Musée de Salagon : Yves Zurstrassen, Variations rouges. Expo jusqu'au 14 décembre 2026

Jusqu'au 14 décembre 2026, le Musée de Salagon (Mane, Alpes de Haute-Provence) présente une exposition d’Yves Zurstrassen. Sous le commissariat de Yannick Mercoyrol, l’exposition, intitulée Variations rouges, propose une sélection de toiles inédites de l’artiste belge, créées sur-mesure pour l’église romane de Salagon.


Chaque année, Salagon accueille un artiste contemporain, en regard avec le patrimoine de cet ancien prieuré bénédictin. Après Marinette Cueco, Philippe Cognée ou encore Duy Anh Nhan Duc, Yves Zurstrassen investit l’église de ses toiles aux collages et motifs emblématiques. Alliant de multiples formes et nuances de rouge, cette dernière couleur prédominante, à l’origine du nom de l’exposition, dialogue avec l’édifice religieux et fait écho aux vitraux d’Aurélie Nemours.
Vues in situ de l'exposition Variations rouges © JMDAgruma

L’ensemble de toiles proposées par Yves Zurstrassen pour cette exposition dans l’église de Salagon est conçu comme un dialogue, à la fois avec l’architecture romane et avec les vitraux réalisés par Aurélie Nemours en 1998.
Après s’être longuement imprégné du lieu, le peintre a choisi de convoquer des formes et des rythmes qui font danser la couleur dans ses tableaux, répétant leurs enchaînements, variant leurs dispositions et leurs formats pour susciter une lumière et une sensation différentes mais complémentaires de celles qui émanent des vitraux de Nemours. Le rouge s’est rapidement imposé comme la tonalité unique de sa proposition. Il a toutefois pris soin de s’éloigner du rouge sélénium utilisé par Aurélie Nemours, préférant instaurer un écho moins littéral en recherchant, en grand coloriste, un rouge d’une tonalité singulière qui soit une réponse personnelle, comme un pas de côté tenant à la fois du hiatus et du dialogue, voire de l’hommage, à la radicalité des vitraux.
Vues in situ de l'exposition Variations rouges © Isabelle Arthuis

Car si l’abstraction de Nemours n’est pas celle d’Yves Zurstrassen, ils ont en partage deux caractéristiques majeures : le rythme et le vide, qu’ils organisent tous deux dans des séries, avec une égale liberté. Cette liberté est néanmoins fortement circonscrite, dans leur travail, par une méthode, des refus et de stricts processus d’élaboration. Cette rigueur de la composition recourt, pour Zurstrassen, à l’utilisation des pochoirs : des papiers journaux découpés sont collés sur le fond de la toile, recouverts de peinture, puis délicatement décollés à l’issue de l’élaboration du tableau, découvrant des espaces de « réserve », de sorte que ce qui apparaît, pour le spectateur, comme la surface du tableau (ici les multiples formes rouges) en constitue en réalité le fond. Cette technique qui semble fonctionner comme un palimpseste apporte une réponse originale et tout à fait singulière à la question cruciale, et ancestrale, du rapport entre fond et forme dans l’espace du tableau. L’art subtil et énergique d’Yves Zurstrassen donne à voir l’émotion des formes, c’est-à-dire leur mouvement ou, si l’on préfère, leur musique, qui accompagne toujours le peintre dans son atelier. Ces formes en liberté ne signifient rien en soi, comme pour mieux transmettre une forme d’allégresse pour le spectateur : un art de la joie.
Yannick Mercoyrol, commissaire de l’exposition

Info+

Variations rouges
Yves Zurstrassen
1er février - 14 décembre 2026

Salagon, musée et jardins
Le Prieuré
04300 Mane

Ouvert tous les jours sauf les mardis hors périodes de vacances scolaires.

Pierre Aimar
Mis en ligne le Mercredi 4 Mars 2026 à 23:57 | Lu 46 fois
Pierre Aimar
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