Le Barbier de Séville à Toulon le 4 mars 2026 à 20h00

Opéra bouffe en deux actes chanté en italien, Le Barbier de Séville faisait son retour à Toulon pour la première fois depuis décembre 2018. Présentée par l’Opéra de Toulon au Théâtre Liberté dans une version revisitée mêlant chant lyrique et théâtre d’objets, cette production a offert au public une soirée originale et réjouissante. Deux autres représentations sont prévues : le 6 mars à 20h et le 8 mars à 14h30.


Le Barbier de Séville © Aurélien Kirchner
Un Barbier de Séville décoiffant et surprenant
Dès les premières minutes, le ton est donné : ce Barbier de Séville, vieux de plus de deux siècles, a été brillamment dépoussiéré et modernisé. Sur scène, les personnages prennent vie grâce aux figurines animées et aux chanteurs qui leur prêtent leur voix avec précision. La comédie de Gioachino Rossini se transforme en un spectacle musical et théâtral où humour et virtuosité se conjuguent avec rythme et inventivité. Cette version « hors les murs », dirigée par Nikolaus Habjan pendant les travaux de l’opéra, revisite l’œuvre avec audace.

Une intrigue pleine de ruse et de quiproquos
Le comte Almaviva est amoureux de Rosina, mais celle-ci est étroitement surveillée par son tuteur, le docteur Bartolo, qui souhaite l’épouser lui-même. Almaviva multiplie les stratagèmes et les déguisements, aidé par Figaro, barbier inventif et rusé. Entre lettres secrètes, malentendus et quiproquos, les situations comiques s’enchaînent jusqu’à ce que les deux amoureux se retrouvent.

Marionnettes et chant : un spectacle vivant
L’originalité de cette production réside dans le mariage du chant et du théâtre d’objets. Chaque personnage prend vie grâce à la coordination des chanteurs et des figurines, dont les gestes suivent parfaitement la musique. Un grand escalier tournant au centre de la scène structure les déplacements et apporte un dynamisme constant.
Certaines entrées se font directement par la salle, les personnages traversant les rangées de spectateurs avant de rejoindre la scène. Figaro apparaît ainsi parmi le public, créant surprise et proximité. Le chœur, incarnant une force de police, et même le chef d’orchestre participent au jeu : ce dernier interagit avec les figurines tout en dirigeant l’orchestre, ajoutant un côté ludique et plein d’esprit. La dramaturgie, pensée par Mary Kundick, et le talent des marionnettistes orchestrent chaque geste avec précision, conférant aux figurines une expressivité incroyable et une parfaite harmonie entre chant, musique et mouvement scénique.

Des performances vocales éclatantes
La distribution a offert des prestations remarquables. Josef Jeongmeen Ahn incarne un Figaro malicieux et énergique, Ronan Caillet illumine le comte Almaviva avec élégance et virtuosité, et Juliette Mey donne à Rosina une voix riche et expressive. Diego Savini campe un Bartolo autoritaire et comique, tandis qu’Antoine Foulon apporte profondeur et présence scénique à Don Basilio. Inna Fedorii et Giacomo Nanni complètent la distribution avec justesse et efficacité. L’ensemble des artistes réussit le tour de force de synchroniser leurs performances vocales avec le rythme et les actions scéniques, rendant le spectacle à la fois vivant et musicalement impeccable.

Éclats de rire et interactions subtiles
Les figurines aux visages expressifs et caricaturaux ont suscité de nombreux sourires, notamment lors de la scène finale où Rosina et Almaviva se retrouvent et semblent ne plus vouloir s’arrêter de s’embrasser. L’effet comique, subtil et raffiné, a enthousiasmé la salle.

Orchestre réduit, charme chambériste
L’orchestre, installé directement sur scène et réduit en effectif, occupait un espace très limité. Avec les chanteurs et les nombreuses actions scéniques, la scène pouvait parfois sembler chargée, une contrainte liée aux travaux en cours à l’opéra. Pourtant, cette configuration a créé une ambiance plus intime et “chambériste” : chaque instrument se mêlait parfaitement aux voix et aux interactions avec les figurines, rendant la musique plus vivante et chaque détail plus perceptible. Ainsi, le choix d’un orchestre réduit s’est révélé être un véritable atout artistique, renforçant la proximité avec le public et la fluidité du spectacle.

Un classique brillamment revisité
Malgré cette légère réserve, cette première constitue une proposition artistique inventive et captivante. Le Barbier de Séville a été modernisé avec intelligence, prouvant qu’un classique peut encore surprendre et séduire. Au Théâtre Liberté, le public est reparti avec le sourire et l’impression d’avoir assisté à une expérience unique. Il reste deux représentations à ne surtout pas manquer
Leïla Metina-Bouchour

Distribution et équipe artistique

Figaro : Josef Jeongmeen Ahn
Le comte Almaviva : Ronan Caillet
Rosina : Juliette Mey
Don Bartolo : Diego Savini
Don Basilio : Antoine Foulon
Berta : Inna Fedorii
Fiorello : Giacomo Nanni
Mise en scène : Nikolaus Habjan
Réalisation de la mise en scène : Philomena Grütter
Marionnettistes : Émil Kohlmayr, Max Konrad, Julien Pastorello
Décors : Jacob Brossmann
Costumes : Denise Heschl
Lumières : Vassilios Chassapakis
Réalisation lumières : Paul Grilj
Création animée : Manuela Linshalm
Dramaturgie : Mary Kündig
Assistant costume : Bernhard Stegbauer

Orchestre et chœur
Orchestre de l'Opéra de Toulon
Chœur de l'Opéra de Toulon
Chef de chœur : Christophe Bernolin
Chef de chant : Juliette Journaux
Article : Leïla Metina-Bouchour
Photos : ©Aurélien Kirchner

Leïla Metina-Bouchour
Mis en ligne le Jeudi 5 Mars 2026 à 23:35 | Lu 51 fois
Leïla Metina-Bouchour
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