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Avignon Off. La Mulâtresse Solitude, d’après André Schwarz-Bart, adaptation, mise en scène Fani Carenco, Espace Roseau à 10h30, 7 au 30 juillet

Née vers 1772, Solitude est la fille d’une esclave africaine, violée par un marin sur le bateau du malheur qui la déportait vers les Antilles.



Elle connaît l’abolition de l’esclavage en 1794 et rejoint une communauté marronne de Guadeloupe. Lorsqu’en 1802 Napoléon Bonaparte, par une décision inique, rétablit l’esclavage à la Guadeloupe, Solitude se rallie à l’appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté « vivre libre ou mourir ». Survivante de la bataille du 8 mai 1802, enceinte, condamnée à mort, elle n’est exécutée par pendai¬son que le 29 novembre de la même année, le lendemain de son accouchement.
Figure emblématique et symbolique de la Guadeloupe et de la révolte des esclaves, Solitude nous interpelle encore aujourd’hui. Elle est une femme de légende. Une femme pour toutes les femmes, pour toutes les luttes.
Figure de résistance, figure de révolte, figure de femme : emblème de la lutte contre l’esclavage, la mulâtresse Solitude se dressera contre l’oppression et le paiera de sa vie.
Fani Carenco porte à la scène le roman d’André Schwarz-Bart, dans une atmosphère baignée de croyances antillaises.
La pièce est un diptyque : l’Afrique de Bayangumay, la mère, et la Guadeloupe de sa fille. Subir, et réagir.
Trois comédiens portent le récit de ce destin exceptionnel.

Adaptation et mise en scène : Fani Carenco
Interprètes
Marie-Noëlle Eusèbe / Solitude
Laure Guire / Bayangumay
Laurent Manzoni / L’homme

Assistante mise en scène : Lili Sagit
Chorégraphie : Francis Viet
Lumières : Nicolas Natarianni
Son et vidéo : Thibault Lamy
Production / Diffusion : Céline Chagnas
Production : La Grande Horloge
Coproduction
Bonlieu - Scène Nationale d’Annecy
Les Inachevés - Académie des savoirs et des pratiques artistiques partagées
Sous l’égide de la Fondation Bullukian
Avec le soutien de : Ministère des Outre-mer, SPEDIDAM et la Fondation Vinci

Fani Carenco - Adaptation et mise en scène

A l’origine de ce projet, il y a bien sûr la découverte d’un auteur et de son roman, qui m’a interpellée par sa beauté et son propos.
L’histoire des Antilles, celle de l’Afrique. Une femme en fait le lien. Ce n’est pas anodin. Les femmes, les mères. Mères dans la souffrance, à qui l’on refuse jusqu’à leur droit sur leurs enfants. Rosalie-Solitude est arrachée à sa mère. Solitude dont l’enfant est celui d’une morte.
J’ai été touchée par ce regard sur les femmes. Sujet de mes études, l’histoire des femmes reste encore aujourd’hui une part négligeable de la connaissance collective. Pourtant, de ces petites histoires naît la grande. Les féministes affirmaient : « le privé est politique ». Nous en avons là une douloureuse preuve.
Solitude, ce sont toutes les femmes qui se révoltent et donc qui sont l’humanité en marche.
Il y a derrière ce texte une volonté de parler des heures sombres de l’Histoire. De porter au théâtre une période inconnue, honteuse. Mettre en avant une souffrance universelle, interpeller les res¬ponsabilités de chacun, non seulement en tant que pays ou institution mais surtout en tant qu’être humain. Derrière la question évidente que pose cette oeuvre « qu’aurions-nous fait? » se pose celle de « qui sommes nous ? ».
Ce projet ne pourrait voir le jour sans le soutien et l’écoute de Simone Schwarz-Bart, femme admirable de fidélité et de lutte, femme de lettres et d’humanisme.

Pratique



Pierre Aimar
Lundi 10 Juillet 2017
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