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Nouvel aménagement du jardin du musée de l’Ancien Evêché de Grenoble

Seize ans après l'inauguration du Musée de l'Ancien Évêché, l’ancien jardin des évêques est désormais aménagé et ouvert au public.


La réalisation de cet espace vert marque symboliquement la fin d'un vaste chantier patrimonial, débuté en 1990, qui a vu le dégagement et la mise en valeur du baptistère de Grenoble, la recomposition architecturale des édifices du groupe épiscopal : la cathédrale Notre-Dame, l’église Saint-Hugues ainsi que la restauration de l’ancien palais des évêques qui abrite aujourd’hui le musée.

La réalisation du dernier volet du programme, l’aménagement du jardin, a été conditionnée par la destruction préalable de l’ancienne sacristie des chanoines, la conduite d’une campagne de fouilles archéologiques très riches d’enseignements, et enfin la restauration du chevet de la cathédrale conduite par l’État (Ministère de la Culture) entre 2008 et 2011. Un an plus tard, la Ville de Grenoble et le Conseil général de l’Isère ont décidé de réunir leurs moyens pour finaliser la réalisation du jardin.

Cet espace public se développe le long de l'aile nord de l'ancien palais épiscopal et longe le chevet de la cathédrale offrant une liaison piétonne entre la rue Très-Cloîtres et la rue du Fer-à-Cheval. Au cœur d'un quartier densément urbanisé, ce poumon vert qui offre un point de vue unique sur la Bastille, est propice à de multiples usages : espace de circulation, de repos, d’animations... Il est aussi un lieu de valorisation d’un patrimoine exceptionnel qui témoigne de l’histoire de la ville et de la présence épiscopale, de l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Contexte historique et patrimonial

Le jardin du Musée de l’Ancien Évêché se déploie sur une parcelle de terrain disposé en L autour de l’ancien palais épiscopal devenu musée et le chevet de la cathédrale Notre-Dame. Il fait suite à la cour d’honneur de l’ancien palais, puis esquisse un coude vers le sud avant de rejoindre la rue du Fer-à-Cheval.

Aujourd’hui, il offre un espace de dégagement au cœur du quartier et relie la place Notre-Dame et la rue Très-Cloîtres à la rue du Fer-à-Cheval. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi au cours des siècles précédents.

Dès la fin du 18e siècle : un premier jardin
C’est Jean de Cairol de Madaillan (évêque de 1772 à 1779) qui finalise en 1775 la création d’un jardin de l’évêché, conformément au souhait de l’un de ses prédécesseurs, Étienne Le Camus (évêque de 1671 à 1707). À cette époque, le jardin, au-delà de la cour d’honneur du palais, comporte des alignements d’arbres et deux parterres, axés sur un pavillon de fond. Le retour oriental du jardin est traité de façon plus libre, à l’anglaise, avec une sorte de rond-point entouré de massifs.
Dans les années 1850, ce premier aménagement est remodelé avec la recomposition de parterres.

Aux 19e et 20e siècles : des constructions au cœur du jardin
Le 19e siècle est une période d’intenses transformations de la cathédrale et du palais. Au-delà des aménagements intérieurs, les abords du groupe évêché-cathédrale prennent un autre visage. Le clocher-porche de la cathédrale est embelli d'une façade néo-romane en ciment moulé proposée par l’architecte Alfred Berruyer. Ce dernier est aussi à l'origine d'interventions au chevet de la cathédrale où deux sacristies sont construites : la sacristie des chanoines (1871) et la sacristie de l'église Saint-Hugues.
Dans la première moitié du 20e siècle, suite à la loi de séparation des églises et de l’État, l’ancien palais est affecté à l’Université de Grenoble qui aménage une salle de cours dans le jardin (au nord-est de l’ancien palais).
Ainsi, à l’aube des grands aménagements qui attendent le groupe évêché-cathédrale à la fin du 20e siècle, des bâtiments aux destinations diverses ont pris place au cœur du jardin, réduisant de fait ce dernier.

