La Côte-Saint-André (38) : Festival Berlioz « Dansons maintenant ! » - 19 au 30 août 2026

« La danse s’est toujours montrée, à l’égard de la musique, sœur tendre et dévouée. » Hector Berlioz


Et si le pied du danseur avait précédé la main du musicien ? On raconte que les enfants Berlioz ont bénéficié des leçons d’un maître de danse. On sait aussi combien il y a de références à la danse dans la musique et dans les écrits du compositeur de La Côte-Saint-André. Il y a même une lettre où Berlioz, depuis Paris, raconte à sa sœur Nanci combien les bals de la capitale sont bien désagréables (par rapport à ceux de sa commune natale) car on s’y marche sur les pieds ! Ainsi, avant d’écrire de la musique, Berlioz aurait dansé. Voilà qui serait une clé importante pour comprendre son art. Car chez Berlioz, tout est mouvement. Tout est élan. Sa musique ne se contente jamais d’être entendue : elle se vit, elle se traverse, elle s’incarne. Il n’est pas étonnant que tant de chorégraphes, depuis Léonide Massine jusqu’à Sasha Waltz en passant par Maurice Béjart et Roland Petit, aient eu envie de danser avec Berlioz.

Et puisque chez Berlioz, la danse est partout, jusque dans ses œuvres les plus habitées par le drame – de la traversée hallucinée de la Symphonie fantastique aux fulgurances de La Damnation de Faust : autant de moments où le mouvement emporte tout, où la musique devient expérience physique – alors dansons maintenant !

Ainsi la danse traverse toute la programmation de cette édition 2026, sous des formes multiples et parfois inattendues, comme la rencontre entre musique romantique et danse hip-hop. Elle est bien sûr au cœur des grands récits chorégraphiques, là-encore avec des danseuses et danseurs sur scène : Roméo et Juliette de Prokofiev ; et La Belle au bois dormant d’Hérold, ballet revisité dans un esprit aussi décalé qu’humoristique. Mais elle surgit aussi dans les suites orchestrales, comme celle de Casse-Noisette de Tchaïkovski, dans les douceurs des Nuits d’été de Berlioz, dans les obstinations du Boléro de Ravel et toutes ces œuvres où le rythme devient narration, jusqu’à faire naître des images, des gestes, des mondes entiers.

Une personnalité traverse aussi cette programmation, dans les concerts d’après-midi surtout, dans une parenté subtile avec Berlioz : George Sand, dont nous commémorons le 150ème anniversaire de la disparition. Même s’ils n’ont pas été très proches (bien qu’ils furent tous deux des amis intimes de Liszt) et que Berlioz rêvait de grandes formes pendant que Sand préférait Chopin et les musiques de salon, il y a chez eux un rapport fort à la terre et une incarnation du romantisme vécu, engagé, traversé par les questions d’amour, de politique et de société. Sand et Berlioz partagent une même tension entre liberté artistique et contraintes sociales, une même intensité expressive, une même manière de faire œuvre à partir de leurs vies. Ils partagent aussi l’idée que toutes les différences – de milieu, d’origine, de culture – s’abolissent au contact de l’art, que toutes les rencontres sont possibles grâce à la musique et à la danse. « Tous ces petits prodiges s’opèrent si spontanément quand on aime la danse, qu’on n’a pas le temps de se raviser, et que la galerie n’a pas le temps de s’en apercevoir » écrivait Sand.

Danser, c’est refuser la pesanteur, choisir le mouvement, voler vers la lumière, accepter la rencontre et affirmer, ensemble, que la beauté se partage d’abord dans un élan.

Alors, cet été, une seule invitation : dansons maintenant !
Bruno Messina, directeur artistique

Tout le programme

Mercredi 19 août - 18h00
Grande fête populaire
Pour sa Grande fête d’ouverture, le Festival Berlioz convie petits et grands sur un site exceptionnel du patrimoine isérois, le Couvent des Carmes à Beauvoir-en-Royans.
À partir de 21h30 – Carmina Burana de Carl Orff,

Orchestre national symphonique de Lettonie
Chœur national de Lettonie
Daniel Kawka, direction
Giuliana Gianfaldoni, soprano
Yannick Debus, baryton
Serge Kakudji, contre-ténor

Jeudi 20 août - 21h00 - Cour du château Louis XI
Madame Pylinska et le secret de Chopin
Madame Pylinska et le secret de Chopin est un spectacle enchanteur né de la plume d’Éric-Emmanuel Schmitt, figure majeure de la littérature contemporaine.

Éric-Emmanuel Schmitt, auteur & récitant
Nicolas Stavy, piano

Jeudi 20 août - 17h00 - Église Saint-André
Trio George Sand 1
En trois concerts, le Trio rend hommage à son éponyme George Sand, quasi exacte contemporaine de Berlioz disparue il y a 150 ans. Pour ce premier concert du Trio fait écho au tableau de Joseph Danhauser « Liszt au piano »

Jeudi 20 août - 23h - Cour du château Louis XI
La Taverne
Autour de la cornemuse du Berry, en écho aux Maîtres sonneurs de George Sand, avec l’ensemble Un Jour Encore.

