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Une chambre à soi de Virginia Woolf, Sylvie Mongin-Alagn/ Anne de Boissy, Les Trois-Huit, Lyon, du 3 au 18 décembre 2013

En 1928, Virginia Woolf est invitée dans deux collèges féminins de l’université de Cambridge à donner une conférence sur les femmes et la fiction. Un an plus tard, ce travail sur les disparités homme-femme au fil de l’Histoire, montrant combien la sujétion économique de la femme l’a longtemps privée de la liberté d’écrire, sera développé et publié sous A Room of One’s Own / Une chambre à soi.


Une chambre à soi de Virginia Woolf, Sylvie Mongin-Alagn/ Anne de Boissy, Les Trois-Huit, Lyon, du 3 au 18 décembre 2013
Auteure de génie, critique littéraire et éditrice, Virginia Woolf a fasciné ses contemporains par sa créativité d’avant-garde et sa vie de femme libre. En 1929, elle publie Une chambre à soi, essai passionnant et énergique, plein de lucidité et d’humour qui deviendra un véritable texte de référence pour le droit des femmes à l’égalité et à la liberté intellectuelle.

Extraits du journal de Virginia Woolf, écriture d’Une chambre à soi

1928 - Dimanche 12 août
Dois-je poursuivre ce soliloque ou bien m’imaginer un public qui m’inciterait aux descriptions? Cette phrase m’est inspirée par mon livre sur le roman, auquel je me suis attaquée une fois de plus, oh oui, une fois de plus! C’est un livre écrit au petit bonheur la chance. Je gribouille tout ce qui me passe par la tête sur le roman.

1928 - Samedi 27 octobre
Dieu merci, me voilà au bout de ce long travail que m’a imposé ma conférence aux femmes. (...) J’en ai gardé une impression de jeunes femmes affamées, mais intrépides, intelligentes, ferventes, pauvres et destinées par bancs entiers à devenir institutrices. Je leur ai dit complaisamment de boire du vin et d’avoir une chambre à soi. Pourquoi toutes les splendeurs, tout le luxe de la vie seraient-ils déversés sur les Julian et les Francis, et rien sur les Phare et les Thomas? (...) J’avais conscience de mon âge, une maturité, et personne ne me témoignait de respect. Ces jeunes femmes étaient toutes insatiables et égoïstes, ou plutôt impressionnées par l’âge et la renommée.

1929 - Jeudi 28 mars
(...) j’ai dû rester au lit pendant trois semaines ; puis, pendant près de trois autres semaines encore, je n’ai pas pu écrore ; après quoi, j’ai consacré toute mon énergie à un de mes violents accès de rédaction, écrivant ce que j’avais composé au lit : une version finale des «Femmes et le roman».

1929 - Dimanche 12 mai
Je viens à l’instant de terminer ce que j’appelle la «révision définitive» des «Femmes et le roman», afin que L. puisse lire le texte après le thé ; et je m’arrête, saturée. La pompe, dont j’étais si sûre, dans mon optimisme, qu’on ne l’entendrait plus, est repartie de plus belle. Pour ce qui est des «Femmes et le roman», je m’interroge... Un brillant essai? Pourquoi pas? J’y ai mis beaucoup de travail et bien des opinions condensées en une sorte de gelée que j’ai colorée de mon mieux en rouge. Mais je suis impatiente de me lancer, d’écrire sans me heurter à la vue d’une barrière. Là, j’ai été serrée de trop près par mon public. Des faits ; les rendre malléables pour qu’ils se fondent aisément les uns dans les autres.

Pratique

NTH8 / Nouveau Théâtre du 8e
22 rue Cdt Pégout
69008 Lyon

contact@nth8.com
www.nth8.com

Représentations :
mardi 3 décembre 20h
mercredi 4 décembre 20h
jeudi 5 décembre 20h
mercredi 11 décembre 20h
jeudi 12 décembre 20h
vendredi 13 décembre 20h
samedi 14 décembre 17h
lundi 16 décembre 20h
mardi 17 décembre 20h
mercredi 18 décembre 20h


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Pierre Aimar
Vendredi 18 Octobre 2013
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