L’aménagement du jardin du musée de l’ancien Evéché

L’ébauche d’un nouveau jardin
À partir de 1990, un important chantier de restauration est entrepris sur le groupe évêché-cathédrale. Il comporte plusieurs volets et le jardin est l’un de ceux-ci. La façade occidentale de la cathédrale est dégagée (dépose de la façade en ciment moulé) et restaurée, tout comme celle de l’église Saint-Hugues. L’ancien palais des évêques est réhabilité pour accueillir le Musée de l’Ancien Évêché et offrir un parcours de visite autour de collections attachées à l’histoire de l’Isère. Il est aussi le point de départ pour la découverte du baptistère des premiers temps chrétiens dont les vestiges ont été mis au jour dès 1989 sous le parvis de la cathédrale.

L’ancien jardin des évêques qui a connu de nombreuses transformations est remodelé en un jardin provisoire aménagé le long du musée. Un bâtiment de béton, adossé au mur de clôture au nord, est établi parallèlement à la rue Très-Cloîtres. Il renferme des annexes techniques du tout nouveau musée et une sous-station électrique de Gaz et Électricité de Grenoble (GEG). La salle de cours construite par l’Université est démolie. Il est aussi décidé, au terme d’un long débat, de détruire la sacristie des chanoines qui masque le chevet fortifié de la cathédrale daté du 13e siècle et qui barre la perspective sur la rue du Fer-à-Cheval. La sacristie de l'église Saint-Hugues est, quant à elle, conservée. Cette vue dégagée nouvellement créée va alors permettre de valoriser le chevet de la cathédrale et le rempart romain, et d’en offrir une meilleure lisibilité.

À l’ouverture du musée en 1998, le terrain du jardin a été engazonné et offre une pelouse. Il reste toutefois fermé au public dans l'attente d'un réel aménagement à l'issue des travaux de restauration du chevet de la cathédrale. Avant d'imaginer la création de ce nouveau jardin, des chantiers de natures diverses sont programmés. Ils sont conduits par les trois propriétaires qui se partagent la parcelle : l'État, la Ville de Grenoble et le Conseil général de l'Isère.

La mise en valeur du chevet de la cathédrale
Préalablement à la restauration du chevet de la cathédrale, une campagne de fouilles archéologiques est conduite par Alain de Montjoye, archéologue à la Conservation du patrimoine de l'Isère. À l'aune des découvertes effectuées et de la compréhension qu'elles offrent de l'ensemble du patrimoine bâti, la restauration du chevet de la cathédrale est engagée par l’État. C'est Alain Tillier, architecte en chef des Monuments historiques à la Direction régionales des affaires culturelles Rhône-Alpes qui conduit ce chantier de 2008 à 2011. Il choisit de donner à voir et à comprendre l'articulation entre le chevet de la cathédrale et les fortifications défensives pour abandonner la valorisation des éléments plus récents (des constructions des 16e et 17e siècles, dont un puits). Les remparts antique et médiéval sont ainsi remontés en élévation de façon à se détacher du niveau du sol ; leur couronnement est traité en arrachement.

La restauration du chevet de la cathédrale valorise l'implantation du chœur construit en brique au 13e siècle sur la crête du rempart romain du 3e siècle (dont le parement extérieur a aujourd'hui disparu). Au-dessus du chœur, on peut distinguer le couronnement fortifié établi en 1374 qui présente un chemin de ronde porté par des arcs lancés entre les contreforts. De petites baies éclairent le chemin de ronde et entre celles-ci sont placées des archères à croisillons qui ont pris la forme de canonnières au 15e siècle. Au nord du chevet, la chapelle de la Vierge donne à voir une baie gothique restituée. À sa droite, la sacristie de l'église Saint-Hugues demeure un précieux témoignage des interventions de l'architecte Alfred Berruyer. Cet ensemble patrimonial enrichit la découverte du groupe évêché-cathédrale en témoignant de la place et du rôle tenus par l'Église au cours des siècles au cœur de la cité.

Pratique

Musée de l'Ancien Évêché
2 rue Très-Cloîtres
38 000 Grenoble
Tél 04 76 03 15 25
musee.eveche@cg38.fr
www.ancien-eveche-isere.fr

Horaires d'ouverture du musée
Lundi, mardi, jeudi, vendredi de 9h à 18h
Mercredi de 13h à 18h
Samedi, dimanche de 11h à 18h
Fermetures exceptionnelles les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre



Pierre Aimar
Jeudi 11 Décembre 2014
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