Vendredi 21 août - 21h00 - Cour du château Louis XI
Roméo & Juliette - Prokofiev

ADDA Simfònica Alicante
Compagnie Otra Danza
Josep Vicent, direction
Asun Noales, mise en scène et chorégraphie

Vendredi 21 août - 17h00 - Église Saint-André
Trio George Sand 2
Pour ce deuxième concert, le Trio George Sand met en lumière des compositrices du XIXe siècle.

Vendredi 21 août - 19h00 - Sous la Halle
Harmonies, ensembles de cuivres et fanfares donnent rendez-vous au public sous la Halle médiévale de La Côte Saint-André

Vendredi 21 août - 23h00 - Cour du château Louis XI
La Taverne
Autour de la cornemuse du Berry, en écho aux Maîtres sonneurs de George Sand, avec l’ensemble Un Jour Encore.

Samedi 22 août - 21h00 - Cour du château Louis XI
Casse-Noisette. Tchaïkovski
L’invitation de la prestigieuse Deutsche Kammerphilharmonie Bremen sous la direction de Jérémie Rhorer pour cette soirée consacrée à Tchaïkovski promet une époustouflante chorégraphie orchestrale.

Deutsche Kammerphilharmonie Bremen
Jérémie Rhorer, direction

Samedi 22 août - 17h00 - Église Saint-André
Sand, Liszt et l'eau
Fidèles compagnons du Festival Berlioz, Pascal Quignard et Aline Piboule proposent un nouveau récit-récital où le piano s’offre en résonance aux mots. Inspirés par Liszt et Sand, ils se laissent ici porter par le thème de l’eau.

Samedi 22 août - 19h00 - Halle médiévale
Le Festival vous donne rendez-vous sous la Halle médiévale !

Dimanche 23 août - 21h00 - Cour du château Louis XI
Nouveaux Mondes, voyage en Méditerranée
Avec Les Nouveaux Mondes, le chorégraphe Mourad Merzouki et la cheffe de l’orchestre Divertimento Zahia Ziouani ont imaginé une rencontre vibrante entre danse hip-hop et musique classique.

Divertimento
Compagnie Käfig
Zahia Ziouani, direction
Mourad Merzouki, chorégraphe

Dimanche 23 août - 17h00
Les maîtres sonneurs dans le salon de George Sand
En hommage à George Sand dont on commémore les 150 ans de la disparition cette année, le Festival Berlioz fait dialoguer la tradition musicale du Berry telle qu’elle est célébrée par George Sand dans son roman Les Maîtres sonneurs avec l’esprit des salons que la femme de lettres anima toute sa vie à Nohant-Vic.

Sous la Halle -19h00
La Taverne - 23h00

Lundi 24 août - 21h00 - Saint-Antoine-l’Abbaye
Missa Solemnis
La Missa Solemnis, que Beethoven considérait comme son œuvre la plus aboutie, est interprétée sur instruments d’époque par le Cercle de l’Harmonie dirigé par Jérémie Rhorer dans l’écrin que constitue l’église abbatiale de Saint-Antoine l’Abbaye.

Le Cercle de l’Harmonie
Jérémie Rhorer, direction
Anna Kissjudit, mezzo-sopano | Daniel Behle, ténor | Johannes Weisser, basse

Lundi 24 août - 17h00 - Chapelle Saint-Jean le Fromental, Saint-Antoine l’Abbaye
Le violoniste Tedi Papavrami, reconnu pour son engagement sans concession et sa profonde intelligence musicale, relève le défi des 24 Caprices de Paganini.

Mardi 25 août - 21h00 -
La Damnation de Faust
Après le succès du Requiem de Berlioz en 2025, l’orchestre Appassionato – en résidence au Festival Berlioz – et son chef Mathieu Herzog sont de retour pour un autre monument du compositeur romantique : La Damnation de Faust !

Appassionato
Chœur Spirito
Chœurs amateurs d’Auvergne-Rhône-Alpes
Mathieu Herzog, direction
Ambroisine Bré, Marguerite | Jérémie Schütz, Faust | Alexander Roslavets, Méphistophélès | Arthur Dougha, Brander

Mardi 25 août - 17h00 - Église Saint-André
Les rêves ne manquent jamais
Rima Abdul Malak, ancienne ministre de la Culture, directrice du quotidien libanais L’Orient Le Jour, et Marie-Josèphe Jude, pianiste engagée et chambriste confirmée, partagent la scène pour la première fois.

