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Structure(s) du silence, hommage à Aurélie Nemours, galerie Françoise Besson, Lyon, du 8 mars au 11 avril 2017

Le 8 mars prochain, au sein de la galerie Françoise Besson, s'ouvre une exposition : Structure(s) du silence, Hommage à Aurélie Nemours, qui réunit Jean Charasse, Gilles Perraudin, Chantal Fontvieille et Christine Crozat autour de l’œuvre d'Aurélie Nemours.


Gilles Perraudin 2011 Reproduction numérique pigmentaire haute définition sur carton blanc 16,7x12 cm
Gilles Perraudin 2011 Reproduction numérique pigmentaire haute définition sur carton blanc 16,7x12 cm
Le titre de cette exposition, qui renvoie à une série éponyme d'Aurélie Nemours datant des années 80 (1983-90), fait écho aux œuvres de l'artiste présentes au sein de l'exposition, plus d'une dizaine de gouaches datant du début des années 80.

Aurélie Nemours, grande dame de l'art construit, propose des tableaux aux lignes épurées, montrant par ce dépouillement l'ascèse et la spiritualité de son travail. Car spirituel, son travail l'est : sans cesse habitée par les questions de rythme, d'harmonie et de nombre, elle a toujours cherché à comprendre le silence et le vide, à leur donner un sens. Celle pour qui « peindre est un acte de révélation », affirme avoir « mis une vie à comprendre ce qu'était le vide », ce qui se manifeste dans son œuvre grâce à l'abstraction géométrique.

Cette forme d’expression est également privilégiée par Jean Charasse, qui rencontra au début des années 90, à la galerie Alexandre de la Salle l’œuvre d'Aurélie Nemours. Comme elle, il s'est progressivement éloigné du réel au profit de la simplification des formes et de la couleur. Son rapprochement avec le Mouvement MADI et sa rencontre chez Alexandre de la Salle avec Carmelo Arden Quin (créateur en 1946 à Buenos Aires de ce même Mouvement) furent déterminants. Il vous sera possible à l'occasion de cette exposition de découvrir une sélection de sa dernière série de constructions en bois et tissus, privilégiant un minimalisme géométrique et l’accroche de la lumière sur des camaïeux blancs et gris. « Apparition de la forme derrière le voile tendu, volonté d’éclosion en contraste avec les géométries libérées. Quelque part entre architecture composée minimale et force vitale brute, dans un silence soyeux » (Frédérik Brandi, Directeur du CIAC de Carros). Mettant en avant « un art épuré et d'une grande rigueur », son travail n'est pas sans rappeler celui de l’architecte Gilles Perraudin.

Si ses premières compositions sont d'inspiration brutaliste et en lien avec les œuvres de Louis Kahn, l’architecte délaisse rapidement le béton pour se concentrer sur la pierre et privilégier l'éclairage par lumière naturelle, ce qui donne vie à une architecture vernaculaire. Pour lui, bâtir requiert une « éthique constructive, au service des usagers et du site », et c'est avec ce mot d'ordre qu'il réalisa la maison rue de Crimée qui fait corps avec la galerie. L’exposition montre un ensemble de dessins préparatoires et de maquettes, liés à la réalisation de ce lieu d'art(s) où la spiritualité fait œuvre, où beauté et contemplation se rencontrent dans un écrin de pierre.

La spiritualité domine également dans l’œuvre de Chantal Fontvieille, notamment dans la série Arbre cible qui sera visible à la galerie et pour laquelle l'artiste métamorphose la cible en la marquant de la temporalité du végétal. Les cernes de l'arbre, ancrés dans la cible par gaufrage, semblent mettre en suspens le passage du temps, mais son écoulement inexorable nous est tragiquement rappelé par la présence de la rouille qui ronge la cible.
La mise en avant des lignes droites, qu’elles soient horizontales ou verticales, est également un élément important du travail des cinq artistes présents pour l’exposition.

Pour Christine Crozat, qui revendique « le droit à la verticalité », ce nouveau travail passe par l'utilisation stricte des lignes verticales et horizontales, rejoignant le travail et l'art concret d'Aurélie Nemours et de Jean Charasse. Sa série Balcons, hommage à…, exposée à la galerie, témoigne de cette récente géométrisation ainsi que de cette figure du double qui marque et habite son œuvre entière.

Pratique



Pierre Aimar
Mardi 7 Février 2017
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