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Vladimir Velickovic, un art cruel et sanglant, comme la vie au Musée éphémère de Montélimar

Jusqu'au 26 septembre, on pouvait aller à la rencontre à Montélimar de l'artiste bulgare, Vladimir Velickovic.
Présenté au Musée Ephémère, à l'espace Saint Martin et à la Chapelle Chabrillan, ses œuvres parfois de très grandes dimensions racontent sans complaisance la douleur de vivre. Elles souffrent souvent...


Velickovic, Le chien, 1974, 195x365 André Morain
Velickovic, Le chien, 1974, 195x365 André Morain

Vivre son siècle, parfois une terrible blessure

Vladimir Velickovic est né à Belgrade en 1935. C'est dire que dès l'enfance il est meurtri, heurté, choqué par tout ce qu'il voit, entrevoit et peut-être devine, des laideurs et horreurs de la guerre, des guerres qui se déroulent autour de lui.
Le sang, la mort, la peur et la laideur ; blessé par le regard, il ne va rien en ignorer, et tout reste gravé dans l'œil de l'enfant qui va devenir peintre. Il s'installe plus tard à Paris.
On a tant écrit sur lui, sur son art : une sanglante blessure, des couleurs de mort et de sang, des cadavres étirés et "des corps, confrontés à des situations dramatiques et terrorisantes" des vides, des attentes, pas même des espoirs. Et des animaux aussi, des chiens surtout, des rats, dans un étrange univers, très moderne, technique et froid.
Dans tout cela l'homme apparaît "déchiré, mutilé, secoué par des douleurs atroces, voué à d'épuisantes courses sans issue".

Deux lieux pour une même souffrance

A Montélimar, le bel espace contemporain Saint-Martin et sa longue suite de salles qui reçoivent différemment la lumière, propose un vaste tour d'horizon de cet art déconcertant, comme une plongée dans la guerre et ses méandres sombres, les pays lointains et noirs et leurs luttes cruelles, les divers massacres et les scènes de torture.
Il y a ça et là de la couleur, pure ou sanglante, mais jamais d'espoir.
A moins que l'espoir réside précisément dans le fait que Velickovic a peint tout cela, qu'il l'a dit et raconté au monde. Qu'il a montré la géante blessure laissée au flanc des hommes de sa génération et qu'ainsi, il l'a peut-être exorcisée.
La chapelle Chabrillan toute proche propose un tout autre cadre. On attend la sérénité à l'ombre de ses voûtes, entre les belles colonnes à chapiteaux tout près des fresques pâlies. Mais la cruauté et la mort sont présentes encore. Au travers d'un Christ de douleur.
Qui semble dire "vous voyez, cela ne s'arrêtera jamais!"
Jacqueline Aimar


pierre aimar
Lundi 4 Octobre 2010
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