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Arles, de une à dix-mille photos

Irais-je aux Rencontres d'Arles ? A petits pas. Non pas de ces petits pas dont on use avec parcimonie lorsqu'on se dirige vers une source d'eau claire. Mais de ces petits pas qui, à un orteil près, font plus reculer qu'avancer.


Les Alyscamps © PA
Les Alyscamps © PA

J'ai peur des images.
Non pas comme un iconoclaste byzantin qui vouait aux enfers, pardon, à l'Enfer, l'auteur de toute image d'homme, ou pire encore, toute représentation de Dieu.
Non. J'ai peur des images quad il y en a trop. Beaucoup trop. Que comprendre, que ressentir, que voir quand dans une salle sont accrochées 10, 20, 100 photos ? Comment assimiler une, deux, dix, quarante expositions éparpillées dans Arles ?
Nous voilà loin de ce que l'on recommande dans les salles de rédaction : "Doucement, Coco, un bon papier - qui sera lu - c'est une seule idée forte introduite d'emblée, développée et bien conclue."
Ne pas lasser le lecteur, l'intéresser dès l'intro, le garder jusqu'au bout du papier.

A Arles, où est "la" photo à voir ? Où est le chef-d'œuvre ?

Irais-je alors errer dans les Alyscamps ?
Rêverais-je en foulant les siècles à petits pas ?
Il sera bon de s"-'arrêter un instant, prendre une tombe comme siège, à l'ombre crissante des cigales.
Et rêver. De Rome. De conquêtes. De fureurs, d'armées en marche, d'immenses chantiers de théâtres, d'aqueducs, de foules surexcitées lors des jeux.
Rêver sans voir. En respirant l'air chaud et poussiéreux des Alyscamps.
Pierre Aimar


Pierre Aimar
Mercredi 5 Juillet 2017
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