voyage à travers un panorama historique des musées d’ethnologie, du musée des arts et traditions populaires au MuCEM. Ils pourront admirer plus de 300 objets représentatifs de la collection de Salagon avec pour thème la vie quotidienne, l’agriculture et l’élevage, la chasse et la pêche. Constitués à partir de collectes et de dons, ces objets évoquent la vie rurale en haute Provence. Il s’agit principalement d’objets modestes sans beauté spectaculaire ni richesse, témoins d’un monde en train de disparaître.

L’exposition temporaire interroge également les évolutions et le devenir du musée de Salagon, qui s’inscrit dans une histoire plus large. Proposée par la nouvelle équipe du musée, l’exposition pose un nouveau regard sur la collection de Salagon. En quoi ces objets nous éclairent-ils sur notre époque ? Comment articuler la recherche scientifique et la vie du musée ? Autant de questions évoquées lors de ce temps fort.

L’histoire des musées d’ethnologie

L’ethnologie naît à la fin du XIXe siècle à l’époque des empires coloniaux. Elle se définit d’abord comme l’étude des sociétés lointaines, désignées alors comme « primitives ». Les premiers musées d’ethnologie émergent dans le contexte des expositions universelles et coloniales. Parallèlement, des érudits locaux, des folkloristes se passionnent pour les sociétés rurales européennes, en recueillant les usages du passé, en collectant les objets anciens dans une quête des survivances. Les premiers musées d’ethnographie locale ont souvent été promus par des mouvements valorisant des identités régionales et voulant sauvegarder un monde rural ancien sur le point de disparaître. Avec le musée de l’Homme et le musée des Arts et Traditions populaires, le concept de musée-laboratoire s’élabore : il s’agit d’un grand musée où enquêtes de terrain et collectes scientifiques ont un rôle crucial. Le musée de Salagon est créé dans les années 1980 dans le contexte de la vogue des écomusées, ces musées associatifs, ancrés dans un territoire et en dialogue avec une population.

Que nous racontent les collections de Salagon ?
Au musée de Salagon, les collections rassemblées à partir des années cinquante par l’association Alpes de Lumière puis complétées par le Département des Alpes de Haute- Provence comportent des houes, des faucilles et des charrettes. Lors de l’exode rural qui vide après-guerre les campagnes, la haute Provence austère et pauvre ne peut retenir les jeunes gens qui rêvent d’une vie plus facile et confortable. Les villages se vident et la campagne se désertifie. Pierre Martel, avec l’association Alpes de Lumière, veut à la fois préserver ce qui reste encore d’un mode de vie ancien qui disparaît en quelques décennies et faire revivre la haute Provence en montrant sa richesse et sa beauté modeste. Pour cela, l’association collecte auprès des paysans, dans les décharges, obtient des donations.
Le résultat est un mélange à la fois hétéroclite et révélateur d’objets du quotidien, témoins de la vie des paysans de cette terre. Au total, plus de 15 000 objets ethnographiques sont recensés. Ces objets à la beauté souvent frustres racontent un rapport à l’objet bien éloigné du nôtre : on ne jette pas, on récupère, on recycle, on répare. Chacun d’entre eux nous permet de comprendre cette société si lointaine et si proche. En outre, Salagon possède aussi un fonds photographique ainsi que de très nombreux enregistrements sonores issus d’enquêtes menées sur le terrain.

La scénographie de l’exposition

L’exposition C’est quoi, exactement, un musée d’ethnologie ? est destinée à faire comprendre ce qu’est un musée d’ethnologie. C’est pourquoi, elle évoque toutes les étapes clefs qui préfigurent aux missions d’un musée : recherche scientifique, collection, conservation, valorisation, transmission. Toutes ces missions sont matérialisées au sein de l’exposition.
Après un rappel sur l’histoire des musées de société, le public est invité à observer plus de 300 objets tous issus de la collection de Salagon. Trois thèmes sont présentés dans la salle destinée à montrer les collections :
- les objets du quotidien (vêtements, cuisinière, assiette) témoins de la vie domestique des habitants de la haute Provence au XXe siècle.
- L’agriculture et l’élevage (cabane de berger, mangeoire à brebis, biberon, fer à marquer) principalement datés des années cinquante.
- La chasse et la pêche (cage à grives, matériel de pêche)
- Dans la dernière salle sont montrées toutes les facettes de la vie d’un musée actuel : la recherche qui alimente les collections, la conservation (matériel de conservation, objets conditionnés), les pistes d’exposition (forme et fonction ; autour du matériau : le verre), la transmission vers le public scolaire (projet d’une classe de l’école de Mane avec l’artiste Gilles Oleksiuk).

Au-delà des objets de collections, l’exposition utilise des supports audio et vidéo permettant au public d’appréhender le travail de l’ethnologue. Des enregistrements de Claude Levy- Strauss et Georges-Henri Rivière, mais aussi des enregistrements de chercheurs contemporains qui poursuivent les recherches sur la société de la haute Provence. Objectif : montrer ce que fait le musée de Salagon aujourd’hui en tant que centre de recherches.
L’exposition se situe dans les granges de Salagon. Répartie sur deux étages, elle s’étend sur 300 mètres carrés de surface

Pratique

Salagon, musée et jardins
04 300 Mane - Alpes de Haute-Provence
Tel : 04 92 75 70 50
info-salagon@cg04.fr
www.musee-de- salagon.com salagon.com


Pierre Aimar
Lundi 4 Mai 2015
Lu 182 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 198










Inscription à la newsletter