LAC © Alice Blangero
Un prologue aux allures de cinéma muet
C’est par une séquence filmée en noir et blanc, évoquant le cinéma muet, que s’ouvre Lac, ballet en trois actes présenté au Zénith de Toulon par Les Ballets de Monte-Carlo. Un petit garçon et une petite fille apparaissent à l’écran, avant que cette dernière ne soit enlevée par Sa Majesté de la Nuit. Une entrée en matière intrigante, qui annonce les forces obscures auxquelles le Prince devra se confronter.
Avec cette relecture du Lac des cygnes, créée en 2011, Jean-Christophe Maillot revisite l’œuvre de Tchaïkovski à travers une dramaturgie élaborée avec l’écrivain Jean Rouaud. Souvenirs d’enfance, rivalités familiales et passions contrariées composent un récit où l’amour se heurte à des conflits qui le dépassent.
Le faste de la cour et les forces de la Nuit
À la cour, le Roi (Ige Cornelis) et la Reine (Katrin Schrader) resplendissent dans leurs costumes dorés. Le défilé des prétendantes, aux tenues colorées et aux attitudes expressives, anime ce monde de conventions. Les chasseurs et les autres danseurs des ensembles masculins lui donnent rythme et ampleur.
L’arrivée de Sa Majesté de la Nuit bouleverse cet équilibre. Portia Adams m’a particulièrement impressionnée par sa présence souveraine, sa coiffure sculpturale et l’autorité de ses gestes. Ses Archanges des Ténèbres, Jaat Benoit et Alessio Scognamiglio, se déplacent avec une vivacité presque animale. Romina Contreras, en Cygne noir, impose elle aussi une présence saisissante.
Face à ces forces obscures, le Cygne blanc, interprété par Juliette Klein, incarne la douceur et la fragilité d’un amour que le Prince, Matteo Miccini, n’a jamais oublié.
La danse, entre grâce et puissance
La réussite du spectacle tient avant tout à l’écriture chorégraphique, qui conjugue précision classique et liberté contemporaine. Pointes, pas glissés, sauts, portés et élans aériens se succèdent sans perdre leur force expressive. L’énergie des tableaux collectifs répond à la délicatesse des pas de deux : chaque mouvement devient un langage à part entière, capable de traduire les émotions et les tensions du récit.
Les retrouvailles du Prince et du Cygne blanc, dans la forêt, offrent un moment de tendresse particulièrement touchant. La fluidité de leurs gestes et l’harmonie de leur danse contrastent avec la puissance des scènes d’ensemble et la menace qui plane sur leur histoire.
Un amour pris au piège des ténèbres
Alors que la cour s’apprête à célébrer l’union des deux amoureux, Sa Majesté de la Nuit orchestre une substitution destinée à imposer sa fille, le Cygne noir, à la place du Cygne blanc. La cérémonie nuptiale bascule dans la tromperie, puis dans le drame lorsque la véritable élue découvre la trahison.
Le Prince comprend trop tard qu’il a été manipulé. Cette machination révèle toute la cruauté d’un conflit entre les générations, où les ambitions et les rivalités des parents finissent par sacrifier le bonheur de leurs enfants. Le dénouement, dominé par la douleur et les ténèbres, laisse une impression saisissante.
Une création où tous les arts se rencontrent
Les costumes de Philippe Guillotel, tantôt somptueux, tantôt mystérieux, participent pleinement à l’identité du spectacle. La scénographie d’Ernest Pignon-Ernest, sobre et évocatrice, laisse toute sa place à la danse, tandis que les lumières de Samuel Thery et Jean-Christophe Maillot accompagnent les changements d’atmosphère.
La musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski, enrichie de compositions de Bertrand Maillot, souligne les tensions et les émotions de cette relecture contemporaine.
Quand la danse devient émotion
Cette représentation du 7 octobre au Zénith de Toulon m’a particulièrement séduite par la qualité de ses interprètes, la richesse de sa chorégraphie et la force de son univers scénique. De la majesté des scènes de cour à l’intimité des pas de deux, chaque tableau révèle la maîtrise d’une compagnie capable d’allier virtuosité et sensibilité.
Au-delà de son histoire tragique, Lac montre combien la danse peut exprimer, sans un mot, les élans amoureux, les rivalités et les blessures humaines. Une création singulière, dont l’élégance des mouvements et la puissance dramatique laissent une empreinte durable.
