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1.10 > 4.12.10 : James Hyde, Live principle of ventilation and adhesion, exposition à la Villa du Parc, Annemasse

Peut-on comprendre la peinture sans la photographie ? Peut-on regarder un tableau sans imaginer déjà sa reproduction photographique ? Ces questions formulées dès 1998 par James Hyde nous invitent à lier plus ou moins à l’influence voire à l’usage de la photographie.


James Hyde © DR
James Hyde © DR
Le signe peinture
Peut-on comprendre la peinture sans la photographie ? Peut-on regarder un tableau sans imaginer déjà sa reproduction photographique ? Ces questions formulées dès 1998 par James Hyde (né en 1958 à Philadelphie / USA, vit et travaille à Brooklyn, NYC / USA), nous invitent à lier plus ou moins définitivement toute recherche et toute pratique picturale, moderne et ou contemporaine, à l’influence voire à l’usage de la photographie. Normal. C’est bien la photographie, entendue comme technique, qui est venue casser le monopole, jusque-là détenu par la peinture (et le dessin), de la fabrication d’images issues du réel ; pousser les peintres à devenir impressionnistes, cubistes, suprématistes, abstraits, concrets, etc. C’est bien la photographie, entendue comme médium, qui a permis de remettre en cause l’hégémonie de la main dans la fabrication des oeuvres. C’est bien la photographie enfin, en tant que puissant système de reproduction technique, qui a signé la désacralisation de l’oeuvre d’art ; de la perte de l’aura pour l’oeuvre originale (selon W. Benjamin) au retour de l’aura via le devenir icône idole de sa reproduction (depuis A. Warhol).

Ces quelques rappels historiques s’imposent avant d’entrer dans l’univers et le faire plastiques de James Hyde, avant d’essayer de comprendre pourquoi et comment celui-ci allie, associe, combine, couple, marie ou pacse photographie et peinture, reprographie et peinture, dans ses œuvres les plus récentes, notamment celles qui s’inscrivent dans les séries Screenings, Clouds, Flowers, Trees, Shades, Singers et Brill présentées à l’occasion de son exposition « Live Principles of Ventilation and Adhesion »... sans que l’on puisse pour autant parler d’hybridation. Dans l’une de ses toutes dernières interviews, en juin dernier, James Hyde répond en effet au critique Lucas Blalock que si « la pièce intitulée Recline (2009) peut être analysée en tant que peinture ou en tant que photographie, elle ne doit surtout pas être considérée comme une image hybride ». Cette réticence au métissage des deux médiums n’est pas sans évoquer les exigences greenbergiennes d’autonomie à l’endroit du médium peinture. Depuis près de dix ans, Hyde utilise effectivement la photographie, plus précisément des reprographies de photographies, mais sa démarche est bien celle d’un peintre.
Karine Vonna, directrice de la Villa du Par


pierre aimar
Dimanche 31 Octobre 2010
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