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Saison 2013/2014 (1er trimestre) du Théâtre de Vienne, Isère

Depuis plus de dix années d’existence, la Régie autonome du Théâtre de Vienne a mis en place des programmations qui s’adressent à tous les publics, adultes et jeunes, et qui balayent des champs artistiques aussi variés que le théâtre, la musique, la danse ou le cirque.


Prenez soin de vous pour moi. Cie Le Radeau. JEUDI 14 NOVEMBRE, 20H30

« Take care of you for me » sont les dernières paroles que Valaida Snow chanteuse et trompettiste de jazz noire américaine adresse à son ami avant de quitter l’enfer d’un camp en 1942. S’accrochant à ces quelques mots, Blumenthal s’empare d’un vieux saxo pour survivre d’abord, se reconstruire ensuite. Après la guerre, la musique lancinante témoigne. Jusqu’au jour où deux tueurs, deux bêtes immondes, veulent la faire taire. Cette histoire d’amour et d’amitié, Sapey la raconte au commissaire Granier qui part alors en quête d’un passé sombre pour que l’art – aussi fragile soit-il – ne meure jamais et continue son témoignage. Dans un espace épuré – et avec une scénographie dont la construction est un travail sur la mémoire et l’oubli, Vincent Puyssegur nous propose une série noire en jazz saisissante. En écho à la teneur dramatique du jeu, la partition musicale nous entraîne dans les brumes lointaines de l’histoire du jazz et de celle de Valaida Snow.

Le Bourgeon Georges Feydeau. En votre compagnie. SAMEDI 16 NOVEMBRE, 20H30

Maurice de Plounidec, destiné à la prêtrise depuis sa plus tendre enfance, a des vapeurs. Le diagnostic tombe « c’est le bourgeon qui crève de sève jusqu’à éclater ». Pour sa mère, le remède est pis que le mal : c’est sans appel, seule une femme peut arranger cela. Qu’à cela ne tienne, Étiennette entre fortuitement au château pour s’installer au pavillon de chasse. Dans une atmosphère chargée d’hystérie, sexualité et amour s’invitent dans la famille bourgeoise pour notre plus grand plaisir. Entre la cousine dévote, la comtesse quelque peu dominatrice, le mari volage et la charmante cocotte, cette comédie de moeurs nous offre un Feydeau aux multiples tiroirs : drôle, cynique, émouvant et toujours percutant. Dans une lutte acharnée où s’affrontent désir et conformisme, les situations décalées s’enchaînent et nous rappellent combien il est difficile d’échapper au rôle que la société nous a attribué.

« […] Feydeau tend un miroir déformant mais efficace à une société redevenue si étriquée, si ridiculement correcte : la nôtre […] Son inventaire de la bêtise traverse l’espace, le temps et continue de faire des trous, des p’tits trous dans les consciences qu’elle bombarde. » Philippe Lançon, Libération.

Chicago Blues Festival 2013. MERCREDI 27 NOVEMBRE, 20H30

Si vous pensiez la mine d’or du Chicago blues festival tarie, détrompez-vous ! L’édition 2013 nous réserve quelques belles pépites. Retrouvez cette année des musiciens ayant côtoyé les plus grandes scènes et les clubs les plus torrides de la Windy City. Linsey Alexander, chanteur, guitariste et fidèle représentant de la capitale du Jazz qu’est Chicago, a su croiser sa culture du Sud avec le blues du Nord pour nous livrer un son unique. Harmonica Hinds, quant à lui, associe avec brio harmonica, guitare et chant. Dolorès Scott est également au programme. Avec sa voix puissante et son interprétation singulière, cette artiste accomplie nous fait redécouvrir les racines du blues.

Tosca Giacomo Puccini l’Opéra Théâtre — Lyon. VENDREDI 29 ET SAMEDI 30 NOVEMBRE, 20H30

Une cantatrice amoureuse, jalouse et impulsive, un peintre romantique et idéaliste, un chef de la police manipulateur et avide de pouvoir comme de femmes, sont les personnages phares d’une tragédie où se mêle sentiments et faux semblants. Dans la Rome du XIXème, entre religion et politique, possession et adoration, les passions se heurtent et se déchirent au rythme des conspirations et des trahisons. Fidèle à sa vocation, l’Opéra Théâtre nous propose une forme alternative loin d’être réductrice, une Tosca « autrement ». Un accordéoniste et quatre chanteurs nous font revivre le temps d’un spectacle le célèbre drame de Giacomo Puccini. L’adaptation musicale est audacieuse. L’accordéon se révèle être une véritable promesse d’orchestre, tandis que la logique de musique de chambre libère le chant et laisse toute sa place au plaisir du jeu théâtral.

Thomas Enhco trio & David Enhco quartet. MARDI 10 DÉCEMBRE, 20H30

D’un côté, Thomas Enhco joue sur la dualité et explore le clair-obscur avec son nouvel album Fireflies – Lucioles en anglais. Alors que les titres nous parlent de Trains de Nuit, de fantômes – You’re Just a Ghost - ou de déserts féeriques – Wadi Rum – la musique cache, dans les replis de ses aspects sombres et mélancoliques, des mélodies lumineuses et amples. De l’autre, le trompettiste David Enhco nous propose avec La Horde une quête épique, humaine, un long poème qui traite de l’éternelle question du dépassement. C’est une quête collective illustrant les paradoxes de ce paysage abstrait de la musique, où aventure et poésie, souffrances et illusions, n’ont qu’un but : une remise en question de soi qui mène vers l’inconnu. Avec la réunion sur scène de deux frères qui représentent la nouvelle génération du jazz, la grâce dépasse l’entendement.

Péchés d’Italie Choeurs et Solistes de Lyon — Bernard Tétu. JEUDI 12 DÉCEMBRE, 20H30

Plongez dans un voyage au coeur de l’Italie du début du XIXe. Le décor immaculé évoque le lit des amours impossibles ou imaginaires de Stendhal. C’est une page vierge où se projettent ses souvenirs. Deux chanteurs, un musicien et un comédien nous invitent à partager l’autoportrait en creux et plein d’humour de celui qui se définissait comme Milanais, amoureux de la musique, de la peinture et des femmes. Surgis de sa mémoire ou de son imagination apparaissent soprano, ténor et pianiste qui viendront entremêler des airs de Bellini, Rossini et Arditi aux confessions de cet homme secret et bouffon. Où il sera question d’amour évidemment, d’opéra bien entendu, d’art forcément.

« Un savoureux montage servi par quatre interprètes de talent. Au piano Agnès Melchior n’hésite pas à entrer dans le jeu théâtral, c’est un personnage à part entière dans cette fresque qui brosse la passion de Stendhal pour l’Italie, les beaux-arts et les femmes. […] Un moment délicieux et intimiste. » M.G., Le Progrès, Janvier 2013

Pratique

Théâtre de Vienne
4 rue Chantelouve
38200 Vienne
tél. 04 74 85 00 05


Pierre Aimar
Samedi 7 Septembre 2013
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