Villeurbanne, Institut d’art contemporain : The (Psycho)Somatic Zone - Mire Lee - Pipilotti Rist. Du 3 avril au 2 août 2026

The (Psycho)Somatic Zone naît de la collision pure et immédiate du corps et de l’esprit.
Dans cette zone réflexe, la sensation précède le mot et l’intellect perd son rôle de médiateur. « Abandonnez tout espoir, vous qui entrez », prévenait Dante à la porte des Enfers. Ici, c’est aux artifices qu’il nous faut renoncer.


Dans la partie gauche de l’espace d’exposition, les sculptures de Mire Lee – corps-machines tantôt vivantes, tantôt exsangues – attendent les visiteurs avec patience, prisonnières d’une routine infernale. Dans leur inertie se lit le repos après l’extase, dans leur pétulance, la jouissance, la tension et l’agonie. Sur leur corps, comme des cicatrices, les marques ou résidus conservent la mémoire de leur vécu. Ce qui a été demeure, juste au bord de l’effacement.

Les matériaux de construction — étais, turbines, panneaux, filets — se transforment en peaux et squelettes. Autrefois protectrices et puissantes, ces reliques architecturales se muent en créatures essoufflées, vulnérables, à la frontière de la machine et de la chair. L’esthétique de la science-fiction surgit naturellement : ces corps cyborgs, suspendus entre passé et futur, ne sont autre que les entités exilées de limbes oubliés.

L’espace impose ses émotions contradictoires : fascination et inquiétude, désir et répulsion, émerveillement et malaise. Chaque forme frappe d’abord le corps pour y laisser une impression persistante. Ici, la matière vit, respire et se souvient — et nous, à son contact, nous rappelons inexorablement de notre propre fin.

Commissaire : Sarah Caillet

Mire Lee, Endless House: Holes and Drips (Sculpture #1), 2022. Courtesy de l’artiste et de Tina Kim Gallery

Info+

INSTITUT D’ART CONTEMPORAIN
11 rue Docteur Dolard
69100 Villeurbanne – France

+33 (0)4 78 03 47 00
+33 (0)6 71 72 52 31

Du mercredi au vendredi de 14h à 18h
Le week-end de 13h à 19h

Pierre Aimar
Mis en ligne le Vendredi 20 Mars 2026 à 02:24 | Lu 42 fois
Pierre Aimar
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