Sous la Halle - 19h00
La Taverne - 23h00

Mercredi 26 - 21h00 - Cour du château Louis XI
La Belle au bois dormant
Une version acrobatique et délirante de La Belle au bois dormant, dans une mise en scène de Corinne et Gilles Benizio (Shirley et Dino), avec la complicité du chef Hervé Niquet et de la troupe Los Chicos Mambo, prend résolument le parti du burlesque pour transporter l’univers onirique des contes et de la pantomime dans une ambiance de folie.

Orchestre Lamoureux
Hervé Niquet, direction
Corinne et Gilles Benizio (Shirley & Dino), mise en scène
Philippe Lafeuille, chorégraphe
Los Chicos Mambo
Claire Niquet, costumes

Mercredi 26 - 15h00 - Musée Hector-Berlioz
Russie, Berlioz et la fabrique d’un triomphe
« Et toi Russie qui m’a sauvé… » En confrontant ce mythe personnel aux réalités historiques, Anastasiia Syreishchikova-Horn, maître de conférences en musicologie à l’Université de Lorraine et titulaire d’un doctorat franco-russe, met à l’épreuve de l’histoire la légende du triomphe de Berlioz lors de ses deux tournées de concerts en Russie.

Mercredi 26 - 17h00 - Église Saint-André
Danses pour piano
Entre Espagne et Pologne, ce programme du pianiste Jean-François Heisser tisse un dialogue autour de la danse, envisagée tour à tour comme élan populaire, souvenir intime ou affirmation d’une identité.

Sous la Halle -19h00
La Taverne - 23h00

Jeudi 27 août - 21h00 - Cour du château Louis XI
Les Nuits d'été
L’Orchestre de Chambre de Paris revient avec le grand chef Thomas Hengelbrock pour une soirée purement romantique, en compagnie de la mezzo-soprano Eva Zaïcik.

Orchestre de Chambre de Paris
Thomas Hengelbrock, direction
Eva Zaïcik, mezzo-soprano

Jeudi 27 août -17h00 - Église Saint-André
Berlioz et la guitare, une intimité retrouvée
En 2025, le Festival Berlioz a créé l’événement en proposant l’intégralité des mélodies de Berlioz avec la complicité du chœur lyonnais Spirito et son chef Thibaut Louppe. Dans la continuité de cette exploration, ce concert lève le voile sur un aspect méconnu de la genèse berliozienne : son amour pour la guitare, instrument dont il fut véritablement virtuose.

Sous la Halle -19h00
La Taverne - 23h00

Vendredi 28 août -21h00 - Cour du château Louis XI
Symphonies de Beethoven
Renaud Capuçon et l’Orchestre de Chambre de Lausanne poursuivent avec les Sixième et Septième Symphonies de Beethoven le cycle consacré au « roi des rois », selon l’expression de Berlioz lui-même dans ses Mémoires.

Orchestre de Chambre de Lausanne
Renaud Capuçon, direction

Vendredi 28 août -17h00 - Église Saint-André
Trio George Sand 3
En trois concerts, le Trio rend hommage à son éponyme George Sand, quasi exacte contemporaine de Berlioz disparue il y a 150 ans. Le troisième et dernier concert du Trio George Sand fait écho aux danses et mélodies du roman sandien.

Sous la Halle - 19h00
La Taverne - 23h00

Samedi 29 août - 21h00 - Cour du château Louis XI
Mélodies fantastiques
L’Orchestre Philharmonique de Radio-France, Louis Langrée et la soprano Sabine Devieilhe mettent à l’honneur la mélodie française avant de laisser résonner dans la cour du Château Louis XI la célèbre Symphonie fantastique.

Orchestre Philharmonique de Radio France
Louis Langrée, direction
Sabine Devieilhe, soprano

Samedi 29 août - 17h00 - Prieuré de Marnans
Ombres et ferveurs : le voyage choral de Berlioz
En 2025, le Festival Berlioz a créé l’événement en proposant l’intégralité des mélodies de Berlioz avec la complicité du chœur lyonnais Spirito et son chef Thibaut Louppe. Dans la continuité de cette exploration, le concert de Spirito pour chœur et piano révèle un Berlioz aux multiples visages : l’artisan du sacré et le poète de l’intime.

Dimanche 30 août - 19h00 - Cour du château Louis XI
Invitation à la danse
Ovationnés lors de leur dernier concert au festival, l’Orchestre national du Capitole et Josep Pons reviennent pour un tour d’Europe des danses populaires, du Paris cosmopolite de Berlioz à l’Espagne rêvée des années folles avec, en clôture du concert, le célèbre Boléro de Ravel.

Orchestre national du Capitole de Toulouse
Josep Pons, direction

Info+

Festival Berlioz
38 place de la Halle
38260 La Côte-Saint-André
04 74 20 31 37 / contact@aida38.fr

Pierre Aimar
Mis en ligne le Vendredi 19 Juin 2026 à 14:38 | Lu 38 fois
Pierre Aimar
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