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18 septembre au 29 novembre, Premiers photographes au Maroc 1870-1939, Maisdon Robert Doisneau à Gentilly

Une exposition née d’une collection privée est à la fois enthousiasmante et précieuse car elle porte en
elle l’intérêt passionné du collectionneur et toutes les qualités propres à captiver le public. Ces
photographies, souvent rares, recherchées longuement parfois, choisies et rassemblées, commencent
une nouvelle vie en se trouvant ainsi réunies à d’autres.


Marcelin Flandrin Ecole de broderie, vers 1930. Tirage au gélatino-bromure d’argent © Collection Guy Joubert
Marcelin Flandrin Ecole de broderie, vers 1930. Tirage au gélatino-bromure d’argent © Collection Guy Joubert
Sorties de l’oubli et associées entre elles, elles s’ouvrent à de nouvelles lectures, révèlent fréquemment des perspectives moins conventionnelles, voire inexplorées, de l’histoire de la photographie. Ainsi grâce à cette série exceptionnelle, on découvre d’emblée que les premiers photographes au Maroc ont été très peu nombreux et sont arrivés tardivement. Dès 1839, les photographes avaient pour principales
destinations dans le bassin méditerranéen l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Egypte, la Palestine et
l’Algérie, ceux-ci suivant généralement les campagnes militaires et les pénétrations coloniales, les
missions archéologiques, diplomatiques ou religieuses, et s’installant au rythme de l’implantation
européenne dans ces régions. Hormis Tanger, ville internationale et commerciale, le Maroc
demeurera plus longtemps inexploré par les étrangers et ne se verra imposer un double protectorat,
espagnol et français, qu’en 1912. Cette histoire différente infléchira sensiblement la pratique des
photographes. C’est ainsi que, contrairement aux vues récurrentes des sites archéologiques et des
portraits figés de « types humains » qui dominaient ailleurs, beaucoup des premières photographies
du Maroc échappent étonnamment aux stéréotypes de l’époque. Les photographes ne sont souvent
que de passage et peu d’ateliers s’établissent, car il y a aussi peu de touristes, et des enjeux moins
pressants semblent leur avoir donné une plus grande liberté. Et l’on peut admirer ainsi dans cette
série de très belles scènes de rues et de marchés, sans artifices, où les flous et les personnages
saisis partiellement dans le cadre, témoignent de l’activité habituelle des lieux. Certes les portraits
codifiés sur fond peint ou décor arrangé existent également, car telle était la méthode de l’époque.
Mais bien d’autres, réalisés avec plus de naturel, semblant improvisés dans la rue ou dans un jardin,
dénotent plus de spontanéité. De même, de simples paysages ou de charmantes scènes de la vie
quotidienne nous offrent une vision plus réaliste d’un pays et de son peuple, tout à fait étonnante pour
cette période de la photographie.
Annie-Laure Wanaverbecq, directrice artistique

Maison de la Photographie Robert Doisneau
1 rue de la Division du Général Leclerc
94250 Gentilly
tél : 01 55 01 04 86
www.maisondelaphotographie-robertdoisneau.fr


pierre aimar
Jeudi 17 Septembre 2009
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