Aleix Plademunt « Matter »
Matter — la matière — puise son origine dans mater, sa racine latine, qui signifie la mère, une source à partir de laquelle tout se déploie. La matière précède, compose, persiste et survit. Mais en anglais, matter signifie aussi ce qui importe, ce qui compte. Dès lors, il ne s’agit pas seulement de substance, mais d’attention au monde, de regard porté sur ce qui nous entoure.
Au cœur de ce projet, une inter-rogation philosophique, existentielle et esthétique d’Aleix Plademunt adressée aux spectateurs, une question fondamentale qui résiste aux réponses définitives et engendre d’autres questions. Comment l’humanité s’emploie- t-elle à observer, comprendre et transformer la matière ?
Et comment la photographie, dans sa capacité à tout inventorier et transmettre, accompagne cette quête dans un usage encyclopédique utopique ?
L’exposition s’ouvre sur un portrait : celui de la mère de l’artiste, la figure originelle, matrice symbolique. Proche d’elle, des yeux : deux formes circulaires blanches — un soleil, un oculus — et des iris. Le rond, forme géométrique universelle, est omniprésent en photographie. Il est la source de lumière, l’objectif, l’œil du photographe et celui du spectateur.
Une forme simple pour dire la complexité du voir.
En photographie, tout est toujours affaire de soleil et de regard. Lorsque Nicéphore Niépce nomme son invention héliographie — écrire avec le soleil — il formule déjà un programme. Fixer ce qui se forme dans la chambre noire en déléguant au soleil le geste de l’inscription. Et il ne s’agit pas seulement de produire des images, mais de les rendre visibles, durables, reproductibles, transmissibles.
De l’infiniment grand à l’infiniment petit, la photographie augmente les capacités visuelles des êtres humains.
Le travail d’Aleix Plademunt révèle la curiosité insatiable d’un artiste, ingénieur de formation. En collaborant avec des équipes scientifiques de plus de 15 pays, le photographe a réuni, en une décennie, un corpus de plus de 600 images. Aleix Plademunt ne se limite pas à un inventaire du monde, il en expose les fractures. Par des recherches graphiques et esthétiques, sa photographie nous parle d’intime, de politique, d’écologie, de progrès scientifiques et techniques, du meilleur comme du pire, de la beauté autant que de la violence.
L’exposition au musée Nicéphore Niépce présente une sélection d’une centaine de photographies, de temporalités distinctes, d’espaces physiquement éloignés, ou de matériaux qui ne se sont jamais rencontrés. La scénographie de l’exposition joue des rapprochements ou des frictions entre ces images, et révèle le vertige suscité par un sujet aussi vaste que celui de la matière.
Au cœur de ce projet, une inter-rogation philosophique, existentielle et esthétique d’Aleix Plademunt adressée aux spectateurs, une question fondamentale qui résiste aux réponses définitives et engendre d’autres questions. Comment l’humanité s’emploie- t-elle à observer, comprendre et transformer la matière ?
Et comment la photographie, dans sa capacité à tout inventorier et transmettre, accompagne cette quête dans un usage encyclopédique utopique ?
L’exposition s’ouvre sur un portrait : celui de la mère de l’artiste, la figure originelle, matrice symbolique. Proche d’elle, des yeux : deux formes circulaires blanches — un soleil, un oculus — et des iris. Le rond, forme géométrique universelle, est omniprésent en photographie. Il est la source de lumière, l’objectif, l’œil du photographe et celui du spectateur.
Une forme simple pour dire la complexité du voir.
En photographie, tout est toujours affaire de soleil et de regard. Lorsque Nicéphore Niépce nomme son invention héliographie — écrire avec le soleil — il formule déjà un programme. Fixer ce qui se forme dans la chambre noire en déléguant au soleil le geste de l’inscription. Et il ne s’agit pas seulement de produire des images, mais de les rendre visibles, durables, reproductibles, transmissibles.
De l’infiniment grand à l’infiniment petit, la photographie augmente les capacités visuelles des êtres humains.
Le travail d’Aleix Plademunt révèle la curiosité insatiable d’un artiste, ingénieur de formation. En collaborant avec des équipes scientifiques de plus de 15 pays, le photographe a réuni, en une décennie, un corpus de plus de 600 images. Aleix Plademunt ne se limite pas à un inventaire du monde, il en expose les fractures. Par des recherches graphiques et esthétiques, sa photographie nous parle d’intime, de politique, d’écologie, de progrès scientifiques et techniques, du meilleur comme du pire, de la beauté autant que de la violence.
L’exposition au musée Nicéphore Niépce présente une sélection d’une centaine de photographies, de temporalités distinctes, d’espaces physiquement éloignés, ou de matériaux qui ne se sont jamais rencontrés. La scénographie de l’exposition joue des rapprochements ou des frictions entre ces images, et révèle le vertige suscité par un sujet aussi vaste que celui de la matière.
Matter © Aleix Plademunt
Arièle Bonzon Infinitif / Repriser le temps
« L’Infinitif, c’est le temps non conjugué. Et Repriser le temps, car la reprise n’est pas la répétition et mène toujours l’ouvrage au-delà de ce qu’il était.
Mon premier geste est celui du regard. Un temps d’avant la photographie, celui de l’in / fini. Regarder, choisir et donc retenir. Ou distinguer, une photographie parmi des milliers, un lieu ou un instant du monde.