Leïla Metina-Bouchour
C’est par une séquence filmée en noir et blanc, évoquant le cinéma muet, que s’ouvre Lac, ballet en trois actes présenté au Zénith de Toulon par Les Ballets de Monte-Carlo. Un petit garçon et une petite fille apparaissent à l’écran, avant que cette dernière ne soit enlevée par Sa Majesté de la Nuit. Une entrée en matière intrigante, qui annonce les forces obscures auxquelles le Prince devra se confronter.
Avec cette relecture du Lac des cygnes, créée en 2011, Jean-Christophe Maillot revisite l’œuvre de Tchaïkovski à travers une dramaturgie élaborée avec l’écrivain Jean Rouaud. Souvenirs d’enfance, rivalités familiales et passions contrariées composent un récit où l’amour se heurte à des conflits qui le dépassent.
Le faste de la cour et les forces de la Nuit
À la cour, le Roi (Ige Cornelis) et la Reine (Katrin Schrader) resplendissent dans leurs costumes dorés. Le défilé des prétendantes, aux tenues colorées et aux attitudes expressives, anime ce monde de conventions. Les chasseurs et les autres danseurs des ensembles masculins lui donnent rythme et ampleur.
L’arrivée de Sa Majesté de la Nuit bouleverse cet équilibre. Portia Adams m’a particulièrement impressionnée par sa présence souveraine, sa coiffure sculpturale et l’autorité de ses gestes. Ses Archanges des Ténèbres, Jaat Benoit et Alessio Scognamiglio, se déplacent avec une vivacité presque animale. Romina Contreras, en Cygne noir, impose elle aussi une présence saisissante.
Face à ces forces obscures, le Cygne blanc, interprété par Juliette Klein, incarne la douceur et la fragilité d’un amour que le Prince, Matteo Miccini, n’a jamais oublié.
La danse, entre grâce et puissance
La réussite du spectacle tient avant tout à l’écriture chorégraphique, qui conjugue précision classique et liberté contemporaine. Pointes, pas glissés, sauts, portés et élans aériens se succèdent sans perdre leur force expressive. L’énergie des tableaux collectifs répond à la délicatesse des pas de deux : chaque mouvement devient un langage à part entière, capable de traduire les émotions et les tensions du récit.
Les retrouvailles du Prince et du Cygne blanc, dans la forêt, offrent un moment de tendresse particulièrement touchant. La fluidité de leurs gestes et l’harmonie de leur danse contrastent avec la puissance des scènes d’ensemble et la menace qui plane sur leur histoire.
Un amour pris au piège des ténèbres
Alors que la cour s’apprête à célébrer l’union des deux amoureux, Sa Majesté de la Nuit orchestre une substitution destinée à imposer sa fille, le Cygne noir, à la place du Cygne blanc. La cérémonie nuptiale bascule dans la tromperie, puis dans le drame lorsque la véritable élue découvre la trahison.
Le Prince comprend trop tard qu’il a été manipulé. Cette machination révèle toute la cruauté d’un conflit entre les générations, où les ambitions et les rivalités des parents finissent par sacrifier le bonheur de leurs enfants. Le dénouement, dominé par la douleur et les ténèbres, laisse une impression saisissante.
Une création où tous les arts se rencontrent
Les costumes de Philippe Guillotel, tantôt somptueux, tantôt mystérieux, participent pleinement à l’identité du spectacle. La scénographie d’Ernest Pignon-Ernest, sobre et évocatrice, laisse toute sa place à la danse, tandis que les lumières de Samuel Thery et Jean-Christophe Maillot accompagnent les changements d’atmosphère.
La musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski, enrichie de compositions de Bertrand Maillot, souligne les tensions et les émotions de cette relecture contemporaine.
Quand la danse devient émotion
Cette représentation du 7 octobre au Zénith de Toulon m’a particulièrement séduite par la qualité de ses interprètes, la richesse de sa chorégraphie et la force de son univers scénique. De la majesté des scènes de cour à l’intimité des pas de deux, chaque tableau révèle la maîtrise d’une compagnie capable d’allier virtuosité et sensibilité.
Au-delà de son histoire tragique, Lac montre combien la danse peut exprimer, sans un mot, les élans amoureux, les rivalités et les blessures humaines. Une création singulière, dont l’élégance des mouvements et la puissance dramatique laissent une empreinte durable.
