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Turner Prize : les dix meilleures enchères [août 10] (copyright © Artprice.com)

Depuis sa création en 1984, le Turner Prize récompense un artiste de la scène britannique de moins de 50 ans.
S’il est difficile de définir avec précision l’impact du Turner Prize sur le marché, il confère une légitimité à l’artiste qui le reçoit. Cette prestigieuse récompense labellisée par la Tate Britain de Londres peut être un véritable catalyseur pour la cote des artistes en activant la demande.


En 2008 plus de la moitié des vainqueurs du prix profitait de la flambée des prix de l'art contemporain pour signer leurs records. Ces grands gagnants furent ardemment soutenus par une nouvelle génération de collectionneurs emballés par une bulle spéculative qui en trois ans gonflait de plus de 50% les prix de l’art contemporain. La montée de leur cote survient également peu de temps après la grande et première rétrospective du célèbre Turner Prize qui débuta le 2 octobre 2007 à la Tate Britain à Londres.
Turner Prize : les dix meilleures enchères  [août 10] (copyright © Artprice.com)

En 2008 à Londres, les lauréats ont le vent en poupe…

En février 2008, chez Sotheby’s Londres, le premier gagnant du prix, Malcolm MORLEY, enregistre sa plus belle enchère à 430 000£ (847 272$) avec Cristoforo Colombo. A l'époque, le marché de l'art contemporain flambe encore et la cote de l'artiste s'envole de +163% sur l'année. Sept ans plus tôt, la même œuvre pouvait être acquise à moitié prix puisqu'elle était ravalée chez Sotheby’s contre une estimation basse de 400 000$.
Le 30 juin 2008, le couple britannique GILBERT & GEORGE fait une apparition fulgurante sur la scène londonienne avec le célèbre tirage To her Majesty parti pour 3,2m$ chez Christie’s, le hissant à la quatrième place de ce top 10.
Le lendemain, à l’occasion de la vente d’art contemporain orchestrée par Sotheby’s Londres, trois nouveaux records pour des gagnants du Turner Prize tombent. A 4m$ avec Angel of the North, Antony GORMLEY, lauréat 1994, se hisse sur la deuxième marche du podium. On n'attendait pas d'enchère millionnaire (est. 600 000 - 800 000£) pour cette pièce mais les Anglais défendent ardemment l'artiste, reçu au sein de l’Ordre de l’Empire britannique pour services rendus à la sculpture en 1998.
Anish KAPOOR le talonne avec Untitled partie pour 3,4m$. L’artiste indien de naissance et britannique d'adoption devient en 2009 l’un des quinze artistes contemporains les plus cotés avec à son actif douze enchères millionnaires.
Enfin, avec Untitled frappée 380 000£ (757 530$), la lauréate 1993, Rachel WHITEREAD, enregistre lors de cette vente sa plus belle enchère et se hisse à la septième place du top.
Chris OFILI est le seul lauréat dont le record fut signé en 2010, soit après la bulle spéculative. Deux de ses œuvres ont en effet dépassé, pour la première fois de sa carrière, le million de dollars à Londres, alors que la Tate Britain lui consacrait sa plus belle exposition (du 27 janvier au 16 mai 2010). En février, Through The Grapevine (Sotheby’s) se vendait 680 000£, doublant les prévisions puis Orgena s’envolait à 1,65m£ au mois de juin (Christie’s). Point commun entre ces deux œuvres ? Elles datent de 1998, l’année ou Chris Ofili reçu son fameux Turner Prize.

Le grand gagnant et lauréat 1995 est Damien HIRST pour qui le marteau est tombé quatre-vingt-seize fois au-delà du million de dollar. Pourtant ses œuvres ne dépassaient pas les 2 600$ avant 1995.
Aujourd’hui, en tête de file des lauréats du Turner Prize avec son installation Lullaby Spring partie en juin 2007 à 17,1m$ chez Sotheby’s London, Damien Hirst est l’artiste contemporain le plus cher du marché.
Lorsqu'il organise la vente de charité (RED) en février 2008 avec le chanteur Bono du groupe U2 et la galerie Gagosian (Sotheby’s New-York), il permet à deux compatriotes auréolés du même prix d'enregistrer leur enchère record : Howard HODGKIN et Keith TYSON vendaient respectivement House pour 720 000$ et Nature Painting (red) pour 400 000$.
Howard Hodgkin n’a pas seulement le vent en poupe en salle des ventes ! Sept ans après avoir obtenu le Turner Prize en 1985, il est anobli par la Reine d’Angleterre et en 2006 s’est tenue une importante rétrospective à la Tate Gallery de Londres.
Egalement en 2006, soit quatre ans après avoir remporté le Turner Prize, Keith Tyson enregistre sa première adjudication supérieure à 100 000$. Depuis, il en compte sept à son actif.
Dernier du classement avec la sculpture en bronze Bent of Mind vendue 210 000$ (12/11/09, Sotheby’s New-York), Tony CRAGG lauréat 1988 représente la même année la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise. Il reçoit également le prix Shakespeare de la F.V.S-Stiftung en 2001, puis le prix Piepenbrock de sculpture en 2002.

Si le très médiatique Turner Prize a permis de booster la valeur des œuvres de certains lauréats, d’autres n’ont malheureusement pas bénéficié d’un sort semblable en salles des ventes, leur notoriété n’en est pas moins grandissante. C’est le cas de Steve MCQUEEN (vainqueur 1999) dont aucune photographie n’est partie au-dessus des 4 000$ mais dont la production de films lui value un prix à Cannes en 2008.

copyright © Artprice.com août 2010


pierre aimar
Mardi 10 Août 2010
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