L’Heure Exquise “Casta Diva” © Kévin Bouffard
C'est dans une salle Colbert comble, au Palais Neptune, que l'Opéra de Toulon proposait, ce mercredi 28 octobre, une nouvelle édition de L'Heure Exquise, intitulée Casta Diva. Consacré aux grandes pages du répertoire lyrique italien, ce rendez-vous réunissait la soprano Chrystelle Di Marco, le Chœur de l'Opéra de Toulon, sous la direction de Christophe Bernollin, et la pianiste Isabelle Fleur. Sans orchestre, dans un cadre intimiste, cette rencontre musicale offrait au public une proximité privilégiée avec les interprètes.
Chrystelle Di Marco, une présence saisissante
Dès ses premières interventions, Chrystelle Di Marco impose sa présence scénique et impressionne par la puissance de sa voix, dont elle sait également révéler les nuances.
Formée notamment au Conservatoire de Toulon avant de poursuivre son parcours en Italie, la soprano possède une solide expérience du répertoire lyrique, qu'elle met ici au service d'une interprétation expressive et sensible.
Le programme explore les univers tragiques de Donizetti, avec Maria Stuarda et Anna Bolena, où la prière, la douleur et la compassion se mêlent aux destins bouleversés des héroïnes. Avec Casta Diva, extrait de Norma de Bellini, le chant s'élève dans une invocation empreinte de recueillement, l'une des pages les plus emblématiques du bel canto.
Verdi apporte d'autres couleurs dramatiques : l'espérance amoureuse de « D'amor sull'ali rosee », dans Le Trouvère, les déchirements intérieurs d'Aïda avec « Chi mai fra gl'inni e i plausi », puis la ferveur spirituelle de « La Vergine degli angeli », dans La Force du destin.
Au fil de ces œuvres, Chrystelle Di Marco traverse avec aisance les différentes facettes du lyrisme italien, offrant une interprétation où la force dramatique se conjugue à la sensibilité musicale.
Le Chœur de l'Opéra de Toulon, une richesse irremplaçable
Sous la direction attentive de Christophe Bernollin, le Chœur de l'Opéra de Toulon révèle toute la richesse et la complémentarité de ses voix. Les différents pupitres trouvent leur équilibre, passant de l'ampleur des élans collectifs à la délicatesse des passages plus recueillis. À la tête de cet ensemble depuis 2011, le chef de chœur accompagne avec justesse ces changements d'atmosphère, contribuant à sa cohésion et à son expressivité.
Le célèbre chœur à bouche fermée de Madama Butterfly, de Puccini, installe une atmosphère suspendue. Sans paroles, les voix se mêlent dans une douce harmonie, évoquant l'attente et la mélancolie. Dans un registre plus fervent, Cavalleria rusticana de Mascagni, avec « Regina Coeli… Inneggiamo, il Signor non è morto », fait résonner un élan collectif où la ferveur religieuse rejoint l'intensité dramatique.
L'interprétation de Va, pensiero, extrait de Nabucco de Giuseppe Verdi, a toutefois éveillé en moi une émotion toute particulière. Ce chant des esclaves hébreux, empreint de nostalgie et d'aspiration à la liberté, m'a rappelé le concert Mozart et Création, donné le 30 janvier 2025 au Palais Neptune. Alors que l'avenir du chœur était menacé, les choristes avaient interprété cette œuvre au milieu du public, dans un élan de solidarité qui avait profondément marqué les spectateurs. Un souvenir qui, à l'écoute de ces mêmes notes, a retrouvé toute sa force.
Au-delà de ses prestations scéniques, le chœur joue également un rôle culturel, éducatif et social précieux. Ses actions de médiation auprès des établissements scolaires, des hôpitaux et des centres sociaux contribuent à faire découvrir l'art lyrique à des publics toujours plus diversifiés.
Alors que l'Opéra de Toulon poursuit sa programmation hors les murs, dans l'attente de la réouverture de son théâtre historique rénové, annoncée pour 2028, cette soirée rappelle combien le chœur demeure essentiel à l'identité artistique de l'institution.
Restaurer les murs, c'est préserver un patrimoine ; faire vivre les voix, c'est en préserver l'âme.
Isabelle Fleur, le piano au service des voix
Habituée à l'accompagnement lyrique et au théâtre musical, Isabelle Fleur apporte à cette soirée toute son expérience, soutenant les voix dans une interprétation épurée de ces grandes pages habituellement accompagnées par l'orchestre.
Cette formule donnait une place centrale aux voix et favorisait une écoute plus intime, laissant toute leur importance aux mélodies et aux émotions portées par les œuvres.
Une heure exquise, toute la grandeur de l'opéra
De Donizetti à Mascagni, en passant par Bellini, Verdi et Puccini, cette traversée du lyrisme italien a fait dialoguer les passions humaines, la ferveur spirituelle et les grandes émotions du théâtre musical.
Dans l'intimité de la salle Colbert, le public a pu redécouvrir ces œuvres sous une forme épurée, où chaque voix, chaque nuance et chaque silence trouvaient leur place.
