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Vaison Danse 2010, Antonio Gades. Une histoire de l'Espagne

¡ Viva la Revolucion ! par la danse 20 ans après Noces de Sang et 11 ans après Carmen, Antonio Gadès a conçu en 1994 son dernier et admirable spectacle Fuenteovejuna, inspiré de l'œuvre de Lope de Vega : une histoire d'amour, de violence et d'oppression.


La fièvre de la danse et des amours

Fuenteovejuna est le récit d'une révolte populaire contre le despotisme de la classe dominante, qui se déroule dans un village andalou proche de Cordoue au XVe siècle. Histoire d'amour et de violence, ce drame, inspiré de l'oeuvre de Lope de Vega, a été magnifié par l'art chorégraphique du danseur Antonio Gadès. Cela donne un un ballet âpre et sensuel, une tragédie du sang et du deuil qui porte aussi une grande bouffée d’espérance.

Créé en 1994, c’est le dernier volet d'un triptyque, après Carmen et Noces de sang, qui allie avec flamboyance flamenco, école bolera et danses espagnoles. Trente danseurs, chanteurs et guitaristes, interprètent avec fougue et justesse un spectacle d'une force dramatique et d’une vigueur gestuelle étonnantes. Les artistes de la Compagnie Antonio Gadès, passé le choc de la disparition du créateur en 2004, continuent à porter de par le monde la parole d’un flamenco généreux. On peut aujourd’hui mesurer à quel point Gadès influença la danse espagnole en général et le flamenco en particulier.

Prémices d'une révolution

Dans une dramaturgie intense, grâce à des costumes lumineux et des musiques ferventes, une danse fiévreuse, comme silencieuse dans sa passion vient conter au spectateur l'histoire : banale, classique du seigneur qui veut séduire la villageoise.
Sans mur de scène, dans un décor d'arbres, les danseurs arrivent dans le noir, par groupes. Chants d'oiseaux et crissements de cigales - les vraies leur répondent ce soir-là-, l'histoire évoque la vie dans un village d'Espagne :l les femmes à la rivière lavant le linge, les travaux des champs, la simpllcité des gestes, l'ordinaire de la vie. Danse à cappella, des voix seules pour un rythme. Quand se colorent les costumes, la fête se forme après les travaux, et la scène s'éclaire pour qu'apparaissent les héros de l'histoire d'amour... La fête est l'occasion de vraies danses populaires anciennes. C'est alors que survient le méchant commandeur qui veut pour lui la jeune fille. Bien sûr.
Tous les ocres teintent les robes, de l'orange au gris, du rose au violine, du beige au jaune, la danse adoucissant ce drame amoureux, théâtral et chanté mais traduisant avec vigueur les rages et les passions, montrant la corrida et ses jeux de cornes, disant les colères et...la faiblesse des petits, leur refus du poids de l'injustice.
Et aussi leur révolte. Prémices d'une révolution, de toutes les révolutions.
Une superbe histoire sans paroles, ou presque, et cependant si forte. une œuvre très littéraire dans une interprétation chaleureuse, face à un public un peu froid peut-être.
Jacqueline Aimar


pierre aimar
Samedi 30 Octobre 2010
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