Kunstmuseum Basel : « Van Gogh, Hodler et un cabriolet ». La collectionneuse et pionnière Gertrud Dübi-Müller. 19.09.2026–07.02.2027

Gertrud Dübi-Müller (1888–1980) compte parmi les collectionneuses d’art suisses les plus éminentes du 20e siècle. Devenue orpheline jeune, elle grandit à Soleure avec ses sœurs Emma (1875–1920), Marguerite (1884–1958) et son frère Josef (1887–1977). À 20 ans, elle assume elle-même son héritage et fait résolument usage de son indépendance financière. Elle s’engage en faveur d’artistes controversés de l’époque et figure parmi les premières collectionneuses d’art moderne français en Suisse.
Sous le commissariat de Géraldine Meyer


Portrait de Gertrud Müller par Ferdinand Hodler, 1911. Crédit : Kunstmuseum Solothurn, Dübi Müller-Stiftung. Crédit photo : Kunstmuseum Solothurn
Au volant de son cabriolet, Dübi-Müller franchit des cols alpins, visite des ateliers et des centres artistiques européens. Elle cultive des amitiés avec des artistes comme Cuno Amiet (1868–1961), Alice Bailly (1872–1938), Giovanni Giacometti (1868–1933) ou Ferdinand Hodler (1853–1918). Dans sa collection, des œuvres d’artistes suisses côtoient des travaux de Paul Cezanne (1839–1906), Gustav Klimt (1862–1918), Henri Matisse (1869–1954), Vincent van Gogh (1853–1890) et d’autres figures centrales de la modernité.

L’exposition met l’accent sur les années précédant son mariage avec Otto Dübi (1885–1966) en 1921 durant lesquelles Gertrud Dübi-Müller a déjà réuni le noyau d’œuvres de sa collection. Une grande partie de ces œuvres appartiennent aujourd’hui à la fondation Dübi-Müller au sein du Kunstmuseum Solothurn. L’exposition en rassemble les œuvres emblématiques aux côtés de travaux n’ayant pas rejoint la fondation, ainsi que des œuvres provenant de la collection de son frère Josef Müller. Des clichés issus de la succession photographique Dübi-Müller, appartenant aujourd’hui à la Fotostiftung Schweiz, donnent un aperçu de sa vie et de son époque à travers les yeux de cette collectionneuse, mécène et photographe soleuroise.

Van Gogh, et la modernité française

En 1908, Gertrud Dübi-Müller, alors âgée de 20 ans, acquiert son premier tableau : une œuvre du peintre néerlandais Vincent van Gogh. L’expressif Portrait de Charles-Elzéard Trabuc (1889), surveillant à la maison de santé de Saint-Rémy-de-Provence, qui constitue une acquisition à la fois audacieuse et onéreuse, marque le début de sa vie de collectionneuse.
Van Gogh devient le phare de son cercle d’amis. Cuno Amiet, Giovanni Giacometti et son frère Josef s’adonnent à des activités « van goghiennes » : visite d’expositions et étude d’œuvres en les peignant d’après un modèle. Dübi-Müller prête son Van Gogh à Amiet à des fins d’étude ; Giacometti le voit aussi. En 1907, les deux peintres ont fait le portrait de la collectionneuse dans un esprit de concurrence amicale.
L’artiste français Paul Cezanne s’impose également comme la référence. Dübi-Müller et son frère rivalisent pour réaliser les meilleures acquisitions. Trois crânes sur un tapis d’Orient (1904) qu’elle acquiert en 1912 compte parmi les œuvres tardives majeures de Cézanne.

Pratique

Kunstmuseum Basel | Neubau
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Mar–Dim 10h–18h, Mer 10h–20h
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Pierre Aimar
Mis en ligne le Jeudi 17 Septembre 2026 à 00:32 | Lu 31 fois
Pierre Aimar
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