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Saoû chante Mozart, Un concert en famille à Montmeyran (Drôme) le 12 juillet 2017

Elles sont deux sœurs, Chouchane et Astrig Siranossian



Elles ont respectivement 33 et 28 ans, arméniennes et romanaises; elles ont étudié la musique dès le berceau avec leur père Alexandre Siranossion, ancien directeur du conservatoire de Romans, puis en Suisse où elles sont souvent en tournées de concerts, et vivent parfois ; Chouchane est violoniste et Astrig, violoncelliste.
Nous les avons connues alors qu’elles avaient 8 et 12 ans ; elles nous avaient alors interprété l’une, le début du concerto de Mendelssohn et l’autre, de Bach, la suite pour violoncelle n°1 ; avec une déconcertante facilité, comme ça, entre la poire et le dessert, en jouant, rieuses toutes deux. Des jeunes filles heureuses et épanouies. Des musiciennes qui respiraient musique.
Quel souvenir, et quel plaisir de revoir ces jolis visages qui ne sont plus des frimousses enfantines et derrière lesquels on devine des caractères affirmés.

Nous les retrouvons ce soir de juillet dans le cadre du Festival Saoû Chante Mozart, au Temple de Montmeyran pour un concert d’été ; en leur compagnie, un charmant jeune pianiste, Nathanaël Gouin, aussi blond qu’elles sont brunes pour un trio et Mozart en famille.
Très chaude soirée à Montmeyran, dans ce temple accueillant et amical mais qui tenait un peu à l’étroit les artistes face au public. Peu importe.
Deux sœurs toujours aussi passionnées et un pianiste interprète et accompagnateur parfait.
Chouchane de nous expliquer, elle qui a vécu à Salzbourg, que la culture, ça n’est ni évident ni universel, en citant ces deux jeunes américains qui à la vue des enseignes et portraits, statues et affiches se sont inquiétés « mais enfin, c’est qui, ce Mozart ?

Et ils vont jouer, à trois et en alternance pendant plus d’une heure trente, Haydn, Schumann et Mozart. Des thèmes et variations de Joseph Haydn pour Nathanaël Gouin, où vont alterner majeur et mineur, des thèmes simples puis très ornés pour doigts ailés, qui forment une étrange musique à bouclettes. Une œuvre ensuite pour violoncelle de Schumann qui entretient avec l’instrument des rapports de cœur, dans laquelle Astrig exprime sa vigueur et son énergie alternant avec complicité et tendresse aux accents profonds. Dans la sonate pour piano et violon de Mozart, c’est Chouchane au violon qui accompagne le pianiste ; un violon infiniment berceur et délicat de « ce Mozart qui saurait faire pleurer » dit-on. Une œuvre aussi de Michel Haydn, le frère de Joseph, bien moins connu, à la musique heureuse.
Les trois musiciens poursuivent devant nous leur infinie conversation comme si nous n’étions pas là, autour de thèmes répétés, employant des mots de musique souvent les mêmes, tendres ou rugueux, pleins d’élan.
Nous offrant un beau soir d’été attendri par la musique et Mozart.
Jacqueline Aimar
Astrig et Chouchanne Siranossian © Pierre Aimar
Astrig et Chouchanne Siranossian © Pierre Aimar


Mardi 18 Juillet 2017
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