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26 février au 6 juin 2010. Achille Laugé (1861-1944), le point, la ligne, la lumière au Musée de la Chartreuse à Douai

Achille Laugé (1861-1944) … une oeuvre de paix et d’harmonie, colorée et dépourvue de pathétique, lavée d’angoisse et d’amertume … (Pierre Cabanne évoquant Achille Laugé)


Le musée de Douai poursuit une politique d’exposition cohérente

permettant de découvrir ou de mieux connaître des artistes originaux - qui sans appartenir au panthéon restreint et universellement reconnu des plus grands maîtres de la peinture - ont travaillé dans leur sillage, souvent avec une grande liberté, en produisant des oeuvres de qualité appréciées en leur temps par la critique et les amateurs éclairés, parfois issus de la bourgeoisie locale, qui fréquentaient salons et ateliers. Pour mémoire, on peut citer les noms d’Aman-Jean, de Cross, de Le Sidaner ou d’Henri Martin, autant d’artistes accrochés depuis quelques années sur les cimaises des salles d’exposition du musée qui nous invite aujourd’hui à découvrir l’oeuvre d’Achille Laugé.

Achille Laugé, bio expresse

Achille Laugé. L’arbre en fleur, 1893, huile sur toile, 58 x 49 cm, collection particulière, courtesy galerie Hopkins-Custot. © DR. ADAGP
Achille Laugé. L’arbre en fleur, 1893, huile sur toile, 58 x 49 cm, collection particulière, courtesy galerie Hopkins-Custot. © DR. ADAGP
Originaire de l’Aude, Achille Laugé renonce très vite à ses études de pharmacie pour suivre les cours des Beaux-arts de Toulouse puis, en 1881, de Paris en compagnie de Bourdelle, Henri Marre et Henri Martin. Dès 1888, il rentrera dans son terroir natal qu’il ne quittera qu’à de rares occasions.
Admirateur de Puvis de Chavannes il en garde un goût pour un art monumental et statique privilégiant le rythme, la ligne et la pureté. Le néo-impressionnisme exaltant les couleurs et simplifiant les formes va offrir une réponse à son souci de précision, de rigueur et de clarté. Adepte du divisionnisme, il utilise d’abord le point vers 1892/93 avant de lui préférer un système de hachures entrecroisées qui, en juxtaposant les teintes, permet le mélange optique des pigments.
Les portraits, souvent au pastel, commandés par la bourgeoisie locale lui assurent quelques indispensables revenus alors qu’il exprime le meilleur de sa technique en peignant ses amis, en conjuguant le divisionnisme des couleurs à l’épure des formes et à la simplification des volumes.
Ses paysages reprennent fréquemment les mêmes sites, le plus souvent très proches de son domicile… Il joue des effets changeants de la lumière des heures ou des saisons et refuse l’anecdote et le pittoresque. En 1905, Laugé confectionne une mémorable roulotte-atelier, que - dans l’impossibilité matérielle de payer un moteur - il traîne à la force de ses bras afin de pouvoir travailler en plein-air, et par tous les temps, devant le paysage et non plus en atelier à partir de notes jugées insuffisantes.
Les natures mortes, rares chez les néo-impressionnistes, vont occuper une part importante de sa production ; toujours exécutées à l’huile, certaines témoignent d’une influence japonisante.
Tapis et Tapisseries : On doit à Laugé plusieurs cartons de tapisseries qui ont été tissées par les manufactures de Beauvais et des Gobelins, dont un remarquable tapis de Savonnerie, conservé par le Mobilier national.
Gageons que la puissance et l’harmonie de ces oeuvres encore peu connues sauront séduire un large public grâce au travail de musées de province qui, hors des circuits des grandes institutions nationales, obéissent à leur mission première d’offrir un plaisir esthétique et de répondre, par la recherche et les publications, à des exigences scientifiques.

Le musée de la Chartreuse à Douai

Le musée de la Chartreuse à Douai est connu pour la richesse et la qualité de ses collections de peinture ancienne française (exceptionnel fonds Jean Bellegambe…), italienne (Véronèse, Carrache, Caravage…) ou flamande et hollandaise (Rubens, Jordaens, Fyt…) ainsi que pour sa section de peinture française du XVII° au XX° siècle où se côtoient Monnoyer, Chardin, Corot, Courbet, Bonnard ou Cross.
L’ouverture récente au public de l’église des Chartreux permet dorénavant de présenter dans de remarquables conditions des sculptures majeures de Carpeaux, Carrier-Belleuse ou Rodin ainsi qu’une très importante collection d’émaux, ivoires et albâtres, de terres cuites et de porcelaines du Moyen Age, de la Renaissance ou des XVIII° et XIX° siècles.

Pratique

Commissariat général :
Anne Labourdette, conservatrice du musée de la Chartreuse de Douai
Marie-Noëlle Maynard, conservatrice en chef du musée des beaux-arts de Carcassonne
Françoise Sarret, conservatrice en chef de musées de l’Aude
Commissariat scientifique : Nicole Tamburini, historienne de l’art, spécialiste de Laugé
Publication : Achille Laugé : le point, la ligne, la lumière, catalogue d’exposition, Silvana Editoriale
143 pages. Prix de vente : 23 €
Horaires : ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Fermé les jours fériés.

Musée de la Chartreuse
130 Rue des Chartreux
59500 Douai
03 27 71 38 80‎


pierre aimar
Mercredi 10 Février 2010
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