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Nomades d'hier et d'aujourd'hui. Voyage au cœur des steppes de Hautes-Asie. Musée de préhistoire régionale, Menton, du 10 novembre 2012 au 27 mai 2013

Que savons-nous des confédérations nomades d’Asie centrale et de Haute-Asie qui se sont constituées au cours du Ier millénaire avant notre ère ? Certes, les anciens textes grecs et chinois évoquent les moeurs, les coutumes et les stratégies militaires de ces puissantes civilisations des steppes qui se montraient belliqueuses aux portes des territoires des sédentaires.


Stèle ornée de gravures de cervidés appelées "Pierres à cerfs", 1000 av. J.-C., centre de la Mongolie © J. Magail - Mission archéologique en Mongolie
Stèle ornée de gravures de cervidés appelées "Pierres à cerfs", 1000 av. J.-C., centre de la Mongolie © J. Magail - Mission archéologique en Mongolie
Cependant, au coeur de ces vastes étendues, se trouvent des sites archéologiques exceptionnels qui révèlent aujourd’hui des lieux de pouvoir que les chroniqueurs ignoraient. Pourtant, comment ne pas soupçonner la force de ceux qui passèrent la Grande Muraille, dont les murs qui ferment toujours la vallée de Jiayuguan raisonnent encore de leurs galops.
Grâce à l’Institut d’Archéologie de l’Académie des Sciences de Mongolie et à l’Institut des langues, littérature et histoire de la république de Khakassie, les membres de la mission archéologique conjointe Monaco - Mongolie proposent aujourd’hui au public le fruit de leurs investigations sur ces guerriers, éleveurs et cavaliers des steppes. Ces institutions ont permis la réalisation de moulages de collections très diverses pour une exposition hors du commun qui présente à la fois de l’art rupestre, des pièces archéologiques et des objets ethnographiques.

Lorsque les membres de la mission conjointe Monaco - Mongolie se sont installés au centre de la Mongolie en 2006, sur le site de Tsatsyn Ereg, ils découvrirent avec surprise plusieurs dizaines de stèles ornées, dispersées sur près de 50 km2. Aujourd’hui, sur près de 140 monuments dénombrés, 62 ont été répertoriés et relevés. Cet art, peu connu, d’une esthétique exceptionnelle, a été réalisé par des peuples dont on ignore le nom. Ils sont les premiers nomades, éleveurs et guerriers de Haute-Asie, apparus trois siècles avant leurs cousins les Scythes. Les archéologues se sont alors engagés dans une longue enquête qui les a mené jusqu’en Sibérie. Aussi, l’exposition suit le cheminement de leurs investigations qui tentent de décrypter les relations entre les objets trouvés dans les fouilles et ceux gravés sur les stèles. L’Institut d’Archéologie de l’Académie des Sciences de Mongolie et l’Institut des langues, littérature et histoire de la république de Khakassie ont choisi dans leurs collections les armes qui correspondaient le mieux à celles figurées sur les stèles et les rochers. Avec le concours scientifique du Musée d’Anthropologie préhistorique de Monaco et le financement de la Direction de la Coopération Internationale de la Principauté, des copies exactes en résine de ces armes ont été réalisées. Les deux institutions ont également sélectionné des représentations métalliques d’animaux afin d’illustrer une partie du bestiaire des tribus nomades du Ier millénaire avant notre ère.

Après sept missions menées en Mongolie et deux missions en Sibérie, l’équipe scientifique invite le public à partager ses découvertes sur les peuples guerriers que les premiers pans de la Grande Muraille tentaient d’arrêter. A l’instar du nomadisme, l’exposition est itinérante et prend des allures de carnet de voyage. Véritable immersion dans les steppes peuplées de cavaliers, le visiteur partira à l’aventure pour découvrir de lointains et mystérieux territoires. Sous l’éclairage des traditions actuelles il suivra les indices qui lient les rythmes saisonniers d’hier et d’aujourd’hui. Le premier fil conducteur, le cheval, est l’animal fidèle qui accompagne depuis 3000 ans le cavalier du berceau à l’audelà. Le second, la yourte, montée en 2h, offre aux éleveurs la mobilité et la protection face aux plus terribles intempéries. Le troisième, l’arc composite, celui du guerrier de l’âge du Bronze, est aujourd’hui utilisé au concours de tir de la fête nationale du Naadam.

Pratique

Musée de Préhistoire Régionale
Rue Lorédan Larchey
06500 Menton
Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés de 10h à 12h et de 14h à 18h
tél. 04 93 35 84 64


Pierre Aimar
Jeudi 8 Novembre 2012
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