Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Lyon, galerie Réverbère. Beatrix von Conta. 30 avril au 26 juillet puis du 3 au 13 septembre

Le paysage commence sous mes pieds. Invisible. Minuscules surfaces dont la ferme résistance assure et consolide l'appui du regard, favorise son envolée légère. Photographier le paysage est une affaire vertigineuse qui saisit le corps entier, aiguise les sens, remplit à la fois de bonheur et d'effroi.


L'expérience du paysage, vécue souvent comme un loisir sans conséquences, glisse vers une aventure inattendue dès que l'on accepte que derrière les apparences du visible se tapissent les ombres de la civilisation et les peurs enfouies de l'enfance. Le paysage pousse sur le terreau fertile de notre imaginaire.
D'une épaisseur insoupçonnée, il ne se résume point à la somme de ses ingrédients descriptibles et quantifiables. Il résiste aux définitions habiles qui séparent le paysage urbain du paysage tout court.
Il nous échappe et nous renvoie à notre perception imparfaite, sélective, fugitive. Tout paysage est extrêmement vivant, mais nous ignorons son langage.
Face à cette belle inconnue, l'attention se révèle impérative, rien ne sera qualifié d'anodin, chaque détail aura son importance et sa raison d'être. Le loup risque de revêtir la douceur de l'agneau.
L'apparence des choses n'est jamais que la face visible de l'iceberg et toute navigation dans ce paysage mouvant à facettes multiples se fera forcément à vue, à la lumière de l'impromptu.
Le sujet, finalement, importe peu. Entre le flanc escarpé d'une montagne, la frontalité d'un mur en béton, la vibration d'un champ d'oliviers, aucune hiérarchie ne s'impose. Je regarde, j'attends, et selon une alchimie étrange s'établissent les points de vue, s'organisent les éléments, s'affinent les concepts. Souvent au radar, jamais au hasard. Dans chaque ensemble d'images, j'explore ainsi au plus près et aussi loin que je peux la matière d'une réalité infinie. Séries closes, avec un début et une fin, un titre, une date. Autant de tentatives vaines, mais toujours recommencées, de cerner les paysages sous la surface, à l'aplomb de mon embarcation photographique.

Miroirs aux alouettes, 2004-2005

Beatrix von Conta
Beatrix von Conta
Dans cette série de 17 photographies couleur argentiques, se "joue" le détournement de la notion du
cliché et de la carte postale par le biais d'un dispositif de petits miroirs qui évoque – et provoque –
la fragmentation du paysage et de sa réalité visible en de multiples "trompe-l'œil". Une pure fiction
de vraies images interrogeant la fonction et la perception convenue de ce qui incarne d'une façon
réductrice et stéréotypée l'image d'une région : La Provence.

coupures/reprises, 2007

Travail sur le thème de la "frontière", réalisé dans le cadre d'une résidence à l'occasion de la
quatrième édition des Photaumnales de Beauvais, la création de coupures/reprises est constituée
d'une accumulation de fragments qui crée une vision stratifiée de l'espace urbain et questionne le
territoire géographique, mais aussi ses limites imaginaires, celles projetées par la photographe sur
les espaces, ainsi que les frontières invisibles et métaphoriques que révèle la photographie.
coupures/reprises est paru aux éditions Créaphis avec un texte de Jean-Pierre Nouhaud

Images de Vanoise - Paysages à l'heure du jour, 2006 - 2008

Photographies couleur prises au cours de 2 ans de traversées du plus ancien parc national de France,
elles relèvent les signes infimes ou marquants de sa mutation et de sa fragilité évidente. Elles
questionnent avec une distance critique ces espaces d'une extraordinaire variété paysagère.
Réalisées dans le cadre de l'Observatoire photographique des paysages de Vanoise, mis en place par
le Parc National de la Vanoise afin de témoigner de l'évolution des paysages contemporains, ces
images font partie d'un fonds de séries photographiques qui seront réactualisées, périodiquement,
selon des intervalles pouvant aller de la saison au siècle, à partir du même point de vue.


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pierre aimar
Samedi 1 Mars 2008
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