Une soirée qui rappelait que la grandeur de l'opéra ne se mesure pas à l'ampleur des moyens déployés, mais à la capacité des artistes à faire naître l'émotion.
Distribution
Opéra de Toulon – Saison hors les murs
Soprano : Chrystelle Di Marco
Chœur : Chœur de l’Opéra de Toulon
Direction du chœur : Christophe Bernollin
Piano : Isabelle Fleur
Chrystelle Di Marco, une présence saisissante
Dès ses premières interventions, Chrystelle Di Marco impose sa présence scénique et impressionne par la puissance de sa voix, dont elle sait également révéler les nuances.
Formée notamment au Conservatoire de Toulon avant de poursuivre son parcours en Italie, la soprano possède une solide expérience du répertoire lyrique, qu'elle met ici au service d'une interprétation expressive et sensible.
Le programme explore les univers tragiques de Donizetti, avec Maria Stuarda et Anna Bolena, où la prière, la douleur et la compassion se mêlent aux destins bouleversés des héroïnes. Avec Casta Diva, extrait de Norma de Bellini, le chant s'élève dans une invocation empreinte de recueillement, l'une des pages les plus emblématiques du bel canto.
Verdi apporte d'autres couleurs dramatiques : l'espérance amoureuse de « D'amor sull'ali rosee », dans Le Trouvère, les déchirements intérieurs d'Aïda avec « Chi mai fra gl'inni e i plausi », puis la ferveur spirituelle de « La Vergine degli angeli », dans La Force du destin.
Au fil de ces œuvres, Chrystelle Di Marco traverse avec aisance les différentes facettes du lyrisme italien, offrant une interprétation où la force dramatique se conjugue à la sensibilité musicale.
Le Chœur de l'Opéra de Toulon, une richesse irremplaçable
Sous la direction attentive de Christophe Bernollin, le Chœur de l'Opéra de Toulon révèle toute la richesse et la complémentarité de ses voix. Les différents pupitres trouvent leur équilibre, passant de l'ampleur des élans collectifs à la délicatesse des passages plus recueillis. À la tête de cet ensemble depuis 2011, le chef de chœur accompagne avec justesse ces changements d'atmosphère, contribuant à sa cohésion et à son expressivité.
Le célèbre chœur à bouche fermée de Madama Butterfly, de Puccini, installe une atmosphère suspendue. Sans paroles, les voix se mêlent dans une douce harmonie, évoquant l'attente et la mélancolie. Dans un registre plus fervent, Cavalleria rusticana de Mascagni, avec « Regina Coeli… Inneggiamo, il Signor non è morto », fait résonner un élan collectif où la ferveur religieuse rejoint l'intensité dramatique.
L'interprétation de Va, pensiero, extrait de Nabucco de Giuseppe Verdi, a toutefois éveillé en moi une émotion toute particulière. Ce chant des esclaves hébreux, empreint de nostalgie et d'aspiration à la liberté, m'a rappelé le concert Mozart et Création, donné le 30 janvier 2025 au Palais Neptune. Alors que l'avenir du chœur était menacé, les choristes avaient interprété cette œuvre au milieu du public, dans un élan de solidarité qui avait profondément marqué les spectateurs. Un souvenir qui, à l'écoute de ces mêmes notes, a retrouvé toute sa force.
Au-delà de ses prestations scéniques, le chœur joue également un rôle culturel, éducatif et social précieux. Ses actions de médiation auprès des établissements scolaires, des hôpitaux et des centres sociaux contribuent à faire découvrir l'art lyrique à des publics toujours plus diversifiés.
Alors que l'Opéra de Toulon poursuit sa programmation hors les murs, dans l'attente de la réouverture de son théâtre historique rénové, annoncée pour 2028, cette soirée rappelle combien le chœur demeure essentiel à l'identité artistique de l'institution.
Restaurer les murs, c'est préserver un patrimoine ; faire vivre les voix, c'est en préserver l'âme.
Isabelle Fleur, le piano au service des voix
Habituée à l'accompagnement lyrique et au théâtre musical, Isabelle Fleur apporte à cette soirée toute son expérience, soutenant les voix dans une interprétation épurée de ces grandes pages habituellement accompagnées par l'orchestre.
Cette formule donnait une place centrale aux voix et favorisait une écoute plus intime, laissant toute leur importance aux mélodies et aux émotions portées par les œuvres.
Une heure exquise, toute la grandeur de l'opéra
De Donizetti à Mascagni, en passant par Bellini, Verdi et Puccini, cette traversée du lyrisme italien a fait dialoguer les passions humaines, la ferveur spirituelle et les grandes émotions du théâtre musical.
Dans l'intimité de la salle Colbert, le public a pu redécouvrir ces œuvres sous une forme épurée, où chaque voix, chaque nuance et chaque silence trouvaient leur place.
Une soirée qui rappelait que la grandeur de l'opéra ne se mesure pas à l'ampleur des moyens déployés, mais à la capacité des artistes à faire naître l'émotion.
Distribution
Opéra de Toulon – Saison hors les murs
Soprano : Chrystelle Di Marco
Chœur : Chœur de l’Opéra de Toulon
Direction du chœur : Christophe Bernollin
Piano : Isabelle Fleur