© Aurélien Kirchner
Direction musicale : Victorien Vanooten
Mezzo-Soprano : Karine Deshayes
Ténor : Marc Laho
Orchestre de l’Opéra de Toulon
Mezzo-Soprano : Karine Deshayes
Ténor : Marc Laho
Orchestre de l’Opéra de Toulon
Le Corsaire : L’appel de l’aventure
L’Ouverture du Corsaire ouvre la soirée dans un souffle héroïque. Sous une direction vive et tendue, les cordes dessinent la course des flots, les bois colorent le discours de teintes poétiques et les cuivres apportent une noblesse maîtrisée. Plus qu’un simple prélude, cette page devient un véritable tableau d’aventure, immédiatement salué par le public.
La Damnation de Faust : le drame intérieur
La première partie est dominée par une large sélection de La Damnation de Faust, véritable itinéraire de l’âme.
Dans « Le vieil hiver a fait place au printemps », Faust contemple la nature renaissante sans parvenir à partager sa joie. Marc Laho restitue avec finesse ce mélange de lyrisme et de désenchantement, soutenu par une orchestration lumineuse.
La Marche hongroise surgit ensuite comme une déferlante spectaculaire. Cuivres éclatants et percussions conquérantes peignent l’ivresse collective, tandis que l’isolement du héros se devine en filigrane.
Le duo « Grand Dieu ! … Ange adoré » marque la naissance de l’amour. Karine Deshayes incarne une Marguerite d’une touchante innocence ; les deux voix s’entrelacent avec délicatesse sur un tapis de cordes soyeuses.
Dans le Menuet des follets, l’orchestre déploie une palette de couleurs légères et changeantes, évoquant le monde trompeur de Méphistophélès avec une finesse toute berliozienne.
Point culminant de cette section, l’air de Marguerite « D’amour l’ardente flamme » bouleverse par sa simplicité et sa profondeur. La ligne ample de Karine Deshayes, portée par des cordes assombries et des bois murmurants, suspend littéralement le temps.
Les Troyens : l’épopée tragique
Après l’entracte, les extraits des Troyens portent la soirée à une dimension monumentale. La « Chasse royale et orage » constitue un sommet orchestral : cors majestueux, cordes frémissantes, percussions sculptant la tempête avec une force saisissante.
Dans son air, Marc Laho campe un Énée noble et tourmenté, partagé entre amour et devoir. Karine Deshayes, en Didon, déploie une intensité poignante, soutenue par des cordes sombres et profondes. Les duos des amants, d’une grande intensité dramatique, scellent la tragédie avec une émotion retenue.
Chef et orchestre : l’intelligence du style
Victorien Vanoosten conduit l’ensemble avec une rare clarté, privilégiant la lisibilité des plans et l’équilibre des masses. L’Orchestre de l’Opéra de Toulon se distingue par l’homogénéité des cordes, la finesse des bois et la discipline des cuivres, révélant une véritable affinité avec l’univers de Berlioz.
Une soirée d’exception
Ovations prolongées pour le chef, les solistes et l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, salués pour la cohérence et la qualité de cette traversée berliozienne. En conjuguant exigence musicale et force dramatique, ces deux soirées auront offert un hommage vibrant à l’un des grands visionnaires du romantisme français.
Leïla Metina-Bouchour
L’Ouverture du Corsaire ouvre la soirée dans un souffle héroïque. Sous une direction vive et tendue, les cordes dessinent la course des flots, les bois colorent le discours de teintes poétiques et les cuivres apportent une noblesse maîtrisée. Plus qu’un simple prélude, cette page devient un véritable tableau d’aventure, immédiatement salué par le public.
La Damnation de Faust : le drame intérieur
La première partie est dominée par une large sélection de La Damnation de Faust, véritable itinéraire de l’âme.
Dans « Le vieil hiver a fait place au printemps », Faust contemple la nature renaissante sans parvenir à partager sa joie. Marc Laho restitue avec finesse ce mélange de lyrisme et de désenchantement, soutenu par une orchestration lumineuse.
La Marche hongroise surgit ensuite comme une déferlante spectaculaire. Cuivres éclatants et percussions conquérantes peignent l’ivresse collective, tandis que l’isolement du héros se devine en filigrane.
Le duo « Grand Dieu ! … Ange adoré » marque la naissance de l’amour. Karine Deshayes incarne une Marguerite d’une touchante innocence ; les deux voix s’entrelacent avec délicatesse sur un tapis de cordes soyeuses.
Dans le Menuet des follets, l’orchestre déploie une palette de couleurs légères et changeantes, évoquant le monde trompeur de Méphistophélès avec une finesse toute berliozienne.
Point culminant de cette section, l’air de Marguerite « D’amour l’ardente flamme » bouleverse par sa simplicité et sa profondeur. La ligne ample de Karine Deshayes, portée par des cordes assombries et des bois murmurants, suspend littéralement le temps.
Les Troyens : l’épopée tragique
Après l’entracte, les extraits des Troyens portent la soirée à une dimension monumentale. La « Chasse royale et orage » constitue un sommet orchestral : cors majestueux, cordes frémissantes, percussions sculptant la tempête avec une force saisissante.
Dans son air, Marc Laho campe un Énée noble et tourmenté, partagé entre amour et devoir. Karine Deshayes, en Didon, déploie une intensité poignante, soutenue par des cordes sombres et profondes. Les duos des amants, d’une grande intensité dramatique, scellent la tragédie avec une émotion retenue.
Chef et orchestre : l’intelligence du style
Victorien Vanoosten conduit l’ensemble avec une rare clarté, privilégiant la lisibilité des plans et l’équilibre des masses. L’Orchestre de l’Opéra de Toulon se distingue par l’homogénéité des cordes, la finesse des bois et la discipline des cuivres, révélant une véritable affinité avec l’univers de Berlioz.
Une soirée d’exception
Ovations prolongées pour le chef, les solistes et l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, salués pour la cohérence et la qualité de cette traversée berliozienne. En conjuguant exigence musicale et force dramatique, ces deux soirées auront offert un hommage vibrant à l’un des grands visionnaires du romantisme français.
Leïla Metina-Bouchour