Leïla Metina-Bouchour
Photos : Équipe artistique et création
Création : Grimaldi Forum, Monaco, 2011
Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot
Argument : Jean-Christophe Maillot et Jean Rouaud
Musique : Piotr Ilitch Tchaïkovski
Composition : Bertrand Maillot
Scénographie : Ernest Pignon-Ernest
Costumes : Philippe Guillotel
Lumières : Jean-Christophe Maillot et Samuel Thery
Compagnie : Les Ballets de Monte-Carlo
Distribution - mercredi 7 octobre 2026, 20 h
Le Roi : Ige Cornelis
La Reine : Katrin Schrader
Sa Majesté de la Nuit : Portia Adams
Le Prince : Matteo Miccini
Le Cygne blanc : Juliette Klein
Le Cygne noir : Romina Contreras
Le Confident du Prince : Michele Esposito
Les Archanges des Ténèbres : Jaat Benoit, Alessio Scognamiglio
Les Prétendantes : La Vaniteuse : Ahyun Shin, La Fausse Indifférente : Lydia Wellington, Les Libertines : Anissa Bruley, Ashley Krauhaus, La Dévorante : Cara Verschraegen
Les Chasseurs : Zino Merckx, Alejandro Moya Vaquero, Lukas Simonetto, Luca Bergamaschi, Mark Sims, Kizuki Matsuyama, Dillon Brizic, Francesco Resch, Kozam Radouant
Leurs Amies : Lucía Alfaro Córcoles, Sooyeon Yi, Candela Lasanta, Kadelle Smith, Kathryn McDonald
Les Chimères : Candela Lasanta, Cara Verschraegen, Emilee Blake, Sooyeon Yi, Ahyun Shin, Kathryn McDonald, Emma Knowlson, Lucía Alfaro Córcoles, Ashley Krauhaus, Kadelle Smith
La Cour : Anissa Bruley, Kizuki Matsuyama, Cara Verschraegen, Mark Sims, Candela Lasanta, Zino Merckx, Sooyeon Yi, Kozam Radouant, Kathryn McDonald, Luca Bergamaschi, Lucía Alfaro Córcoles, Francesco Resch, Emma Knowlson, Dillon Brizic, Kadelle Smith, Lukas Simonetto, Emilee Blake, Alejandro Moya Vaquero
Création : Grimaldi Forum, Monaco, 2011
Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot
Argument : Jean-Christophe Maillot et Jean Rouaud
Musique : Piotr Ilitch Tchaïkovski
Composition : Bertrand Maillot
Scénographie : Ernest Pignon-Ernest
Costumes : Philippe Guillotel
Lumières : Jean-Christophe Maillot et Samuel Thery
Compagnie : Les Ballets de Monte-Carlo
Distribution - mercredi 7 octobre 2026, 20 h
Le Roi : Ige Cornelis
La Reine : Katrin Schrader
Sa Majesté de la Nuit : Portia Adams
Le Prince : Matteo Miccini
Le Cygne blanc : Juliette Klein
Le Cygne noir : Romina Contreras
Le Confident du Prince : Michele Esposito
Les Archanges des Ténèbres : Jaat Benoit, Alessio Scognamiglio
Les Prétendantes : La Vaniteuse : Ahyun Shin, La Fausse Indifférente : Lydia Wellington, Les Libertines : Anissa Bruley, Ashley Krauhaus, La Dévorante : Cara Verschraegen
Les Chasseurs : Zino Merckx, Alejandro Moya Vaquero, Lukas Simonetto, Luca Bergamaschi, Mark Sims, Kizuki Matsuyama, Dillon Brizic, Francesco Resch, Kozam Radouant
Leurs Amies : Lucía Alfaro Córcoles, Sooyeon Yi, Candela Lasanta, Kadelle Smith, Kathryn McDonald
Les Chimères : Candela Lasanta, Cara Verschraegen, Emilee Blake, Sooyeon Yi, Ahyun Shin, Kathryn McDonald, Emma Knowlson, Lucía Alfaro Córcoles, Ashley Krauhaus, Kadelle Smith
La Cour : Anissa Bruley, Kizuki Matsuyama, Cara Verschraegen, Mark Sims, Candela Lasanta, Zino Merckx, Sooyeon Yi, Kozam Radouant, Kathryn McDonald, Luca Bergamaschi, Lucía Alfaro Córcoles, Francesco Resch, Emma Knowlson, Dillon Brizic, Kadelle Smith, Lukas Simonetto, Emilee Blake, Alejandro Moya Vaquero