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Marc-André Hamelin triomphe à la Roque d’Anthéron

C’est toujours un événement d’entendre en concert le pianiste canadien Marc-André Hamelin, l’un des princes du clavier plutôt rare sur les grandes scènes françaises.


Marc-André-Hamelin © F. Burger
Marc-André-Hamelin © F. Burger
On se souvient dans notre région d’un très beau récital au Théâtre Toursky dirigé par Richard Martin à Marseille et de très beaux concerts réussis ici dans de précédentes éditions. Quelle belle idée de René Martin le directeur artistique de programmer ce pianiste dans deux concertos pour piano et orchestre plutôt méconnus du grand public et de purs joyaux du classicisme de Joseph Haydn ! C’est vrai que l’on attend plus cet artiste dans le grand répertoire romantique ou contemporain. On se souvient de très beaux enregistrements pour le mythique label britannique Hypérion de très beaux concertos oubliés tels que ceux d’Alkan ou de Henselt sur les traces de Michael Ponti… Il faut dire que Marc-André Hamelin vient de réaliser un très bel enregistrement de concertos pour piano d’Haydn avec les violons du Roy de Bernard Labadie chez ce label.

Une interprétation précieuse
À la Roque d’Anthéron dans le cadre Idyllique du parc du Château Florans, il donnait à entendre deux concerti du grand frère de Mozart l’Hob .XVIII.4 en Sol Majeur et l’Hob. XVIII.11 en Ré Majeur. Il trouve ici dans les jeunes musiciens lettons de la kremerata Baltica, formation instrumentale initiée par le violoniste russe Gidon Kremer, des compagnons de jeu idéaux. Le pianiste dirigeant du piano magnifie ces pages classiques avec une maitrise stylistique et un toucher d’une délicatesse inouïe qui laissent pantois. Il offre des interprétations fouillées de ses pages concertantes classiques et se trouve particulièrement inspiré dans les deux adagios du concerto en sol et en ré. Son piano chante comme du Mozart. Il déploie un jeu lumineux joliment nuancé. Les musiciens lettons s’engagent dans un dialogue particulièrement vivant avec le soliste. Leur émotion contenue se trouve subtilement mise en lumière par la beauté des timbres et la finesse des phrasés. Les moments lents sont ici de purs ravissements. Les œuvres de Joseph Haydn en sortent transcendées.

Une belle surprise
On ne peut que féliciter les excellents musiciens de la Kremerata Baltica de nous livrer une version réjouissante d’une pièce contemporaine pleine d’humour et théâtrale d’Alfred Schnittke( 1934-1998) en forme d’hommage à Mozart et Haydn en début de deuxième partie de concert. Quel bon choix ! Les musiciens y sont parfaitement à l’aise et se révèlent d’excellents comédiens. Cette œuvre écrite entre 1976 et 1977 est un immense sourire à la forme classique du concerto grosso. Écrite pour Gidon Kremer et Tatiana Gridenko, elle trouve en Dzeraldas Bidva et Dainius Peseckas deux violonistes talentueux. Les treize musiciens de la formation balte impliqués dans cette pièce singulière et exigeante techniquement et dont le finale est un clin d’œil à la quarante cinquième symphonie des « adieux » se révèlent parfaits.
Le public venu en nombre a manifesté son plaisir à l’issue de la soirée. Comme quoi, il n ‘y a pas que les concertos de Mozart ou de Beethoven pour avoir un succès auprès du public ! Marc André Hamelin dont on connaît la gentillesse et l’humilité nous a offert deux bis dont il a le secret. Une soirée rare et mémorable !
Serge Alexandre - Dimanche 2 août 2014.

www.festival-piano.com
Réservations : 04 42 50 51 15


Pierre Aimar
Mardi 5 Août 2014
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