Puis à nouveau laisser flotter l’image au regard d’une ou plusieurs autres et rendre au présent des temps et des lieux distants. Dans l’espoir qu’à l’instant le murmure de ces “photolalies” nous prenne, nous déprenne, nous reprenne. »
L’exposition met en regard et en conversation des photo-graphies de la série { Intérieur } de Arièle Bonzon, vues de lieux, suspendus dans un temps in[dé]fini, vides de présence mais remplis d’absence, parcourus de signes qui renvoient au passage de vies inconnues, avec des photographies choisies par elle dans le fonds du musée Nicéphore Niépce, uniques ou ensembles constitués de portraits d’inconnus, d’anonymes, comme on les nomme en photographie, images silencieuses elles aussi.
Le désir de convoquer des rencontres entre lieux et temps séparés et d’être à l’écoute de ce qu’elles ont à nous raconter prend sa source dans l’enfance de l’artiste. « Des liens, parfois obscurs et sourds, se nouent entre les photographies. Et c’est ainsi [en secret] que se crée
[entre elles et nous] le récit qu’elles charrient, des “boules de temps”. Elles pourraient être comme ces “boules à neige”, une fois saisies, il suffirait de les retourner, puis de les reposer, afin que mots et silences chargés de souvenirs se mettent à tourbillonner, à danser devant nos yeux et dans nos mémoires ». Expériences primitives de ressouvenir qui tente de poursuivre le temps lui-même dans ses derniers retranchements.
Cette exposition nous met à l’épreuve de temps particuliers, comme on le pratique en photo-graphie, à l’instant de la saisie ou au moment de l’apparition de l’image. Face au réel représenté par l’image et au réel de l’objet photographie qui simule le réel représenté, elle permet à ceux qui voudront bien se prêter au jeu de plonger dans ces miroirs tendus au passage du temps.
« On pourrait aussi parler d’attrape-temps pour désigner ces instants photographiques, car le temps est facétieux et il se joue de nous ! »
Bien décidée à le laisser jouer, l’artiste choisit d’improviser avec lui sur des partitions pour différents instruments.
Arièle Bonzon expérimente un dialogue entre l’image fixe qu’est la photographie, l’image / mouvement de brèves séquences filmées et le son, comme image-son.
« L’Attrape-Temps est l’endroit où le temps photographique, le silence, le son et la durée se rencontrent, se mesurent, se regardent. ».
Mon premier geste est celui du regard. Un temps d’avant la photographie, celui de l’in / fini. Regarder, choisir et donc retenir. Ou distinguer, une photographie parmi des milliers, un lieu ou un instant du monde.
Puis à nouveau laisser flotter l’image au regard d’une ou plusieurs autres et rendre au présent des temps et des lieux distants. Dans l’espoir qu’à l’instant le murmure de ces “photolalies” nous prenne, nous déprenne, nous reprenne. »
L’exposition met en regard et en conversation des photo-graphies de la série { Intérieur } de Arièle Bonzon, vues de lieux, suspendus dans un temps in[dé]fini, vides de présence mais remplis d’absence, parcourus de signes qui renvoient au passage de vies inconnues, avec des photographies choisies par elle dans le fonds du musée Nicéphore Niépce, uniques ou ensembles constitués de portraits d’inconnus, d’anonymes, comme on les nomme en photographie, images silencieuses elles aussi.
Le désir de convoquer des rencontres entre lieux et temps séparés et d’être à l’écoute de ce qu’elles ont à nous raconter prend sa source dans l’enfance de l’artiste. « Des liens, parfois obscurs et sourds, se nouent entre les photographies. Et c’est ainsi [en secret] que se crée
[entre elles et nous] le récit qu’elles charrient, des “boules de temps”. Elles pourraient être comme ces “boules à neige”, une fois saisies, il suffirait de les retourner, puis de les reposer, afin que mots et silences chargés de souvenirs se mettent à tourbillonner, à danser devant nos yeux et dans nos mémoires ». Expériences primitives de ressouvenir qui tente de poursuivre le temps lui-même dans ses derniers retranchements.
Cette exposition nous met à l’épreuve de temps particuliers, comme on le pratique en photo-graphie, à l’instant de la saisie ou au moment de l’apparition de l’image. Face au réel représenté par l’image et au réel de l’objet photographie qui simule le réel représenté, elle permet à ceux qui voudront bien se prêter au jeu de plonger dans ces miroirs tendus au passage du temps.
« On pourrait aussi parler d’attrape-temps pour désigner ces instants photographiques, car le temps est facétieux et il se joue de nous ! »
Bien décidée à le laisser jouer, l’artiste choisit d’improviser avec lui sur des partitions pour différents instruments.
Arièle Bonzon expérimente un dialogue entre l’image fixe qu’est la photographie, l’image / mouvement de brèves séquences filmées et le son, comme image-son.
« L’Attrape-Temps est l’endroit où le temps photographique, le silence, le son et la durée se rencontrent, se mesurent, se regardent. ».
{ intérieur } 04.03.2014 – 14-14-26 © Arièle Bonzon / 2026 musée Nicéphore Niépce
Info+
Musée Nicéphore Niépce
28 quai des Messageries
71100 Chalon-sur-Saône
03 85 48 41 98
contact@museeniepce.com
www.museeniepce.com
www.open-museeniepce.com
www.archivesniepce.com
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